"Elles affirmaient que c’était la seule façon de chasser le Malin qui s’était installé en nous."
C’est l’histoire de Deirdre, de Sinead, de milliers de jeunes Irlandaises enfermées derrière les murs d’un couvent. C’est l’histoire de ces femmes condamnées pour avoir eu le tort d’être la proie des hommes. C’est l’histoire d’un jeune homme qui écoute et prend conscience qu’il porte en lui la même violence. C'est l'histoire de la lumière au milieu de la souffrance.
Inspiré de l’histoire vraie des Couvents de la Madeleine, l’un des plus grands scandales de l’Irlande du 20e siècle.
Un beau récit qui parle des couvents de la Madeleine. Ces blanchisseries irlandaises où on enfermait des femmes, victimes et non fautives, en les forçant à travailler pour "laver leurs péchés" dans des conditions atroces. L’un des plus gros scandale d’Irlande. C’est court, instructif grâce aux notes de bas de page. J’ai bien aimé la remise en question de Finnegan, qui finit par s’interroger sur son privilège d’homme. Je suis un peu dubitative en revanche sur le choix narratif des toutes dernières pages (absolument pas problématique, je suis juste partie loin dans mon analyse 😂)
Le roman est court, mais ça ne l’empêché pas d’être puissant. En moins de 300 pages on commence d’abord par suivre deux jeunes puis on suit le récit de Deirdre. Avec une alternance entre les paragraphes où elle raconte et ceux où on est plongé 50 ans en arrière dans sa vie.
On va découvrir la vie de Deirdre, on va découvrir pourquoi elle a été envoyée dans ces couvents de la Madeleine, on va découvrir comment elle et les autres étaient traitées là-bas.
C’est fort, c’est douloureux. Et quand on réalise que ce n’est pas si loin : c’est violent.
Ce qui fut le plus violent pour moi, c’est certainement les notes en bas de pages. Ces notes nous apprennent quand certaines choses ont été dépénalisées. Et quand on réalise avec l’avortement, l’homos3xualité sont dépénalisées après 2010 en Irlande… c’est terrifiant. Ça me terrifie.
C’est un roman douloureux, nécessaire.
J’ignorai tout des couvents de la Madeleine. Pourquoi en ai-je pas entendu parlé ? Parce que l’Irlande n’a reconnu ces faits qu’en 2013 ? Parce qu’ils ne sont définitivement fermés qu’en 1996? (Mais j’étais née en 1996 bordel 😭).
Du coup ce roman m’a donné envie d’en savoir plus, de pousser plus loin encore, d’appliquer le devoir de mémoire en fait.
Dès les premières pages, on sent que ce roman ne sera pas une lecture ordinaire. Il possède cette intensité particulière, celle qui se glisse entre les lignes, celle qui prépare doucement le lecteur à être bousculé. Avant de l’ouvrir, je ne connaissais rien des couvents de la Madeleine. Mais Annelise Heurtier ne nous laisse pas dans cette distance-là : elle nous plonge au contraire dans un univers qui serre la gorge, un univers où la frontière entre faute et châtiment est tordue, où la morale religieuse devient un prétexte pour étouffer, punir, effacer. Ce roman touche à des sujets lourds, mais il le fait avec une finesse rare. On ressent chaque émotion, chaque injustice, chaque silence pesant. C’est un de ces textes qui nous font regarder autrement certains pans d’histoire dont on ignorait l’ampleur. Entre leurs mains n’est pas un récit spectaculaire : c’est un récit qui prend aux tripes parce qu’il montre la violence dans ce qu’elle a de plus quotidien, de plus banale, de plus invisible.
