« Je l’ai pris et je l’ai mis dans le temps gris, près de la mer, je l’ai perdu, je l’ai abandonné dans l’étendue du film atlantique. Et puis je lui ai dit de regarder, et puis d’oublier, et puis d’avancer, et puis d’oublier encore davantage, et l’oiseau sous le vent, et la mer dans les vitres et les vitres dans les murs. Pendant tout un moment il ne savait pas, il ne savait plus, il ne savait plus marcher, il ne savait plus regarder. Alors je l’ai supplié d’oublier encore et encore davantage, je lui ai dit que c’était possible, qu’il pouvait y arriver. Il y est arrivé. Il a avancé. Il a regardé la mer, le chien perdu, l’oiseau sous le vent, les vitres, les murs. Et puis il est sorti du champ atlantique. La pellicule s’est vidée. Elle est devenue noire. Et puis il a été sept heures du soir le 14 juin 1981. Je me suis dit avoir aimé. » Marguerite Duras
Marguerite Germaine Marie Donnadieu , known as Marguerite Duras, was a French novelist, playwright, screenwriter, essayist, and experimental filmmaker. Her script for the film Hiroshima mon amour (1959) earned her a nomination for Best Original Screenplay at the Academy Awards.
Per a què servirien les paraules? Per a indicar les imatges. L'obra de Duras no és ni romàntica, ni expressionista, ni impressionista, ni abstracta, ni generalitza. El que és, és un nou tipus de llenguatge literari basat en un vell tipus d'imatge, imatge holandesa, imatge rembrandtiana o vermeeriana, en què el que importen no són els cossos visibles que es presenten sinó les forces i els afectes que alliberen, allò que els enllaça i estreny, allò que els cossos afectats pateixen en silencis estremidors. I ara que hi penso, són com aquests cossos muts de Francis Bacon, que pateixen grans estertors en silenci i quietud.
Leer este "poema en prosa" o "pequeña novela" se sintió, literalmente, como una escena de película en un bar de jazz, donde escuchas a la artista declamar, perdiéndote un poco, pero disfrutándolo.
《 Vous penserez que le miracle n'est pas dans l'apparente similitude entre chaque particule de ces millards du déferlement continu, mais dans la différence irréductible qui les sépare, qui sépare les hommes des chiens, les chiens du cinéma, le sable de la mer, Dieu de ce chien ou de cette mouette tenace face au vent, du cristal liquide de vos yeux de celui blessant des sables, de la touffeur irrespirable du hall de cet hôtel passé de l'éblouissante clarté égale de la plage, de chaque mot, de chaque phrase, de chaque ligne de chaque livre, de chaque jour et de chaque siècle et de chaque éternité passée ou à venir et de vous et de moi.》
I just read that this short story is the audio transcription of a film she directed. It is a touching love letter written by a woman to the man she loved, as she could see the end of their relationship coming. It is about the end of their love, and how to face it, how to cope with it, how to live it.
It is short, 31 pages, but beautifully written. It even sounds more beautiful if you read it slowly, out loud.
I loved it. I will read it again and again, for sure.
This entire review has been hidden because of spoilers.
Que faire si vous voulez lire "Sur la photographie" de Susan Sontag ou la "Petite histoire de la photographie" de Walter Benjamin, mais vous n'avez ni le temps, ni l'envie, ni franchement parlant l'érudition nécessaire pour absorber ces deux volumes. Ben, vous pouvez lire "L'homme Atlantique", c'est poétique, cela parle de la même chose et c'est sensiblement plus court ;)
on m’a dit que lire duras serait étrange et puis c’était vrai.
il y a un amour qu’elle raconte dans ses pages, et elle le rend un peu vague, un peu incompréhensible. il y a des souvenirs et elle les immortalise en cicatrices, en maux (en mots aussi), mais surtout en poèmes mélancoliques.
on dit que le plein été s'annonce, c'est possible. je ne sais pas. que le roses sont là déjà, dans le fond du parc. que parfois elles ne sont vues par personne durant le temps de leur vie et qu'elles se tiennent ainsi dans leur parfum, écartelées, pendant quelques jours et puis qu'elles s'effondrent. jamais vues par cette femme seule qui oublie. jamais vues par moi, elles meurent. je suis dans un amour entre vivre et mourir. c'est à travers ce défaut de votre sentiment que je retrouve votre qualité, celle justement de me plaire. je crois etre seulement attachée à ce que la vie ne vous quitte pas, pas autrement, le déroulement de celle- ci me laisse indifférente, elle ne peut que me rendre la mort plus proche, plus admissible, oui, souhaitable. c'est ainsi que vous vous tenez face à moi, dans la douceur, dans une provocation constante, innocente, impénétrable. vous l'ignorez.
libro de ausencias, de desgastes, de amor, de camaras invisibles, de soledad, de tantas cosas, es un librito pequeño, apenas de unas 30 paginas pero es gigante por dentro, exquisito.