4.5✩ « J’étais là, à côté d’elle, attentive, et muette. Si habitée de l’amour que je ressentais pour elle, maman, pour nous quatre, qu’il n’y avait pas place pour les mots. J’imagine qu’elle le savait. Qu’elle le sentait. »
Un roman si doux et tendre, parsemé de souvenirs et de nostalgie.
Avec une plume lumineuse et délicate, Marie Sizun nous ouvre les portes de son enfance, celle qui l’amènera à devenir écrivaine. Elle y raconte son amour maternel inconditionnel, ainsi que son éveil, son cheminement de jeune femme, et sa lutte contre le déclassement social auquel elle se heurte dans le Paris des années 1940 et 1950.
10, villa Gagliardini nous fait entrer dans l’intime. Celui de l’autrice, bien sûr, mais aussi, par ricochet, dans le nôtre. À travers ces pages, on retrouve notre propre maison d’enfance : ces murs, ces portes, ces fenêtres et ce mobilier qui nous ont vus grandir. Et qui, pour ma part, m’ont tant protégée, bercée, recueillie, et un jour, laissée partir pour que je trouve et fasse ma propre place.
Un récit qui touche directement l’âme, et pour lequel les mots peinent à rendre compte du coup de cœur qu’il provoque. Tant il est personnel et révélateur, dans ce qu’il nous renvoie de nous-mêmes. Une découverte précieuse, rendue possible grâce aux @editionsfolio, que je remercie sincèrement.
« C’était ce qu’ils pensaient, ce qu’ils éprouvaient. Je le savais, et j’étais émue comme eux et avec eux. C’était beau, ce cri d’amour. Pour les leurs, pour leur maison, pour leur vie retrouvée. Pour la vie tout court. Cette rage et cet espoir. »
« Dans les pièces vides, la chambre, l’entrée, le cabinet-vestiaire, la cuisine, je rencontrais des fantômes, l’ombre de gestes et de regards disparus, l’écho muet de lointaines paroles. Je restai longtemps, du moins me sembla-t-il, devant la fenêtre grande ouverte. Ma fenêtre. »
« Et j’eus le sentiment que je laissais là, dans l’appartement, un monde, notre monde, le souvenir inoubliable de ce que nous avions été dans ce petit espace, les uns pour les autres, et que plus jamais nous ne retrouverions. Quelque chose qui était au-delà de la maladie et de la mort, au-delà de la vie à venir, et qui nous soudait à jamais. »
De tous les livres de Marie Sizun lus, celui-ci est assurément celui qui m’aura le plus émue. Le lien entre la fillette et la jeune fille qu’elle devient et sa maman. L’appartement protecteur en guise de papa. C’est une écriture fluide. Et une très belle description de quartiers de Paris après guerre . … Je ne suis pas parisienne, mais j’irais bien marcher du côté de Mesnilmontant !
Tout plein de tendresse, d’amour avec un grand A. Éloge de la mère. (En plus Adi habitait dans cet appartement, dingue)
« C’est ce rire que je me rappelle, sa fraîcheur, son éclat, et la fulgurante beauté des nuages qui passent devant nous, au-dessus des toits, dans un rayon de soleil. »
Jolie autobiographie : l’enfance d’une jeune fille pauvre et son attachement au petit appartement où elle vécut avec sa mère, son frère et sa petite sœur, jusqu'à ses 16 ans.
J’ai découvert cette autrice, et ce très beau témoignage d’amour d’une petite puis jeune fille pour sa mère, et leur appartement cocon. Très belle découverte 💕