La force d’Annelise Heurtier réside dans sa capacité à écrire avec simplicité tout en donnant à chaque scène une profondeur émotionnelle immense. Sa plume n’a rien de démonstratif. Elle ne cherche jamais à choquer gratuitement ni à alourdir la narration avec des effets littéraires inutiles. Elle préfère dire les choses avec sobriété, parfois même avec retenue, ce qui rend les moments difficiles encore plus percutants. Chaque chapitre est construit avec une précision délicate. Les phrases sont courtes, parfois tranchantes, parfois douces. On sent un vrai respect pour ses personnages, même lorsqu’elle raconte les moments les plus sombres de leur histoire. Cette pudeur, cette sensibilité presque fragile, donne au roman une vérité désarmante. Elle a aussi un talent particulier pour laisser respirer les émotions, pour suggérer plutôt que montrer, pour faire entendre ce que ses personnages n’osent pas dire. Dans les scènes au couvent, cette écriture retenue renforce le sentiment d’étouffement : les mots se font prudents, les descriptions s’allègent, comme si parler trop fort risquait de réveiller une autorité invisible. Et lorsqu’elle décrypte les pensées de Finnegan ou de Deirdre, elle le fait avec une finesse psychologique rare. Elle ne les juge pas, ne les excuse pas, ne les idéalise pas. Elle les montre tels qu’ils sont, blessés, maladroits, perdus, mais profondément humains.
L’univers du roman se déploie en deux strates, presque deux mondes qui se frôlent sans vraiment se toucher. On a dans le présent une Irlande vibrante, sauvage, vivante Et dans le passé, un couvent fermé, silencieux, écrasant Le récit s’ouvre lors d’une fête marquée par des rites celtiques, une nuit où la musique, les traditions et les pulsions adolescentes se mêlent. On sent la bruine froide, l’odeur du feu, l’énergie un peu brutale des jeunes qui cherchent leurs limites. C’est un monde imparfait mais vivant, un monde où les choix ont des conséquences, mais où l’on peut encore s’expliquer, se rattraper, s’excuser. La culture irlandaise, discrète mais omniprésente, donne un relief particulier au récit. Ses croyances, ses traditions, ses nuits de célébration créent une atmosphère enveloppante, presque mystique. Le contraste avec le passé de Deirdre est saisissant. Plus de liberté, plus de bruit, plus d’espace. Seulement des murs épais, des portes qui claquent, des silhouettes de nonnes, des règles strictes et la sensation constante d’être surveillée, jugée, punie. L’auteure s’attarde sur les lieux, sans jamais en faire trop : les dortoirs glacials, les salles de travail où les jeunes filles sont réduites à des mains qui frottent, des chariots qui roulent, des dos qui se courbent. Le moindre objet devient porteur de sens : un seau, un tablier, un chapelet, tout devient symbole de discipline et d’effacement. L’univers est tellement bien construit qu’on ressent physiquement cette oppression. On comprend peu à peu que, dans ces couvents, la violence n’est pas spectaculaire mais systématique. Elle s’insinue dans le quotidien, dans les gestes, dans ce qu’on retire aux jeunes filles : leur parole, leur identité, leur liberté.
Le roman démarre sur un événement grave : Finnegan, lors de cette nuit de fête, franchit une limite qu’il ne devrait jamais franchir. Il est stoppé in extremis par Deirdre, qui intervient pour protéger Neve. Et soudain, le récit bascule : un glissement étrange, presque surnaturel, l’embarque dans le passé de Deirdre, lorsqu’elle n’avait que 17 ans. Ce n’est pas une machine à remonter le temps, pas un phénomène fantastique explicité. C’est un passage narratif subtil, volontairement flou, qui agit comme un pont entre deux époques. Ce choix permet à l’auteure de confronter deux adolescents à des violences de natures très différentes : l’une subie, l’autre commise. Finnegan devient alors un observateur forcé de la vie de Deirdre au couvent. Il comprend peu à peu ce qu’elle a enduré : l’abandon, l’humiliation, la perte totale de contrôle sur sa propre existence. Ce regard extérieur est essentiel, car il fait écho à notre propre stupeur de lecteur face à ces institutions dont on ignorait souvent la brutalité. L’histoire se construit par couches successives, sans accélérations inutiles. On suit Deirdre dans son quotidien au couvent : ses tâches répétitives, ses peurs, ses tentatives pour comprendre ce qu’on attend d’elle. On voit aussi Finnegan changer, évoluer, s’interroger sur ce qu’il a failli faire et sur ce qu’il voit désormais. C’est une histoire sur la faute, la culpabilité, la honte, mais aussi sur la compréhension et la transmission.
