Avant toute chose, je tiens à souligner la beauté de l’objet-livre, qui m’a immédiatement séduite. La couverture est magnifique et reflète à merveille l’atmosphère sombre et mystérieuse de l’histoire. Ce qui m’a intriguée en lisant le résumé, c’est que l’accent n’est pas mis sur la Petite Sirène, comme c’est souvent le cas, mais sur son antagoniste : la sorcière des mers. Une approche originale qui m’a donné envie de plonger sans hésitation dans les mots de Stéphanie Skrobala.
Et quelle immersion ! Le gros point fort de ce récit, c’est sans conteste la plume de l’autrice, à la fois élégante, fluide et terriblement immersive. Elle manie les mots avec justesse, crée des images fortes sans lourdeur, et parvient à rendre chaque scène, chaque émotion, presque palpable. Son vocabulaire riche et maîtrisé contribue à cette impression de lecture limpide et sensorielle. Un vrai plaisir à lire !
J’ai trouvé l’histoire particulièrement originale. Contrairement à d’autres réécritures de La Petite Sirène, celle-ci prend le parti de débuter après les événements que nous connaissons tous, offrant ainsi à l’autrice une grande liberté pour réinventer l’univers. Le récit devient plus sombre, plus torturé, mais aussi plus captivant. On sent une volonté d’explorer l’après-conte, ce qui renouvelle complètement l’intrigue.
Autre point fort : la psychologie des personnages, développée avec subtilité. Ils sont nuancés, crédibles, et on s’y attache facilement. J’ai particulièrement été surprise par le personnage de Valentina, qui semble d’abord calculatrice et manipulatrice, avant de se révéler bien plus empathique et complexe que prévu. Cette évolution m’a agréablement déstabilisée.
En résumé, Le Dernier chant d’une sirène est une réécriture sombre, intense et singulière, portée par une plume remarquable et des personnages profonds. Si vous êtes amateur·rice·s de contes revisités et d’ambiances envoûtantes, ce roman devrait vous plaire autant qu’à moi.