lI est une île qui a la particularité d’abriter des forêts d’arbres vieux de vingt millions d’années dont la sève rouge leur vaut le surnom de « sang des frères ». C’est ainsi que Quentin Müller entend parler pour la première fois de Socotra, une île rattachée au Yémen. Alors qu’il enquête sur l’ingérence des pays voisins, Quentin Müller comprend vite que ce petit bout de terre rocailleux recèle plus d’un secret : un sultan déchu bien qu’adulé, des pay-sages de pierres et de sable à la beauté étrange, des grottes immenses, un peuple de bergers et de pêcheurs gardiens de mille histoires et légendes. Entre le reportage journalistique et le récit d’aventures, L’Arbre et la Tempête invite à découvrir cette île magnétique, au cœur d’en-jeux géopolitiques majeurs, dans le plus pur héritage de Ryzard Kapuscinski.
Il y a des rencontres imprévues qui bouleversent une vie.
Celle de Quentin s’est faite lors d’un reportage sur le commerce illégal de fossiles au Maroc, où pour la première fois, il s’éprend du « sang des frères » (dham al-lkhwan en arabe). La légende veut que ce soit au cours d’un combat entre Caïn et Abel, fils d’Adam et Eve, que cet arbre fut imprégné de leur sang, lui conférant cette sève de couleur rouge vive.
Poussé par une attache obsessionnelle, Quentin se plonge dans une quête sur les traces de cet arbre qui ne se trouve qu’à Socotra, et dont les branches forment un parasol insolite. Nous sommes, de la terre à la mer, saisis par la beauté des paysages, par l’hospitalité des habitants, mais aussi par ces multiples témoignages d’un temps figé dans l’histoire qui mélangent légendes et spiritualités pour raconter la vie sur ce petit archipel perdu en mer d’Arabie, entre le Yémen et la Somalie. Mais cette position stratégique en fait un lieu de haute convoitise pour les puissances limitrophes dont l’ingérence se veut de plus en plus grandissante. Entre deux cours de français, pour cacher sa réelle profession, Quentin cherchera à enquêter sur les motivations de la présence émiratie. Mais pour reprendre l’adage, « qui s'y frotte s'y pique », la présence d'un journaliste français dans cette région éloignée du monde ne passe pas inaperçu. Par ses mots, Quentin nous livre une vision sincère, indépendante et authentique de son métier.
La situation au Yémen, et encore plus à Socotra, m’était inconnue avant de lire ce livre, et c’est un voyage saisissant et enrichissant que nous propose Quentin. À chaque chapitre se découvre une photo de son frère, Tanguy Muller, nous permettant de nous projeter dans ses mots et de mettre en images son histoire et celle des Socotris.