Deirdre est le cœur battant du roman. Son histoire est racontée avec une grande délicatesse. Elle est jeune, vulnérable, et pourtant incroyablement forte, même lorsqu’elle ne s’en rend pas compte elle-même. Son abandon par ses parents n’est jamais raconté de manière dramatique, mais on sent le choc, la rupture intérieure. Ce qui la rend bouleversante, c’est qu’elle ne se voit pas comme une victime. Elle essaie simplement de survivre, de comprendre ce qui lui arrive, de s’adapter à un système qui la dépasse totalement. Son parcours est tout aussi intéressant. Au début, il n’est qu’un adolescent imprudent, maladroit, emporté par ses pulsions. Mais sa “chute” dans le passé agit comme un électrochoc. Il devient un témoin privilégié d’une violence historique dont il n’avait aucune idée. Sa prise de conscience progressive est l’un des moteurs émotionnels du roman. On voit en direct un garçon réaliser la gravité de ses actes, comprendre la souffrance d’autrui, et apprendre ce que signifie véritablement respecter quelqu’un. Les autres pensionnaires donnent au roman une dimension collective. Derrière leurs gestes automatiques, leurs regards baissés, on devine mille histoires, mille blessures. Elles forment la toile de fond de la vie de Deirdre, et leur présence silencieuse ajoute une tristesse immense au récit.
Entre leurs mains est un roman qui marque durablement. Il touche à des vérités historiques difficiles, mais il le fait avec une sensibilité qui force le respect. La violence n’est jamais gratuite. Elle est racontée pour ce qu’elle est : une injustice structurelle infligée à des milliers de jeunes filles, dans un silence institutionnel oppressant. Ce livre m’a bouleversé. Il éclaire un pan sombre de l’histoire irlandaise que je ne connaissais pas. Il m’a rappelé que la souffrance peut se cacher derrière des murs respectables, derrière des discours de moralité, derrière des institutions qu’on imagine protectrices. Mais surtout, il raconte l’histoire d’une jeune fille dont la voix, longtemps étouffée, finit par trouver un écho. Un roman nécessaire, puissant, qui laisse une trace longtemps après l’avoir refermé.
Vraiment pas mal amené du tout ! Le sujet m’était complètement inconnu, donc merci infiniment à l’autrice d’avoir permis que j’apprenne autant de choses même concernant la culture irlandaise. J’ai découvert des films, des musiques, des traditions, des recettes. C’était super intéressant avec le bon degrés de romantisation (pas dans le sens relations amoureuses, mais le fait que ce soit une histoire inspirée de faits réels, ce qui permet à la chose d’être mieux assimilée en mon sens). Livre très accessible, je l’ai lu en à peine 24h, il vous prend vraiment tout votre attention. Très jolie découverte qui me faisait de l’œil depuis un moment à la bibliothèque (même si à mon sens il devrait être au rayon adultes et pas ados à côté de la jeunesse 💀). Sujets sensibles abordés mais importants, âmes sensibles s’abstenir !!
Vachement déçue par cette lecture alors que je partais enthousiaste.. J'ai trouvé que la narration était mal ficelée et qu'elle ne rendait absolument pas justice au sujet pourtant passionnant. J'ai soufflé à plusieurs reprises pendant que Deirdre racontait son histoire alors que bon, en temps normal, s'il y a un personnage d'ancienne un peu sorcière, il est peu probable que je sois agacée par elle. Et mon dieu, le trope de "en fait ça s'est pas vraiment passé" je l'execre en fait. Bref si vous avez envie d'en apprendre davantage sur l'histoire des "Magdalene laundries", mieux vaut regarder Tu ne mentiras point de Cillian Murphy sorti il y a peu ou un documentaire. Et si vous voulez des livres jeunesse vraiment féministes il y en a de bien meilleurs !
