Voici l'art de vivre de Dany Laferrière. Sous forme de maximes, de réflexions commentées, de rêveries, cent pages pour devenir soi-même un peu japonais.
« J’ai voulu savoir comment les choses s’étaient passées dans cette vie où je n’ai pas cessé de bouger, souvent malgré moi. Toutes ces villes où j’ai vécu (Port-au-Prince, Petit-Goâve, Montréal, New-York, Miami, Paris, Tokyo), assez pour les intégrer en moi sans devenir sédentaire pour autant. Je suis passé, à peine étonné, du sud au nord, du rhum au vin, de l’été à l’hiver, jusqu’à devenir un cerisier en fleurs. J’ai franchi clandestinement les frontières de classes, de races ou encore celles qui séparent un pays d’un autre. J’ai accumulé diverses expériences au fil des jours ensoleillés ou pluvieux, mais je n’avais pas encore évalué ce parcours. L’été dernier, j’ai découvert sous forme de réflexions fulgurantes, de haïkus langoureux, de descriptions hâtives d’un lieu, d’une situation ou d’un état d’esprit, ce qui s’était passé dans ma vie durant ce dernier demi-siècle. Lecteur horizontal, j’ai choisi de vivre dans ma baignoire ou dans mon lit sans quitter l’espoir qu’une inconnue frappe à ma porte. Je note que la plupart des gens veulent savoir ce que l’écrivain cache alors que je me contente de ce qu’il tente de me faire voir. Pour rester dans cette simplicité proche de l’enfance, j’ajouterai que je lis une page les yeux ouverts, pour la repasser dans ma tête les yeux fermés. L’eau chaude de la baignoire me permet de fuguer en regrettant de ne pas l’avoir fait à certains moments comme la fois où j'ai manqué de prendre cette petite route de terre qui m’appelle depuis si longtemps, et cela même si j’ignore où elle me mènera. J’ajouterai que c’est quand on n'a rien à faire que le temps devient précieux. Mais pensant que la vie est linéaire, je tente vainement d’en sortir en prenant le bon chemin au mauvais moment. Pour finalement comprendre que ces petites notes, comme des touches de couleur, me dessinent un portrait naïf. Ce mince livre m’aura pris plus de temps qu’aucun autre. »D.L
Né à Port-au-Prince en avril 1953, Dany Laferrière a grandi à Petit-Goâve. Il écrit pour le journal Le Petit Samedi soir et fait partie de l’équipe de Radio Haïti. Il quitte son pays natal à la suite de l’assassinat de son collègue et ami, le journaliste Gasner Raymond. Il s’installe au Québec où il occupe plusieurs emplois avant de commencer à écrire.
Son premier roman, Comment faire l’amour avec un nègre sans se fatiguer, paraît en 1985 (VLB). Le succès est immédiat et les réactions nombreuses. Laferrière devient alors l’un des principaux représentants d’une nouvelle génération d’écrivains dans le paysage littéraire québécois.
Dany Laferrière écrit ensuite Éroshima (1987), puis L’Odeur du café (VLB, 1991), qui est récompensé par le prix Carbet des Caraïbes. En 2000, près de vingt-cinq ans après son arrivée au Québec, il signe Le Cri des oiseaux fous (Lanctôt), roman dans lequel il témoigne des raisons qui l’ont poussé à quitter Haïti et qui remporte le prix Carbet des Lycéens. En 2006, le prix du Gouverneur général du Canada est décerné à son album jeunesse Je suis fou de Vava.
Habitant en alternance Montréal, New-York et Miami, l’auteur se considère avant tout comme un citoyen de l’Amérique. C’est dans cet esprit qu’il rédige ce qu’il appellera son Autobiographie américaine, un grand projet regroupant une dizaine de ses titres et qui dresse un portrait de l’Amérique, d’Haïti à Montréal, en passant par les États-Unis.
Dany Laferrière mène, parallèlement à ses activités littéraires, une carrière de journaliste et de chroniqueur, tout en faisant quelques apparitions à la télévision et au cinéma. Il a également scénarisé quelques longs-métrages, le plus souvent des adaptations cinématographiques de ses romans.
Édités en France chez Grasset, les livres de Dany Laferrière ont été traduits dans une douzaine de langues, dont le coréen et le polonais.
