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Un cri dans l'océan

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443 pages, Paperback

Published January 23, 2025

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Displaying 1 - 4 of 4 reviews
Profile Image for Aude Bouquine Lagandre.
725 reviews222 followers
July 16, 2025
Soyez avertis. « Un cri dans l’océan » vous embarque dans une odyssée sombre où le prix de la liberté engendre une facture salée. L’écume des vagues invisibilise les hurlements des damnés de la mer, ceux dont la vie ne compte pas et dont les corps sont jetés par-dessus bord. Inspiré de faits réels, le roman qui met en lumière l’esclavage moderne n’en est que plus glaçant. Au-delà de nos côtes, cachés dans l’immensité bleue, des hommes sont forcés à pratiquer la pêche intensive, sans jamais toucher terre.

À titre informatif, en 2022, l’Organisation Internationale du Travail (OIT) estimait à 128 000 le nombre de personnes forcées à travailler dans le domaine de la pêche en Asie. En 2017, selon l’ONU, toutes industries confondues, environ 24,9 millions de personnes étaient victimes de travail forcé.

Au cœur d’« Un cri dans l’océan », deux personnages sont en vacances en Thaïlande. Arun, d’origine cambodgienne, et son compagnon Olivier. En couple depuis plusieurs années, ce voyage est l’occasion pour Arun de rendre visite à sa famille. Mais, durant cette escapade, Olivier se comporte mal et profite du tourisme sexuel. Une violente dispute éclate et pousse Arun dans un bar où un inconnu lui offre un verre. C’est le début d’un calvaire qui l’emmène dans les cales d’un chalutier. Dépossédé de son identité, à peine nourri, sans vêtements et sans eau, il est obligé de travailler sans relâche à une pêche intensive dont les fruits sont récupérés par un navire qui déchargera la collecte dans un port.

Parallèlement, Olivier reste à quai, plaqué comme une vieille chaussette, furieux, et vexé. Il croit d’abord à une fuite, un besoin de prendre l’air, avant de s’apercevoir qu’Arun n’a donné de nouvelles à personne : ni à son ex-petit ami thaïlandais ni à ses parents. Il rentre en France, se rend compte que son téléphone n’émet plus, et qu’Arun a tout simplement disparu de la surface de la Terre. Inquiet, il alerte les autorités et retourne sur place. Une enquête commence pour le retrouver.

Une lame de fond déferle alors sur « Un cri dans l’océan » et vient frapper notre conscience obligée de regarder en face ce qui se joue loin de nos côtes : un esclavage moderne méconnu dont on parle peu. Et, avec lui, l’image des océans malmenés, vidés sans vergogne, spoliés de toute vie, et dépossédés de ses fonds abîmés par les filets de pêche. L’océan est un poumon qui s’essouffle et sans doute est-ce là ce qui m’a le plus frappée dans ce texte. Surpêche, filets fantômes, raréfaction des poissons, la grande bleue n’est pas un puits sans fond, mais un espace de plus en plus vulnérable, surexploité, et profondément blessé (coraux arrachés). C’est par la voix de Sophie, sœur d’Olivier et océanographe que ces réalités viennent nous heurter de plein fouet.

En 2015, une enquête du New York Times révélait l’existence d’un esclavage en mer considérable, en 2018, un rapport de Human Rights Watch dévoilait que des marins thaïlandais, souvent très jeunes, travaillaient vingt heures par jour sous les coups, enchaînés, vendus et torturés. Les scènes décrites par Benoît d’Halluin sont épouvantables de réalisme. Toutes ses sources sont indiquées à la fin du roman pour ceux qui souhaitent en savoir plus, mais aussi pour ceux qui souhaitent, à leur niveau, boycotter l’achat de produits issus de ce type de pêche. « Un cri dans l’océan » est aussi une bouteille lancée à la mer.

Benoît d’Halluin est un capitaine au long cours, il navigue sans cesse entre réalité sordide et rêve d’évasion, mais garde le cap. Dans l’imaginaire collectif, l’océan symbolise l’infini, la liberté, et l’évasion. Au-delà, il existe une tout autre réalité. Entre poésie et brutalité, l’auteur se cale aussi bien dans les ventres poisseux des chalutiers que devant cette immensité bleue qui suscite la rêverie. J’ai aimé sa façon de susciter, chez nous lecteur, autant de dégout que d’amour. Son écriture s’adapte aux situations, tantôt houleuse, tantôt apaisée. Il glisse fort à propos des souvenirs lumineux dans des moments sombres. Il place des reflets de soleil sur l’immensité des océans, l’illusion de la liberté avant que les hommes y sèment la violence.