Honnêtement je suis très mitigée sur ce roman. Toute la partie qui parle de l'histoire de Deirdre et de la vérité atroce qui se cachait derrière ses couvents est particulièrement frappante et touchante. Par contre toute la partie avec Finnegan... Pour être honnête, elle a gâché ma lecture. Son personnage sonne faux et insupportable (je comprends qu'on soit autocentré lorsqu' on est adolescent, mais il y a des limites). Et oui, je comprends que l'idée était de le faire changer d'avis sur ses actes avec sa petite amie, et que le but est d'exposer les biais de pensées qui peuvent occulter la conscience durant une agression, mais c'est vraiment peu crédible. En plus, je dois avouer que lorsqu'on lisait son point de vue, le texte m'a paru décousu et erratique.
Bref, je trouve le sujet vraiment intéressant et une excellente idée d'en faire un roman, mais c'est une occasion un peu loupée pour moi sur ce coup-là.
Déjà, je pense que j'ai un faible pour les fictions historiques qui prend forme, peu à peu, donc peut-être que j'essaierai d'en lire un peu plus en 2026. Bref, passons.
J'ai sincèrement beaucoup aimé la narration, le style d'écriture, la façon d'exprimer les sentiments des personnages mais aussi de raconter des choses de façon plus factuelle sans les rendre insipides à lire comme une vulgaire liste de courses. J'ai aussi apprécié les notes de bas de pages, qui donnaient des détails sur le contexte historique qui entoure le récit - même si certaines faisaient un peu froid dans le dos, à se dire que les choses étaient tellement, mais tellement récentes. Il faut dire que toutes les découvertes sur lesquelles ce récit s'appuie n'ont éclaté qu'en 2013-
J'ai apprécié suivre l'histoire de Deirdre, le récit de son point de vue, le meilleur, le pire, la douleur d'avoir été trahie, l'incompréhension, l'espoir qui s'étiole peu à peu, et puis la violence du couvent et l'espèce de brainwash religieux qui s'y déroulait, les maltraitances et tout ce qui concernait les enfants (les bébés), aussi horrible que les choses aient pu être - mais le tout écrit avec pile assez de justesse pour comprendre les choses dont on parle sans en faire du sensationnel.
J'aurais cependant apprécié en savoir... plus ? Sur les personnages, je pense - parce qu'à part Sinead, finalement, les autres ne sont que des prénoms sur des figures anonymes. D'un côté, c'est aussi une mise en abyme du récit, quelque part - ces identités dérobées, ces vides qu'on fait de ces filles et femmes qu'on dépossède de tout une seconde fois. Maiiiis, j'ai un faible pour les histoires portées par les personnages, alors ouais, je trouve que ça manquait un peu de profondeur chez les personnages secondaires.
Néanmoins, j'ai trouvé la tournure de la fin vraiment pas mal, je ne peux pas en dire beaucoup mais- J'aime bien la façon dont a été tourné ce cliché qui exaspère beaucoup de lecteurs, moi la première, mais qui a été amené d'une façon assez douce-amère dans tout le dernier tiers du récit... Sur moi, en tout cas, ça a bien pris.
Maiiiis ce qui a vraiment pêché- Finnegan. Et notamment Finnegan à la fin du récit. J'ai eu l'impression que le bouquin passait finalement à côté de sa propre morale, de son propre point et- Je ne sais, ça me laisse une sensation un peu... étrange ?
En résumé c'est une lecture un peu en demi-teinte, très intéressant pour le côté historique et le devoir de mémoire, mais finalement moins pour son côté fiction... Même s'il permettra sans doute à plus de lecteurs de s'y intéresser et de découvrir ce morceau sombre de l'histoire de l'Irlande que s'il s'agissait d'un bouquin de non-fiction trouvable au rayon histoire plutôt que romans, mais, voilà.
