Parmi les « déglingués » des Hauts-de-France, Sibylle et Simon mènent une vie marginale, faite d’art et d’excès. Leur quotidien oscille entre élans artistiques et angoisses du lendemain. Lorsqu’ils rencontrent Haroun, leur relation prend un nouveau tournant : l’aventure d’un soir se transforme en une passion dévorante. Ensemble, ils décident de former un trio qui défie les normes établies. Mais, pour avancer, Sibylle et Simon doivent d’abord affronter leur dépendance à la drogue et les traumatismes du passé. Melvin Mélissa brosse le portrait mordant et poétique de survivants qui réinventent leur existence. Punk, queer et révolté, ce premier roman à l'écriture à la fois lyrique et brute résonne comme un chant d’amour.
Melvin Mélissa est née en 1995 et vit dans le nord de la France. Elle a publié des poèmes dès l’âge de 17 ans. Ses projets littéraires mêlent fresques sociales de l’addiction et représentations LGBT+.
triste nouvelle : dire beaucoup de gros mots, parler beaucoup de sexe et parler de la drogue avec des phrases qui font peur et qui disent LA NOIRCEUR, eh bien ce n'est plus subversif depuis, eh bien, très longtemps
Merveilleux, humain, amoureux. Je ne peux en dire plus, mais j’ai ressenti fois mille ce roman. C’est une histoire d’amour à trois, qui transpire la complexité de notre société, les conduites addictives et leurs impacts, mais aussi la sincérité et la bienveillance dont on tente de faire preuve avec les personnes qu’on aiment, et en qui on croient sincèrement. Merci pour ce bel ouvrage, et ce partage ❤️🔥
3,5 Un premier roman très stylisé qui mélange des écritures poétiques et imagées à un franc parlé contemporain et jeune en racontant l’histoire de survivants de traumatismes lourds de manière crue. Il a pour mérite d’aborder frontalement les sujets tortueux comme les abus sexuels, la drogue ou l’inceste.
Seulement j’ai l’impression que le récit manque parfois de subtilité et en devient caricatural. Nous avons des scènes de viols dès le premier chapitre, puis nous enchainons dans l’histoire de toxicomanes, on dirait un bingo de tous les traumatismes possibles et imaginables. Je dirais que ça finit par nuire au récit tant on nous ajoute encore des histoires plus lourdes les unes que les autres. Le sujet de la drogue est je pense le mieux exploré et le plus complet, mais je regrette que les autres sujets lourds soient brossés de manière un peu plus superficielle. Je dirais par exemple que l’intrigue autour des abus sexuels ne rentre pas totalement dans la profondeur ou les subtilités du sujet et n’est pas tout à fait réaliste dans son traitement à mon sens. Et ne parlons pas de l’inceste qui est carrément expédié. Quitte à vouloir traiter tous ces sujets sensibles et tabous dans son livre autant aller au bout et les explorer en profondeur.
Quant à l’intrigue autour du trouple, c’est sympathique mais j’ai trouvé qu’in fine ça n’apportait pas tant à l’histoire. De mon point de vue ça ne sert qu’à ajouter une touche queer et de diversité dans le roman déjà bien chargé. L’histoire d’amour entre eux aurait pu être un peu plus développée autre que les scènes de sexe. Et tant qu’à avoir un personnage algérien bisexuel pourquoi ne pas rentrer plus en détail dans son histoire ? D’accord on a des brides de ses traumatismes passés mais qui est-il au delà de ça ? Quels sont ses envies ? Ses buts ? À part être en ménage à trois avec deux personnages de 10 à 20 ans de moins que lui ? On ne sait pas. Je trouve encore une fois que ça ajoute à un côté trop rentre dedans et brouillon du livre qui s’éparpille un peu sur tous ses sujets et qui ne s’attarde pas à bien traiter en profondeur chaque intrigue. Pour bien traiter de tout ce qu’il voulait aborder je dirais qu’il aurait fallu bien 150-200 pages en plus.
Mais ceci dit le livre se lit de manière très fluide et on sent le message profond que l’auteur cherche à faire passer: ne pas juger ceux en marge de la société parce que tout le monde a des histoires, des traumatismes ils ont le droit d’exister et non pas de juste survivre. Et pour ça c’est tout de même une réussite.
Melvin Mélissa nous emporte ici dans une histoire tendre et queer, aérée d'images et de métaphores saisissantes. Le langage est parfaitement soupesé, quoique j'ai l'impression de trouver la voix de Simon un brin forcée, mais je chipote. C'est un joli livre, plein de compassion envers ses personnages, une ode à l'anormalité, qui quelquefois se niche dans une forme de routine. C'est parfois dur mais je trouve que les personnages ne sont pas assez attachants, ce qui empêche mon 5/5. On est emporté comme par une musique qui est tantôt calme tantôt excessive, tantôt disco tantôt tranquille. Un premier roman merveilleux et qui ne juge jamais.
Un roman qui combine le beau et le terrible, avec des personnages qui ne sont pas tout blancs ou tout noirs, qui dépeint une réalité autre que la mienne et que j'ai eu plaisir à lire. Chaque personnage a son propre langage, qui mélange le poétique au vulgaire, et c'est assez rafraîchissant et original. Le côté "Happy end" de la fin m'a paru un peu naïf, mais ça ne m'a pas gâché le plaisir de la lecture.
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