« Un cri dans l’océan » ne laisse pas indemne et, en toute honnêteté, je ne m’attendais pas à cela en l’ouvrant. Ces pirates modernes qui échangent des vies contre du poisson, la brutalité de l’existence sur l’océan, m’ont parfois donné la nausée. Mais, autour de ces thématiques très anxiogènes, il a su créer de beaux personnages, profondément humains dans leurs défauts et dans leurs décisions, faciles à apprivoiser. Il a su mêler l’intime et l’universel. En partant de l’histoire d’un couple qui s’effondre, il dévoile des enjeux économiques, sociaux et écologiques. Entre ceux qui consomment à outrance (comme Olivier), ceux qui en paient le prix fort (Arun), et ceux qui alertent de la catastrophe écologique (Sophie), chacun montre des réalités plus grandes que lui.

D’où viennent les poissons et les crustacés que nous consommons ? « Un cri dans l’océan » est un roman engagé qui nous oblige à nous questionner. Là où débutent les eaux internationales, la loi des hommes s’arrête. Une ère d’impunité s’ouvre où la vie humaine ne vaut plus rien face au profit. Entre lyrisme et réalisme, Benoît d’Halluin livre ici un texte de chair et de sang.
Profile Image for Mélanie.
509 reviews10 followers
February 17, 2025
Chère Toi,
Tu ne peux imaginer à quel point ce roman a su me toucher et me secouer. Véritable plaidoyer pour l’océan, pour l’humain. Un plaidoyer cependant pas moralisateur et amené avec une histoire hallucinante et très bien menée.
Ici, tu feras la rencontre de plusieurs personnages, chacun sa personnalité, chacun son histoire, chacun ses blessures, chacun ses combats. Et tout ce petit monde est lié pour t’offrir un récit bouleversant et inimaginable.
Tu sais, ce texte, c’est aussi l’histoire d’une famille. Une famille un peu cabossée, un peu déchirée. Et l’horrible disparition d’Arun va venir tout chambouler. Pour le meilleur ? Pour le pire ? À toi de le lire !
Tout ce que je peux te dire, c’est que ce roman se dévore comme un thriller, un véritable page turner. Tu y découvriras l’amour de l’océan, des personnages en recherche d’eux-mêmes, des personnages en quête d’un sens à leur vie.
Pages après pages, le déséquilibre écologique éclos, la sur-pêche produit ses guerres, la traite d’humains te brise. Le tout dans une approche pointilleuse et maîtrisée. L’Humanité dans toute sa noirceur.
Un texte sensible et très dur.
De magnifiques descriptions allègent le cœur, d’autres te le soulève. Tout est parfaitement décris. Vraiment tout.
La plume de l’auteur est fluide, rythmée. Un doux-amer en totale adéquation avec le récit.
En bref, coup de cœur.
Tu sais, je l’ai fini tard ce roman. Car impossible de lâcher la fin. C’était terrifiant et magnifique. Un roman qui parle de sujets très forts. Très durs. L’océan. Le trafic d’êtres humains. Le passé. Le présent. L’histoire de chacun. Un roman qui m’a bouleversé. Un roman qui m’a brassé. Un roman inoubliable. Des personnages déchirants et beaux. Une plume poétique. Belle.
Ce cri dans l’océan, je l’ai entendu. Et toi, l’entendras-tu ?
Profile Image for Clarisse Martin.
1 review
January 15, 2026
Histoire poignante et touchante qui m’a beaucoup bouleversée. L’esclavagisme en mer est un thème peu abordé par les médias et cet ouvrage met l’accent sur les pratiques encore en vigueur aujourd’hui… Au delà de l’histoire, le but est avant tout de sensibiliser le lecteur, chose réussie. Plusieurs récits se mêlent et on apprécie l’évolution des personnages au fil du temps. Pour conclure, je recommande très fortement la lecture de « Un cri dans l’océan ».
Profile Image for Tania FG.
11 reviews
January 9, 2026
Un coraggioso e impressionante atto di denuncia di un fenomeno ignorato dai più, sotto forma di romanzo. Sicuro che non si comprano più prodotti del mare con la stessa incoscienza di prima.
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