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437 pages, Paperback
First published February 4, 2012
Hilarion, l’énigme des fontaines mortes, à l’image d’un salon de l’Ancien Régime, c’est avant tout une œuvre très bien habillée, poudrée et mouchée, pleine de détails savoureux… Malheureusement, il ne se passe pas grand-chose de suffisamment scandaleux pour qu’on en oublie l’heure.
Commençons par le chevalier Hilarion de S. Avec un nom pareil, j’étais vendue. Où puis-je lui envoyer mes billets doux ? Mais comme je n’aurais pas dû juger ce livre par sa couverture, je n’aurais manifestement pas dû juger son héros par son nom. On nous présente Hilarion comme un enquêteur redoutable. Disons que le principal élément redoutable à son sujet reste l’insistance avec laquelle le narrateur nous le rappelle. Côté charisme, Versailles peut dormir tranquille.
L’enquête, elle, se laisse lire, mais manque cruellement de révolution. Le mystère est là, certes, mais je ne me suis pas exactement retrouvée à secouer mon éventail de suspense. Je suis restée surtout pour l’atmosphère. Là, pour le coup, difficile de nier le talent de Christophe Estrada. La Provence de 1776 est minutieusement documentée, puis fidèlement ressuscitée sous sa plume. L’architecture, les mœurs, les hiérarchies, les décors, les odeurs, les petites cruautés sociales… tout cela est remarquablement vivant (même quand il s’agit de jeunes nobles assassinés).
Par moments, la plume se regarde toutefois un peu écrire, alors qu’on aurait volontiers échangé quelques volutes de prose contre davantage de volupté policière. Mais étant donné le pédantisme endémique du roman historique français, particulièrement lorsqu’il s’aventure sous les perruques de l’Ancien Régime, j’ai presque envie de féliciter l’auteur pour sa retenue plutôt que de lui en tenir rigueur.
Bref, une lecture agréable, élégante et joliment troussée, mais qui ne m’a pas suffisamment intriguée pour que je poursuive l’aventure. D’autant que le titre du deuxième tome, La couleur de l’Apocalypse, me paraît déjà dangereusement grandiloquent. Je doute qu’il suffise à me faire retourner ma redingote, mais si un jour ma PAL venait à manquer cruellement de prétendants et que ce tome me tombait entre les mains par un concours de circonstances, je pourrais peut-être accorder au chevalier Hilarion de S. une seconde audience.