Ce qui m’a frappée au cours de cette lecture, c’est comment Caroline Auger a su imbriquer une révolte intérieure, celle que ressent son héroïne face au constat que les femmes sont souvent seules face à leur choix et aux conséquences de ceux-ci, à une révolte plus large, environnementale, ancrée dans un monde actuel en crise. En vérité, Pendant que les arbres brulent est un roman empreint d’activisme et, si l’autrice fait une belle part aux relations interpersonnelles en explorant l’amitié et l’amour à travers les nouvelles rencontres que fait Syrah sur l’ile de Victoria, c’est vraiment le militantisme qui reste en tête au moment de tourner la dernière page.
Au fil du texte, les convictions de la famille de Syrah influencent ses prises de décision, tout comme sa propre prise de conscience du grand sentiment de solitude quand une femme doit faire face au choix de l’avortement teinte forcément ses relations. C’est le genre de roman qu’il est complexe de lire sans se questionner soi-même sur ses prises de position, et c’est d’autant plus intéressant lorsque Syrah se rapproche de deux nouvelles personnes qui ont des expériences de vie et des relations à la nature diamétralement opposées. J’ai beaucoup aimé les dilemmes, la lenteur de certaines choses, la progression de l’adolescente dans ses réflexions, le conflit avec sa mère aussi, cette dernière mettant son activisme en priorité sur à peu près tout. Seul petit bémol, quelques éléments sont un peu trop explicités pour que ça sonne naturel, comme si l’autrice voulait être sure que le message passe (alors que d’autres, comme la scène de sexe, sont parfaitement dosés). Oui, on comprend d’où vient Syrah et ses réflexes de militantes, tout comme on voit bien le tiraillement créé par ses dilemmes moraux, mais certaines informations, comme sa grande solitude au moment de choisir l’avortement, n’ont pas besoin d’être soulignées : de toute façon, la suite de l’histoire nous le démontre.
En bref ? Pendant que les arbres brulent est une lecture d’actualité qui fera réfléchir !