Annelise Heurtier est une écrivaine engagée qui aborde différentes thématiques difficiles au fil de ses œuvres et Entre leurs mains ne fait pas exception. Les derniers couvents irlandais qui ont accueilli des adolescentes et des femmes ont fermé en 1996. C’est il y a trente ans à peine ! C’est sidérant, et ce qui s’y passe risque de vous choquer encore davantage.
Pour conscientiser son public, l’autrice a choisi d’emboiter deux récits, utilisant Finnegan et Deridre pour nouer un lien entre le présent et le passé, rappelant que la violence peut prendre différents visages. Au fil des pages, l’autrice a su trouver la balance entre fiction et faits réels, aidée des notes qui complètent parfois l’information. Personnellement, je dois avouer que j’ai préféré les parties du passé, m’étant vraiment attachée à Deirdre alors que Finnegan m’a énervée du début à la fin. C’est en effet dans l’histoire de cette adolescente s’étant retrouvée enceinte et ayant été rejetée par sa famille, enfermée, que j’ai trouvé le plus d’émotions. Ce sont ces passages qui sont les plus forts, les plus touchants, alors qu’on est témoin des humiliations et privations qui avaient cours dans les couvents, quand on voit que c’est seulement la solidarité, les petits gestes qui permettent de traverser ce quotidien qui, pour certaines, semble sans issus.
Bref, je n’ai pas été totalement convaincue par la forme, mais c’est une histoire marquante qui fait écho à un autre récit paru cette année, cette fois signé Fanny Chartres : Dans le ventre de Fianna Sinn. Il pourrait d’ailleurs être vraiment pertinent d’en faire une lecture parallèle !
4⭐️ - Bonne lecture Ce roman raconte l'histoire de Deirdre, qui a eu le malheur à 17 ans d'attirer l'attention d'un homme, qu'elle a aimé et qui l'a abandonnée, la condamnant au déshonneur dans une Irlande extrêmement catholique. Elle est envoyée dans une blanchisserie tenue par des religieuses pour se repentir, où elle va subir des conditions de vie difficiles et des sévices gratuits.
Ce qui m'a le plus choquée, c'est tout simplement la date à laquelle ces éléments choquants, et semblant d'une autre époque, se sont déroulés. 1961. Une date récente, mais qui est encore plus choquante quand on découvre que le dernier couvent a fermé en 1996, soit une petite année avant ma naissance.
L'histoire de Deirdre m'a beaucoup touchée et j'ai apprécié l'aspect didactique de ce roman, grâce auquel on apprend énormément de choses via les notes de bas de page. J'ai trouvé cela très intéressant d'en apprendre plus sur es évènements.
Le roman est assez court, ce qui fait qu'on peut avoir une petite impression de rapidité dans le récit, surtout que celui-ci est raconté en 2016 dans le livre. On a donc moins de sensation de "présent" ce qui adoucit un peu certains points. Personnellement, j'ai préféré que ce soit le cas car un roman trop graphique ou précis aurait été très compliqué à lire.
Je suis un peu dubitative sur la fin en 2016, je comprends l'idée de l'autrice et ce qu'elle a voulu dire mais je pense que cela aurait pu être un poil plus subtil !
4.5 ⭐️ Un livre intense et riche, aussi bien en émotions qu’en informations. Il est basé sur des faits réels s’étant déroulés en Irlande, dans les Couvents de la Madeleine. Un endroit lugubre où des jeunes filles enceintes, ayant batifolé avant le mariage, victimes d’@gres*ions se*uelles, ou même simplement jugées « trop jolies » (donc à haut risque…), étaient envoyées par leurs familles - pour une durée indéterminée - dans ces couvents qui servaient de blanchisseries. L’idée étant qu’elles expient leurs soi-disant péchés par le travail.
