Et s'il existait, au coeur de Paris, une société secrète où les hommes puissent enfin confier leurs dérives sentimentales, leurs expériences rocambolesques, leurs fantasmes inavouables ? C'est à cette société que ce roman de Benacquista inscrit ses lecteurs, et surtout ses lectrices.
Tonino Benacquista fait un peu partie de la famille J'étais en effet en train de lire un de ses livres à la maternité quand Aurélie a accouché de Rémi en juin 2000. N'étant pas arrivé au bout, je lui demandai de ralentir un peu avant la délivrance. Bizarrement, mon humour ce jour-là ne l'avait pas fait rire. Du coup, je rate rarement ses sorties - même si ses publications se font plus rares depuis qu'il s'est détourné de la littérature pour la BD (il a scénarisé le dernier Lucky Luke) ou le cinéma (on lui doit le scénario des pluri-césarisés "Sur mes lèvres" et "De battre mon coeur s'est arrêté")
La vérité m'oblige à dire que "Homo erectus" est un vaste ratage. Benacquista y raconte des histoires d'hommes qui raconte des histoires de femmes. Il invente un club, à mi-chemin des Alcooliques anonymes et d'une loge maçonnique, où les hommes exposent par le menu leurs déboires sentimentaux. Il s'intéresse en particulier à trois d'entre eux. Denis est convaincu que les femmes se sont liguées contre lui pour l'ignorer. Yves (sic !) décide après avoir découvert la tromperie de sa femme, de ne plus aimer que des prostituées. Philippe devient l'amant d'une top model. En fait, le premier qui n'en a jamais eu cherche une femme, le deuxième veut se débarraser des femmes et le troisième souhaite retrouver la sienne en passant par une autre. Leur récit, d'un inégal intérêt, sont entrelacés. Mais la mayonnaise ne prend pas. Il aurait pu s'agir d'un recueil de nouvelles - genre dans lequel Benacquista excelle. Ou d'une vaste enquête sociologique sur la crise de la masculinité au XXIème siècle. Mais, faute de prendre un parti, le roman reste au milieu du gué.
Il existe une sorte de confrérie (masculine) auquelle tout à chacun peut s'exprimer à propos de ses expériences intimes. C'est par ce pitch initial que le roman va s'articuler sur trois personnages quarantenaires: Philippe, Yves et Denis.
Je trouve que c'est une chick lit pour hommes. Bien que ne m'étant pas trop identifié aux personnages, on suit leur destin avec avidité. Il y a énormément de réflexion, de cogitation sur les relations homme-femme, l'amour, la vie de couple, les croyances, etc. C'est un aspect qui m'a intéressé, mais malgré cela, le roman tombe un peu dans des clichés, dans du sexuel et ça manque un peu de crédibilité.
[EDIT] PS: A titre d'information, "Homo erectus" signifie littéralement "homme dressé, droit" et c'est également l'espèce qui aurait maitrisé pour la première fois le feu.
Comme à son habitude Tonino Benacquista a écrit un livre qui m'a emportée, l'avantage étant les trois histoires différentes, mais subtilement liées par les problèmes et les aventures que la vie nous réserve, permettant au lecteur d'accrocher à au moins l'une des trois, pour ma part ce fut les trois mais cela reste subjectif. Je conseille vivement ce livre qui nous permet de remettre en question beaucoup de choses et de relativiser certaines convictions parfois peu fondées. A la fin de cette lecture la lecteur peut devenir acteur, cette fois de sa propre vie, en l'abordant d'une toute autre manière, avec un nouveau regard sur le monde. En somme, ce livre permet une plus grande ouverture d'esprit, qui ne ferait pas de mal à certains!
Ecrit de manière très vivante et plein d’intéressantes observations, sur ces hommes que nous connaissons si peu. Ou bien, finalement, que nous ne connaissons pas si mal car une fin bien trop bien ficelée pour reprendre une autre critique et des conclusions bien sages. Trois personnages masculins sortis tout droit de la cuisse de Jupiter qui en fin de compte manquent de profondeur. Bref, une lecture très agréable et piquante qui déçoit un peu a la fin.
Un livre que j'ai trouvé très agréable à lire, dont le style et l'humour m'ont plu. Un sujet original qui explore ce qui peut se passer dans la têtes de nos chers hommes. Par contre, j'ai été très déçue par la fin qui ne semble vraiment pas au niveau du reste du livre, fin que j'ai trouvée facile, clichée. N'a pas gâché le reste du livre pour moi, mais ce n'était pas loin.
Bon roman. Benacquista réusit toujours à nous sortir des sentiers battus à trouver un sujet et un angle inhabituel et il réussit toujours à nous y entrainer tout naturellement. J'aime son style son écriture, son approche... J'ai hâte au prochain.
Toujours aussi prenante lecture d'un monde pas si insensé, étonnant, qui s'invente au fil des pages. J'aime beaucoup le regard du garçon de café sur les femmes! Si on imagine assez vite par avance les possibles dénouements, il reste que c'est bourré d'humour et d'astuces !