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Fais ça comme un grand

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« Je vous rassure : ce récit est tout de même lumineux. C'est l'histoire d'un petit gars qui souffre mais qui s'extirpe de ses malheurs par le biais de ses bandes dessinées, embrassant le pouvoir de l'art jusqu'à son paroxysme pour s'engourdir un peu mais, surtout, pour réaliser ses rêves. »

Bien connu des amateurs de BD, le dessinateur et animateur Tristan Demers livre dans ces pages l'histoire trouble d'un enfant vedette des années 1980 dont le public enthousiaste ignorait tout de la violence familiale qui a jalonné son parcours. Persuadé de l'importance de l'art et de son pouvoir salvateur, l'auteur raconte comment il a réussi à échapper à son enfance pour se construire une vie familiale épanouie et une pratique artistique inspirante.

116 pages, Kindle Edition

Published February 13, 2025

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About the author

Tristan Demers

100 books4 followers

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May 22, 2025
Comme beaucoup d’écoles canadiennes dans les années 90, la nôtre avait reçu l’auteur Tristan Demers. Connu pour sa bande dessinée Gargouille, cet artiste était venu enseigner aux jeunes des ateliers sur le dessin et la créativité visuelle.

De cette rencontre, je me rappelle surtout avoir vu un jeune homme passionné par son métier et son sujet; quoique j’ai malgré tout perçu en lui une certaine vulnérabilité et tristesse intérieure. Détails que j’avais moi-même réaperçu quand j’étais allé au salon littéraire du livre de Montréal et que j’étais passé devant son kiosque. Durant ces deux occasions, j’ai eu l’impression de percevoir un homme qui avait traversé des moments durs dans sa vie et qui employait le dessin comme refuge pour quitter une vie difficile.

Évidemment, je n’avais pas fait beaucoup de recherches sur lui à ce moment-là; donc tout ce que j’avais n’était que des soupçons. Mais durant les années 2000, j’étais tombé par hasard sur une première biographie que Tristan Demers avait rédigé sur sa carrière. Dans ce livre, il racontait ses déboires familiaux et professionels avec son père qui était son manager durant ses premiers projets avec Gargouille. Ce texte confirmait mes soupçons et rappelle combien de nombreux jeunes artistes ont eu à gérer des parents malcommodes; que ce soit Jay North (Denis la petite peste) qui se faisait maltraiter par sa tante qui chapperonait ses tournages et qu’il en a dévoilé les faits dans les années 90; ou des chanteurs comme Michael Jackson et son groupe les Jackson Five, dont les membres ont eu à gérer la personnalité volcanique de Joe Jackson.

En effet, bien que Joe Jackson était un excellent manager, ses manières n’étaient pas très tendres avec ses enfants. Celles-ci étaient si déplaisantes qu’elles avaient encouragé tous les membres à pratiquer plutôt la douceur et la générosité de leur mère dans leur travail et dans leur vie. Résultat, ils ont obtenus beaucoup d’amour de la part du public, mais cela les a mis à la merci de gens assez malveillants. Surtout Michael Jackson qui en a subi tout un calvaire durant les années 90 et 2000 avec de nombreux parasites, avares, calomnieux et charognards; ce qui lui en a brisé le coeur vers la fin de sa vie.

Et c’est un peu cela que ce livre de Tristan Demers nous présente. Dans une version mise à jour et enrichie de son parcours professionnel et personnel récent, on découvre ses tourments familiaux et sa vie après après avoir coupé les ponts avec son père. On découvre aussi comment il a composé et développé sa carrière à ses débuts, mais aussi son esprit d’affaires avec une carrière fructueuse tout cela en n’ayant pas eu la chance de terminer son secondaire; et cela même si comme il l’avoue il n’a pas des connaissances certaines techniques graphiques (ex: la perspective). Concernant ce succès, c’est aussi celui-ci qui lui a fait recevoir des attaques déplaisantes de cliques snobs du milieu de la BD, mais aussi de certains médias.