On découvre la réalité stupéfiante de leur quotidien derrière ces murs. Mais aussi la solidarité entre elles, toutes ces petites choses qu’elles mettent en place et qui leur permettent de tenir bon, minute après minute, pour ne pas se perdre complètement alors qu’on leur a tout pris, y compris leur identité.
C’est un récit très bien construit, dans lequel l’autrice a su entremêler deux histoires, à deux époques différentes, sans jamais alourdir la lecture, au contraire ! C’est justement ce croisement entre les époques qui rend l’histoire encore plus percutante et profonde, car il confronte un homme (dans le présent) aux conséquences que peuvent avoir ses actes égoïstes - qu’il pense faire par amour - sur la femme qu’il aime. Et cette confrontation le pousse à se remettre en question, ainsi que sa manière d’aimer.
Et puis, gros coup de cœur pour les légendes du folklore irlandais qui sont distillées dans le récit. Elles apportent une touche mystique que j’ai vraiment adorée !
Les derniers chapitres valent tellement la peine. C’était une très belle lecture, interessante et passionnante. Une lecture qui donne à réfléchir sur la notion d’intention et celle de rédemption. Est-ce que l’intention est-elle une raison suffisante pour ne pas être condamnable ? In fine, les faits sont les mêmes, intention ou pas. Quant à la rédemption qu’offre la fin du bouquin, pour moi elle signifie l’importance d’éduquer nos garçons sur ces sujets. J’ai aimé lire Entre Leurs Mains, et j’en parlerais certainement autour de moi.
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J'ai largement préféré l'histoire de Deirdre – la lumière qu'elle jette sur l'une des horreurs de l'histoire d'Irlande – à celle de Finnegan. Je n'ai pas vu l'intérêt de mettre en avant un homme, ses larmes d'agresseur et l'absence de conséquences concernant ses actes, dans l'histoire de ces femmes et de leurs souffrances déjà trop souvent invisibilisées, surtout avec cette fin qui m'a laissée plus que dubitative si le but était de dénoncer ce genre de comportement, d'où l'étoile en moins.
Ce roman est absolument bouleversant, je n'avais jamais entendu parler jusqu'à présent de ces atroces couvents-blanchisserie... C'est une histoire vraiment très dure à lire, mais tellement importante pour que les trop nombreuses victimes ne tombent jamais dans l'oubli. Le travail d'écriture et de recherche de l'autrice est incroyable, sa plume également, et la touche d'espoir apportée à la fin du livre est vraiment bienvenue au sein de toute cette noirceur.
Une histoire qui remue les tripes, mais avec douceur. Une plongée dans l'histoire qui nous rappelle qu'avec ce que certains et certaines considéraient les meilleures intentions du monde, les pires horreurs ont été commises, encore et encore, pendant des années. Le récit est assez court, avec quelques ellipses, un peu de mystère, mais surtout une réalité poignante.
Un sujet très intéressant qui mérite d’être mis en lumière mais je me suis retrouvé plus intéressée par les notes historiques de bas de pages que par le roman en lui même L’histoire de Finn est intéressante mais il n’a pas à assumer ses actes à la fin et ça me dérange
J’ai trouvé que le début était long et je ne trouvais pas forcément le rapport avec le reste de l’histoire jusqu’au 10 dernières pages, où tout s’assemble parfaitement. Le livre est vraiment super, en plus ça permet d’apprendre plus de chose sur le passé de l’Irlande. Je le conseille.
3.5. Le récit enchâssé était formidable, le style aussi, mais je suis très déçue par la construction qui me semble hyper artificielle. Dommage, du reste c'était vraiment super et louable dans tout ce que ça transmet.
Glaçante, bouleversante et cependant instructive, une fiction inspirée des Maggies et leur Histoire. Pour apprendre, compatir et ne pas oublier. Un beau livre
Les histoires de Sinead, Deirdre, Lea et toutes les autres m’ont bouleversés. J’ai appris plein de choses a travers ce roman, des choses terrible, mais si importantes a expliquer pour ne pas oublier