J’ai depuis longtemps, peut-être depuis ma rencontre avec Théophile Gauthier, une certaine sensibilité et un goût certain pour le fantastique. Alors quand un récit s’en teinte et qu’en prime nous avons une poignante histoire de famille, je succombe.
Yunbo que j’ai découvert il y a trois ans avec Seizième printemps est le genre d’autrice dont l’univers et l’imaginaire marqués me séduisent. J’aime quand on s’affirme et en plus ici, sa sensibilité me parle. Avec ce nouvel album, au format plus classique, on retrouve un trait et surtout une colorisation des plus entêtantes avec une palette nocturne qu’en amoureuse des belles ambiance j’ai adorée.
Il en va de même pour l’histoire. Elle reprend un peu ces tropes de secrets de famille que j’aimais tant lire adolescente, avec la jeune Diane, dont le père s’est remarié après le décès de sa mère, et qui peine à trouver sa place dans cette nouvelle famille. Quand en plus, elle tombe gravement malade et doit se rendre dans un sanatorium, quelque chose se brise. Cela aurait pu virer au drame, mais ce n’est absolument pas ce que souhaite nous raconter Yunbo. Non, derrière ce moment douloureux, elle prédessine plutôt la quête d’identité d’une jeune femme, douce et discrète, qui n’a jamais osé poser les questions qui la démangent et qui a grandi sans le modèle qu’elle aurait souhaité, coupée de cette mère qu’elle n’a pas connue.
J‘ai beaucoup aimé la lenteur, voire la langueur de la narration de l’autrice qui ainsi nous fait pénétrer peu à peu dans les inquiétudes et le mal être tu de cette jeune femme. On sent en elle beaucoup de souffrance et de tristesse surtout mais personne ne peut l’aider dans la maison où elle a grandi. Il lui faut la quitter pour faire son propre chemin. Et le choix de glisser subtilement vers la pente du fantastique quand elle arrive dans ce sanatorium inconnu, dirigé par un oncle qu’elle ne connaît pas, entourée de femmes avec qui elle a du mal à nouer une relation vu qu’elle a une chambre à part, m’a beaucoup plu. J’ai vraiment apprécié sa rencontre avec cette mystérieuse patiente comme elle, qu’elle ne rencontre qu’à la tombée de la nuit, mais avec qui le courant passe de suite, et qui va l’encourager à sortir de sa coquille à travers leurs conversations.
Yunbo réussit une fois de plus des portraits tout en nuances où l’important est caché, où les paroles ne font pas tout, et où le démonstratif est important. Venant, du courant shojo manga, j’aime ce genre de procédé où l’intériorité compte énormément. Je trouve que dans un cadre comme celui-ci, où le fantastique vient subtilement se glisser et faire douter, entraînant l’héroïne dans un autre monde, cela trouve toute sa place, voire même, cela appuie et souligne le propos. Je n’ai pu qu’être séduite. Bien sûr, on pourra aussi dire que le secret de Diane n’a en fait rien de surprenant, et ce n’est pas faux, mais ça ne me dérange absolument pas, au contraire. J’aime le fait que ça pourrait arriver à n’importe qui. J’aime le fait que ce qu’elle vit et la façon dont elle le vit retranscrivent à merveille une époque passée très bien restituée, notamment dans le cadre des maisons bourgeoises et des sanatoriums. J’ai trouvé cela fort réussi une fois de plus.
Tomber de la lune fut donc un titre qui m’a d’abord charmée par l’ambiance puis touchée par le sujet et conquise par la manière de faire et de raconter. Subtile, émouvant, touchant et sincère, il raconte une belle mais complexe histoire de famille, où la douleur du deuil peut rendre muet au point de mettre en danger des relations qu’on croit trop facilement évidente. L’autrice invite, avec beaucoup de charme, les parents à dialoguer avec leurs enfants, à ne rien leur cacher, à prendre le temps de leur expliquer les choses, car il n’y a rien de pire que le silence. Une très belle morale.
