Finlande, 1868. La famine ravage le pays. Un capitaine, Fridolf Höök, refuse de regarder son monde s’effondrer. Il recrute cinquante volontaires, charge un navire et met le cap vers l’inconnu : la Sibérie orientale.
Leur rêve ? Créer une communauté idéale, loin de la misère et des rois. Mais la mer n’est pas tendre avec les utopies. Le froid, la faim, les tensions… tout se déchire. Le voyage tourne au cauchemar et l’issu est tragique.
Un siècle plus tard, Katariina Vuori, archéologue et navigatrice, décide de suivre ses traces. En mer, elle comprend que ce capitaine fantôme, c’est peut-être une part de chacun de nous : celle qui cherche à fuir, à recommencer ailleurs, à croire qu’on peut tout reconstruire.
Mlle Alice, pouvez-vous nous raconter votre rencontre avec Le Capitaine Fantôme ? "C'est un livre qui m'a été proposé par l'éditeur, Marchialy, et comme je n'ai jamais été déçue par les récits découverts chez eux à ce jour, j'ai accepté avec plaisir."
Dites-nous en un peu plus sur son histoire... "En Finlande, à la fin du XIXe siècle, une famine sévit. Un groupe d'utopistes décident alors de partir s'installer dans la région de l'Amour pour y créer une communauté égalitaire avec, à leur tête, un chasseur de baleines, le capitaine Fridolf Höök."
Mais que s'est-il exactement passé entre vous ? "Après cette expérience, je pourrais presque comparer Katariina Vuori à Philippe Jaenada. Pas pour son style d'écriture, qui est complètement différent, mais parce qu'elle décide de nous parler d'un personnage historique, le Capitaine Höök, dont elle dit être tombée amoureuse, mais il y a si peu à trouver sur lui encore aujourd'hui qu'elle finit par nous raconter essentiellement ses recherches et sa vie à elle. Ce n'était pas inintéressant pour autant, ce travail de fourmi fait partie du processus et c'est quelque chose que j'aime faire moi-même, mais on n'obtient presque aucune réponse et c'est très frustrant quand même. Tellement que finalement, j'attendais avec impatience les chapitres sur sa vie à elle, qui ne m'attiraient pas spécialement au départ. Mais là encore, la déception nous attend au bout du chemin. Elle nous présente cet épisode de son passé comme une tragédie, nous pousse à tourner les pages pour savoir, et de ce côté-là on peut lui reconnaître une bonne maîtrise du récit, pour découvrir au final qu'il ne s'agit que de la plus vieille histoire du monde, celle d'un amour qui a fini par s'user."
Et comment cela s'est-il fini ? "Même si je ne regrette pas d'être sortie de ma zone de confort avec cette lecture, elle reste en-dessous de mes autres lectures Marchialy que j'avais trouvée passionnantes et que je voulais absolument raconter à tout le monde. J'ai déjà hâte d'en découvrir d'autres d'ailleurs."
« Le Finlandais Fabian Fritiof (Fridolf) Höök, 43 ans, capitaine réputé, chasseur de baleines et explorateur, a conduit une première colonie d’émigrés finlandais depuis son pays jusqu’en Amour. »
Ainsi fut décrit l’homme que l’autrice, "archéologue spécialisée dans l'histoire de la navigation", découvrit dans un livre de Harry Halén alors qu’elle se renseignait pour comprendre ce qui avait poussé des ouvriers chinois spécialisés dans la construction de fortifications à venir travailler en Finlande dans les années 1910.
Et voici ce qui déclencha son emballement à découvrir ce voyageur, aventurier et colonisateur : « Höök a formé une étrange clôture autour de sa ferme avec des crânes et des côtes de baleines ornés de grands coquillages scintillants. »
Katariina Vuori a trouvé plusieurs ouvrages concernant Höök et tous racontent des faits avec de grosses divergences ! Que croire ? Qui croire ?
Elle va prendre la mer et voyager pendant des années continuant ses recherches, assez décousues, de l’histoire de côte est de la Russie. En fait dans ce livre, il y a plus d’elle et de sa vie que du Capitaine qui partit à la fin du XIXe et sujet à beaucoup de légendes ! Elle parle de la politique expansionniste de l’Empire russe, de la création de Comptoirs commerciaux, de cartographie, de révoltes et de massacres, avant lui et après lui.
Malgré ce côté plutôt brouillon qui tourne autour du sujet principal j’ai bien aimé ce roman biographique/autobiographique/ethnographique et autres thèmes qui y sont traités, qui m’a fait voyager dans des contrées lointaines et étonnantes et rencontrer des personnages fascinants.
Quant au Capitaine Höök difficile d’apprendre grand-chose sur sa personne et ses désirs ; de savoir ce qui relève de la légende narrative ou de la réalité qui était rude et violente.