Dès le matin, la poète prend le monde à bras-le-corps et observe l’ordinaire et l’extraordinaire de chaque jour. Ce qu’elle voit ? Ce qui est, la réalité qui coule dans l’instant et d’où elle tente de cueillir la joie. Comme bon lui semble, elle parcourt le territoire avec la force de son corps et parfois celle du vieux pick-up de son oncle Bernard. Avec son franc-parler, Marie-Andrée Gill appelle à accepter notre époque comme elle se présente, en questionnant les frontières qui se dressent entre soi et quelque chose d’infiniment plus grand qui n’a pas besoin de nom. L’espace d’un changement de vitesse, elle s’attarde à l’art du geste et à la réflexion dans une poésie amoureuse mais surtout relationnelle, qui invite à remonter le regard vers l’autre, à ralentir, à cohabiter, à embrasser ce qui est là, sans jugement. Toutes lumières allumées, elle éclaire le chemin à grande distance.
Marie-Andrée Gill est originaire de Mashteuiatsh et voue un culte aux métaphores savoureuses et à plusieurs poètes et écrivains. C'est tout naturellement qu'elle a entrepris d'écrire à son tour un premier recueil de poésie publié à compte d'auteur, Béante, en réimpression. Parallèlement, elle habite sur une montagne perdue et essaie d'élever ses trois garçons à coup de bandes dessinées, de dictionnaires et de mangas. Elle aime bien suivre des cours au Bac en littérature de l'Université du Québec à Chicoutimi et a très hâte de commencer un autre projet d'écriture parce que ça la fait vraiment « tripper ».
"avec vingt-six onglets ouverts j'essaie de comprendre c'est quoi les trous noirs on dirait que tout le monde comprend pis pas moi
c'est rien qu'une place où y a plus rien à part la masse pis deux autres affaires je pense"
je ne serai jamais une grande lectrice de poésie, mais j'ai lu celle-là, j'ai aimé les pages blanches du trou noir, j'ai lu ça dans le silence de mon bureau à un moment que j'ai choisi de rendre vide, puis de remplir de poésie, et je suis contente d'avoir fait ça, parce que de ces mots, je me sens un peu plus exister
4,5 ⭐️ C'était si bien écrit ! J'aime à quel point l'auteure est proche de la nature, la délicatesse qu'elle a pour décrire sa relation avec ce qui l'entoure. Un magnifique recueil de poèmes. Je vais définitivement regarder de plus près ses autres oeuvres.
"Passer du temps avec toi, c'est de l'eau douce, c'est toutes les fleurs qui s'ouvrent avec le soleil et vivent dans l'indifférence et la bonté les plus complètes"
J’ai lu un commentaire hier qui disait que c’était probablement le meilleur recueil de poésie depuis plusieurs années et je suis complètement d’accord. Je suis un peu gênée de dire que c’est mon premier recueil de Marie-Andrée Gill (mais j’ai bien l’intention de remédier à ceci!)
« Les humains, on insuffle de l’âme à tout ce qu’on veut. […] Un jour, on trouvera bien quelque chose d’autre, mais pour l’instant, c’est ça : on donne des prénoms à nos chars. »
What an eloquent writer, such a beautiful way of describing the routine was of our daily lives—makes you feel the whimsy and merveille of our quotidien :)
Magnifique recueil de Gill. J'ai préféré les parties du début, je pense que la poésie venait plus facilement à moi qu'à la fin. Mais chose certaine, ça soulève des questions et ça aide à colmater certaines de mes propres brèches.
À certains moments, je pogne le dalot trop de fois de suite et je me dévore. L'impression d'une naissance programmée pour acheter des cossins en spécial. L'impression d'être le petit salut d'une moto à trois roues ignoré par la moto à deux roues. L'impression qu'on ne peut pas m'aimer comme chus. J'ouvre mon canif et je le rentre dans tout ce qui fait mal.
[...]
Pendant ce temps-là, il n'y a plus de temps.
Le présente et l'éternité ont toujours été assis dans cette même seconde.
C’est pas juste beau, c’est aussi très drôle. Ça manie un art de la découpe (voire de la chute) qui fait coexister l’infiniment grand à l’extrême banalité, ça brosse un beau portrait du monde contemporain, dans toutes ses absurdités et ses contingences.
Ça a peut-être aidé qu’au moment où je lisais le magnifique vers « La sagesse de nos brisures s’installe lentement en nous comme un chat sur nos jambes », mon chat se tortillait sur mes genoux et me donnait de son amour. Toute est dans toute, comme on dit.
3.5 ☆ - J'ai passé un beau moment de lecture avec ce recueil, calée dans un bain à l'huile de freesia, alors que la pluie tambourinait à la fenêtre. Malgré ce cadre idéal, cette lecture n'a pas été pour moi un coup de coeur, contrairement à ce qu'elle semble avoir été pour beaucoup d'autres. Peut-être attendais-je trop d'être renversée, qu'on allume en moi quelque chose que je n'avais jusqu'alors pas vu ni même perçu? Ce sont surtout les derniers fragments de texte et les remerciements de l'autrice, à la toute fin, qui m'ont le plus touchée — elle y salue notamment la neige, cet élément si cher à mon coeur, que la société s'évertue trop souvent à vouloir faire disparaître plutôt qu'à célébrer tout ce qu'il protège, éclaire et... allume en ce monde.
4,5 - La plume de l’auteure m’a tout de suite conquise! Elle transforme les petites choses du quotidien en des poèmes empreints de singularité et d’émotions.
Une belle poésie de l’instant présent. Allant de l’amour à la vie en passant immanquablement par la nature, Marie-Andrée Gill est vraie et crue et on aime tout de ça.
J'adore l'écriture de Marie-Andrée Gill! Une écriture qui reconnaît la beauté des petites (mais grandes) choses du quotidien! Une poésie dans l'ouverture qui nous invite à nous pauser et à aimer.
Quelle belle lecture douce et apaisante. Les mots font du bien, ont dirait qu’on se sent compris et ça donne envie d’être plus reconnaissant envers les simplicités de la vie.