À titre d’exemple, Tristan présente brièvement une entrevue avec une animatrice radio qui a été très désagréable. Le langage qu’elle a employé dans cette entrevue, mais aussi dans un ascenseur à ses côtés, était assez ignoble et dénigrant et me semblait plus être de la projection face à elle-même, sa carrière et son égo malveillant et suffisant. Et venant de la part d’une animatrice radio envers un adolescent de 13 ou 14 ans, ce genre de réflexion était assez inapproprié. Oui bien sûr, les premiers dessins et projets de Tristan n’étaient pas aussi avancés que ceux de ses collègues. Mais c’est tout à fait normal puisqu’il a quatorze ans. Au fil du temps, il a enrichi et développé son talent et celui-ci lui a permis de faire de beaux projets.

Et bien que j’ai un regard fort critique envers les médias du Québec et sa culture de cliques médiatiques — surtout dans l’Empire Québécor avec son côté bling-bling et superficiel et surtout sa presse tabloid — je suis ravi que Tristan Demers a pu enrichir le patrimoine de la BD au Québec et dans le Canada francophone. Car considérant que beaucoup de jeunes ont de la difficulté à s’affirmer, à s’exprimer et à faire quelque chose de constructif dans leur quotidien, cet adolescent a développé par lui-même ses talents visuels, sa créativité et son esprit d’affaires; faisant de lui une icône des médias francophones au Canada. Grâce à lui, des jeunes ont réalisé le potential du septième art au Québec; à savoir comment il peut atteindre ce qui se fait en France ou en Belgique.

D’ailleurs cet amour-là pour la BD franco-belge s’est répétée aussi dans ses livres sur le patrimoine de Tintin et d’Astérix, mais aussi dans ses entrevues avec des légendes de ce milieu, comme Jacques Martin (Alix, Lefranc, etc.). Des entrevues assez réussies et que je conseille à plusieurs de découvrir.

Alors, que quelqu’un comme Tristan Demers a réussi à faire tout ce travail tout en composant avec un passé difficile, je trouve cela admirable.

En fait, tout cela me rappelle beaucoup ce que JK Rowling a eu à composer de son côté. En effet, comme elle l’a dévoilé dans des entrevues, dans un documentaire en 2007, et dans un podcast, elle a développé son talent tout en gérant des moments difficiles dans sa famille; notamment le décès de sa mère suite à la sclérose en plaques, un divorce suite à un premier mariage catastrophique et houleux, des rapports pénibles avec un père qui la terrifiait, qui n’était jamais satisfait de ce qu’elle faisait et qui, comme plusieurs dans sa famille, était rempli de préjugés et jugements assez faciles sur les autres.

Évidemment, ce livre de Tristan Demers n’est pas facile et aborde beaucoup de sujets difficiles comme la violence familiale. Mais c’est un livre qui permet de rappeler à beaucoup de lecteurs et de lectrices comment de nombreux créateurs et créatrices ont su développer des carrières fructueuses à travers des vies familiales difficiles.

Et dans ce texte écrit à au moins 140 pages, l’auteur présente de façon assez claire, nette et détaillé les faits de sa vie et de sa carrière.

En somme, ce livre est une belle occasion d’en apprendre plus sur cette icône de la BD canadienne et de la culture québécoise qu’est Tristan Demers, dont les ventes de sa série Gargouille ont dépassé le 1 million d’exemplaires. C’est aussi la chance pour lui de démontrer comment, malgré des faiblesses académiques et des situations personnelles pénibles, n’importe qui peut se construire avec ses talents, les nourrir, et enrichir sa vie et celles des autres.
Profile Image for Annie Laflèche.
1,122 reviews13 followers
April 25, 2025
Cette lecture m'a complètement bouleversée. J'étais fan du petit gars qui dessinait pour le club des 100 watts, mes enfants adoraient le suivre à la télé et j'ai dévoré la plupart de ses documentaires. C'est fou d'avoir été jeté aussi rapidement dans le monde des grands ! Contente de voir qu'il s'en est bien sorti malgré tout.
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