"Ville après ville, elle s’était prise au jeu du voyage et du hasard. Pourquoi était-elle partie la première fois ? Pour qui ?"
Alice, jeune reporter, fait ses armes à Beyrouth en 2010, puis au Caire en 2011. Sur la place Tahrir, elle rencontre Bassem, un journaliste avec lequel elle connaît une passion attisée par la ferveur politique. Alice veut être là où s’embrasent les révolutions du printemps arabe. Elle poursuit cette quête sans relâche, jusqu’à éprouver ses limites en Syrie. Lorsqu’elle rentre à Paris, une rencontre inattendue la mène en Algérie sur les traces de ses origines. Portrait d’une jeune femme vibrante, assoiffée de vie, à l’écoute des tensions du monde, ce deuxième roman très maîtrisé d’Hajar Azell explore avec passion les thèmes de la fuite et de l’exil. Il nous plonge au cœur d’un Liban crépitant d’une énergie joyeuse et cosmopolite, de la révolution qui secoue l’Égypte et d’une Algérie aux rêves en suspens.
"C’est par une révolution contre soi-même que l’on doit commencer ! Contre la société, contre les normes… Ça ne veut pas dire que chacun va la faire seul, sa révolution. Il faut avoir le courage d’affronter nos contradictions, de débattre et de construire ensemble à partir d’une autocritique."
Le sens de la fuite est un roman qui aurait pu être grandiose, mais qui est simplement passable. La matière évoquée est intéressante, le parti pris est fort. Alice est une jeune journaliste qui se rêve grand reporter. Elle veut enquêter sur les grands conflits, raconter la guerre. Entre Beyrouth, Le Caire en pleine révolution et Alep, elle fuit sa propre histoire : le décès prématuré de son père, qui a quitté son Algérie natale avec regret ; sa mère, qui n'a jamais compris ses ambitions ; et un sentiment de manque inavoué. Lorsqu'elle rentre à Paris après une expédition dangereuse en Syrie, elle fait la connaissance d'Ilyes, jeune immigré illégal, qui la remet sur le chemin d'Oran, à la recherche de ce qu'elle a toujours fui. Mais tout cela reste superficiel, fade. L'écriture est hachée. On sent qu’elle manque de maturité. Un style qui se cherche. Il y a une succession de phrases courtes, directes : Alice sort, Alice creuse, Alice a lu, Alice marche… puis soudainement des phrases qui tentent d'être grandes : « Sur ses traits, elle dessine parfois des vagues qui terrassent son sourire. » Et puis il y a cette superficialité de traitement. L’autrice survole les sujets, lance des bribes de destins ici et là : les chiites du Liban, les révolutionnaires du Caire, les immigrés illégaux… On sent parfois qu’il y a quelque chose d’important qui va se passer, et puis ça dégonfle.
Enfin, j’ai trouvé Alice profondément agaçante. Elle, qui a toujours péroré qu’elle voulait couvrir la guerre, fait une dépression nerveuse après la première semaine à Alep. Elle semble cacher une grande blessure, une part d’ombre, mais qui, au final, s’avère n’être qu’une tristesse liée à la mort de son père, survenue à son adolescence.
Le livre se lit vite, mais laisse un goût d’inachevé. Un malaise…