Suite à son exil à Suma, le prince Genji revient sur le devant de la scène politique en tant que grand conseiller. Tout en profitant de ses retrouvailles avec Murasaki, son épouse officielle et grande favorite, il repense, nostalgique, à ses aventures de jeunesse avec la princesse Suetsumu-hana et dame Utsusemi. Quelque temps plus tard, la dame d'Akashi et sa fille, que le Genji avait laissées à Suma, viennent le rejoindre. En apprenant la nouvelle, Murasaki est bouleversée. Au même moment, l'état de santé de dame Fujitsubo, l'amour éternel du Genji, se dégrade...
She is most famous for Asakiyumemishi, her adaptation of the Tale of Genji.
At one time, she formed some sort of association with IGARASHI Yumiko and TADATSU Youko. These three were also instrumental in revitalizing shoujo manga, but unlike the Year 24 Group, they are known for more traditional stories of love and romance.
Un tome 3 où le Genji entre dans un âge complexe accompagné par son jeune fils, il n’en fallait pas plus à l’autrice pour nous conter encore une histoire pleine de drame lyrique.
Plus que l’histoire, ce sont vraiment les dessins qui m’enchantent et m’emportent dans cette série. Le travail de documentation et d’ambiance de l’autrice est assez fou. Elle détaille d’ailleurs un peu sa complexité dans l’interview fort intéressante présente en postface où on découvre tout son travail de recherche et les modifications qu’elle a pu apporter par souci de justesse. En tout cas, en tant que simple lectrice, je me régale de ce qu’ils dégagent et transmettent.
Nous entrons en effet dans des âges nouvellement complexe pour le Genji. Désormais homme influant à la cour, installé avec sa femme, il souhaite réunir autour de lui les femmes importantes de sa vie et veiller sur ses enfants. On pourrait croire ainsi ses passions éteintes ou du moins comblés mais il n’en est rien, elles se complexifient juste avec l’âge avançant, et c’est encore plus dramatique. Le voir chercher dans ces femmes des visages et sentiments oubliés, un réconfort jamais vraiment trouvé, est déchirant. Je ne l’apprécie pas plus pour autant, cela reste un »salaud » comme le dit elle-même l’autrice, mais je le comprends un peu mieux.
Cette complexité se retrouve dans ses relations avec son meilleur ami et rival, le Commandant, qui tente comme lui d’exister politiquement et se retrouve en guéguerre avec le fils du Genji, amoureux de sa fille. Le fils suit les traces du père avec un amour profond mais interdit qui le déchire. C’est poignant à nouveau et cela donne lieu à de nouveaux jeux de pouvoirs riches et complexes, mêlant politique et histoires personnelles entre les parents, surtout quand on y ajoute les nouveaux personnages qui viennent s’y associer à la fin du tome venant encore ajouter des couches de complications à ces relations et ses coeurs à la dérive.
L’autrice ne nous épargne vraiment pas. Et pourtant, je pensais ce tome un peu à part au début, tant il semblait raconter des histoires annexes, presque anecdotiques du Genji et des femmes qui ont croisé sa route. Cela a permis de faire une transition et de poser un ton moins volage et plus dramatique agréable.
Nouvelles épopées dramatiques et lyriques au temps au Japon ancien avec ce Genji et ses proches dont les amours sont tellement complexes. Je conserve mes fortes réserves sur ce qu’il était autorisé à un tel homme à l’époque et la difficulté à voir cela romantisé, même dans une oeuvre de fiction adaptée d’un ancien récit. Mais l’autrice parvient à me rendre touchant cet homme avançant dans l’âge avec tellement de regrets qu’il répercute sur les femmes de sa vie présentes et à venir. L’envolée lyrique avec cette répétition de romances dramatiques chez le fils aussi est poignante et parfaite jouée par les codes et dessins somptueux de l’autrice. Les âmes romantiques ne peuvent qu’avoir envie de voir comment cela va bien pouvoir se terminer, en ayant un terrible drame en tête bien évidemment.