Il est des livres qu’on referme avec le sentiment d’avoir été doucement transporté ailleurs. Ce roman graphique en fait partie. Dès les premières planches, j’ai été touchée par l’esthétique d’ensemble : les aquarelles, les teintes pastels, l’économie de détails dans les cases qui laisse respirer l’histoire. Il s’en dégage une douceur étrange, presque fragile, comme une berceuse murmurée à la nuit tombée. L’histoire elle-même s’inscrit dans cette même ligne : poétique, un peu mélancolique, mais lumineuse. Une jeune fille solitaire, malade, vivant dans une maison où plane le mystère… Cela pourrait sembler familier — les ingrédients rappellent des récits comme Princesse Sarah ou d’autres contes d’enfance — mais ici, ils sont retravaillés avec délicatesse. Loin du pastiche, on découvre une histoire aux contours flous, à la lisière du rêve, avec ce qu’il faut de fantastique pour éveiller l’imaginaire. Ce que j’ai particulièrement apprécié, c’est la façon dont le récit prend son temps. On devine assez vite qu’il s’agit d’une forme de rêverie, mais on se laisse tout de même porter, intrigué par cette animation qui reprend vie la nuit. La protagoniste, bien qu’un peu énigmatique, reste touchante dans sa vulnérabilité, et l’émotion s’installe peu à peu, sans jamais forcer. C’est un roman graphique qui ne cherche pas à tout dire, mais qui ouvre des portes. Il laisse place à l’interprétation, au ressenti, à cette sensation d’avoir frôlé quelque chose de beau, de silencieux. Une jolie parenthèse, un conte moderne à découvrir pour sa poésie autant que pour la douceur de ses planches.
J'adore tellement le style. C'est tellement réconfortant, ça me donne une sensation de retour en enfance, avec un dessin texturé aux couleurs douces. J'ai l'impression de voir un livre que j'aurais pu lire dans ma bibliothèque en primaire, des illustrations qui me rappellent un style vintage, années 80-90-2000. C'est tellement cosy et doux.
C'était très mystérieux. Touchant.
Il y a beaucoup d'opportunités pour développer ses propres idées et théories sur ce qu'il se passe dans cette histoire. Je pense qu'il y a une grande place pour l'interprétation que le lecteur peut faire de certains dessins, certains éléments, signes, des situations, du choix des mots, des tournures de ces phrases, de comment on peut comprendre certaines scènes.
Ça m'a fait passer par beaucoup d'émotions lourdes, triste, avec quelques messages et points de vue sur la vie, la mort, les sens de celles-ci. Une pincée de messages positifs et d'espoir. Mais ça m'a rendue vraiment triste.
C'était beau mais ça m'a mise mal à l'aise sur certains points, peut être à cause du climat actuel, autour de certaines questions.
Je pense que le déroulé et le traitement du récit m'a perturbée. C'est difficile à expliquer.
En tout cas c'était très nostalgique, beau, un peu lourd. J'ai compatis avec notre Diane. Elle m'a vraiment fait de la peine, par rapport à son histoire et comment son entourage l'a traitée. C'est ça en fait.
acuarelas preciosas, historia sencilla pero efectiva. solo un misterio central pero bastante entretenido. el ambiente es muy onírico y el hecho de que el comic sea por completo en acuarela sin líneas de tinta refuerza esa sensación. se agradece también mucho las páginas finales de diseños de personaje iniciales.
« Les ténèbres de la nuit s’installent afin que nous remarquions la présence de la Lune et des étoiles » 🤍 Que dire… merveilleusement éblouissant. Les illustrations sont magnifiques, et les mots sont d’une finesse incroyable. Les thèmes tels que la mort, le deuil, la maladie et l’espoir sont abordés avec délicatesse et profondeur. J’ai adoré et je recommande 🌙✨