Laferrière a publié cinq romans aux Éditions du Boréal. Son plus récent livre, L'Énigme du retour, est en lice pour le prix France Télévision, le prix Wepler et le prix Décembre. En plus, il se trouve déjà en deuxième sélection pour le prix Médicis 2009 ainsi que pour le prix Fémina 2009.
Biographie tirée du site Internet des éditions Boréal.
Un plaisir de lecture, comme toujours avec Dany Laferrière! Un style incroyable, des réflexions sublimes et une économie de mots qui démontre une maitrise la langue et un talent de mise en perspective hors du commun. Bref, j’ai adoré!
Une certaine lecture de vacances: en congé, on oubli l’heure et on prends le temps. C’est exactement ce que nous propose ce livre: des réflexions sur le temps et sur son temps ( je me sens poète), mais qui s’apprécie en prenant le temps de prendre le temps.
Belle lecture de vacances qui s’accompagnera bien d’un polar bien ficelé ensuite.
Je risque de relire et de marquer certains passages (oui oui, je vais m’offrir ce sacrilège pour ce livre).
recueil de plein de petites pensées qui font réfléchir mais qui, surtout, réchauffent le cœur : « à Montréal, c’est la vieille dame qui, sortant ses pots de fleurs sur le balcon, accélère l’arrivée du printemps »
« Une culture qui ne tient pas compte des vivants est une culture morte »
Des poèmes qui font sourir, réfléchir, qui rendent nostalgiques, mais qui restent énigmatiques par moment.
Un de mes auteurs préférés parce que ses phrases me foncent tout droit dans le coeur et dans la tête me plongeant toujours dans une nostalgie qui me réconforte parfois, mais me touche toujours.
Une lecture à revisiter à travers les semaines et les mois pour se laisser surprendre et charmer par des extraits dont la résonance évolue avec le temps.
« Lire n’est pas nécessaire pour le corps. Seul l’oxygène l’est. Mais un bon livre oxygène l’esprit. » ce recueil regorge de telles perles sublimes, autant de réflexions sur le métier d’écrivain que l’être humain. L’amour, le temps, l’enfance, le café - tout y passe. Ça ne change pas le monde mais ça fait réfléchir - et ça fait du bien.
Belle lecture, avec quelques extraits et haïku qui m'ont inspiré. Plaisant mélange chaotique d'introspection, banalités, amour, voyage, qui se tient ensemble avec la belle plume de Dany Laferrière.
"Tout dans la vie nous paraît trop lent quand on court vers un premier baiser"
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Je suis mitigée, certains passages me semblent inaccessibles tandis que d’autres ont visé juste, m’ont fait sourire. J’ai l’impression que je serai surprise par une seconde lecture. À suivre.
J’apprécie toujours autant le style de Dany Laferrière. Il assume son temps de oisiveté pour absorber ses pensées et émotions. La précision de cette écriture en haïku est pour moi vraiment intéressante.
Ce recueil est un baume pour le coeur, la tête et les émotions. Une écriture légère au bout d'une plume de plomb tout en intelligence, car j'ai pris le temps de déguster puisqu'on prends son temps en poésie comme dans toute choses de la vie voilà ce qui me revient le plus évident, l'art de vivre en passant par tous les arts, mais surtout l'art de dédramatiser avec un vocabulaire accessible. Je compte bien vous rencontrer et dès maintenant vous faite partie de ma quête des salons.
C’est le premier livre de cet auteur que je lis. J’imagine que ce n’est pas son style habituel. Mais je n’ai pas beaucoup aimé. Il m’aurait fallu relire à plusieurs reprises les nombreuses pensées pour en saisir un certain sens. Peut-être que c’est voulu de ne pas toujours en trouver un. Seulement quelques unes des pensées m’ont soutiré un sourire.
Je ne suis pas le bon public. Je n’ai pas saisi la plupart des références. Je peux compter sur les doigts d’une main les passages que j’ai appréciés. Je ne ferme toutefois pas la porte à Laferrière.
Sympathique lecture. Or, Laferrière ne réussit pas ici à surpasser L'art presque perdu de ne rien faire, qui se veut encore à mes yeux l'un des meilleurs ouvrages qu'il ait écrit.
Dany Laferrière est un de mes auteurs préférés, ce livre est different, il est un peu sous forme de poème. J’ai apprécié ma lecture mais je préfère ces romans.
Fan de ce format de poèmes, je pense relire ce livre car à chaque lecture je pense pouvoir comprendre de nouveaux sens à ces écrits qui continuent de vivre