En basse-ville de Québec, Pauline adore absolument tout de sa vie : l’école (elle commence enfin le secondaire !), son meilleur ami Noa, les lumières de Noël en été, les soirées brochettes aux guimauves-jujubes et les soupers poulet du vendredi.
Mais voilà qu’une dégringolade d’événements s’acharne à atténuer la brillance du quotidien de Pauline et de son papa, Paul, dans leur merveilleux trois et demie. C’est que « La Chose », qui dort dans la tête de Paul depuis très longtemps, menace maintenant de prendre le contrôle… de tout.
Pendant le séjour à l’hôpital de son père, Pauline doit emménager en hauteville chez sa grand-mère stricte et jusqu’alors inconnue. Sans son papa, leurs soupers féériques de brochettes et Noa, Pauline est… perdue. Ce qui brillait lui semble maintenant tout gris. Entre les draps de satin et la volaille abondante, elle devra retrouver par elle-même son éclat légendaire.
Encore une fois, avec l’autrice, nous avons droit à une lecture bonbon. Ça se lit tout seul, c’est fluide, et on ressent tellement fort les émotions de Pauline. Un bon récit de jeune adolescente, qui a encore un pied dans l’enfance. Et que dire de toutes ces images qu’amène l’autrice grâce à son écriture? J’adore!
Chaque évènement qui découle de La chose est affronté par Pauline avec beaucoup de calme je trouvais 🥹 quand la grand-mère annonce certains changements, j’étais bouche bée. Pourtant elle affronte tout, même si on sent une certaine accumulation par moment, ce qui rend le tout parfaitement réaliste 🤍
Sur une note plus adulte, ça m’a aussi amené à réfléchir aux changements qu’on impose aux enfants, en se disant que ce sera mieux pour eux. Certains choix semblent pourtant manquer d’écoute ou d’empathie…
Et que dire des personnages! Noa, il m’a teeeeellement fait rire, surtout avec les vêtements de la grand-mère! La relation père-fille aussi, magnifique et remplie de douceur, ou encore la grand-mère, qui, malgré sa froideur, arrive à nous prendre par les sentiments à certains moments.
Bref, pour une lecture assurément colorée, sans longueur, avec toutes sortes de péripéties dignes du début du secondaire, ce livre est assurément un bon choix ! Avec des personnages attachants, j’ai déjà hâte à la suite! 🍬
Autant j’ai ris aux éclats, que par moment j’ai eu envie de pleurer.
Elizabeth a su aborder le thème de la santé mentale de manière sincère, douce et compréhensive. Les personnages sont attachants, certains frustrants, mais on peut se reconnaître dans chacun d’eux. C’est important de démontrer à quel point la maladie n’est pas toute noire ou blanche. C’est souvent gris. Et ça peut être oh combien difficile pour les gens autour de comprendre.
J’ai adoré le personnage de Pauline. Sa répartie, son ouverture d’esprit, son humour, mais surtout sa capacité à tenir tête lors de situation d’injustice.
J’ai énormément hâte de lire la suite, retrouver les personnages auquel je me suis attachée tellement rapidement et voir leur évolution.
Je trouve que c’est un roman tellement important à faire lire aux jeunes. Chapeau.
PS : Les moins jeunes devraient grandement le lire également. Me semble que la société se porterait mieux si on était tous un peu comme Pauline.
J'ai beaucoup aimé ma lecture de ce premier tome. L’histoire se dévore rapidement grâce à des chapitres courts et des dialogues fluides qui rendent le rythme très dynamique. Ce que j'ai particulièrement apprécié, c'est la manière dont le roman aborde avec justesse des thèmes importants comme la santé mentale, la monoparentalité, les amitiés et les questionnements d'une jeune adolescente dont la vie bascule.
Si je n'ai pas mis la note maximale, c'est en raison du manque de profondeur dans ce premier tome. J'aurais aimé que la maladie de Paul soit davantage explorée et mieux expliquée. Avant que le mot « schizophrénie » soit mentionné, j’avais l’impression qu’il souffrait de dépression, car les informations à ce sujet restaient trop floues.
Malgré cela, j'ai très hâte de découvrir le deuxième tome, car beaucoup de mes questions sont restées sans réponse.
Je recommanderais ce roman aux jeunes de 12-13 ans, surtout à ceux et celles qui aiment Le Journal de Dylane et l'humour.
J’ai reçu « La chose » de la part des éditions Les malins avant-hier et je n’ai pas pu résister à directement le commencer 🤭
C’est un roman jeunesse / adolescent qui parle de schizophrénie.
Pour vrai, les romans jeunesses qui parlent de santé mentale, qui est un sujet encore beaucoup trop tabou et peu discuté, ça me PARLE TELLEMENT.
Parce que les adolescents ne connaissent pas ces choses-là et que c’est tellement important de pouvoir en apprendre plus et/ou de se sentir compris(e) à travers une lecture.
Tellement le genre de livre que la jeune adolescente en moi adore.
Dans ce roman, en plus de parler de schizophrénie, Elizabeth Baril-Lessard traite aussi des thèmes suivants: ~Amitié ~Premier amour ~Sclérose latérale amyotrophique ~Homosexualité ~Adoption ~Lien familiaux
Vous savez donc quoi lire si ces sujets vous intéressent 👀
Wow, ce que je retiens d’abord de ce roman c’est la plus siiiii colorée d’Elizabeth. Elle a une façon si particulière de dire les choses, c’est charmant! Ça amène un attachement immédiat avec Pauline, son personnage.
La deuxième chose que je retiens, c’est clairement les sujets évoqués. Parle de santé mentale et de pauvreté dans un roman jeunesse, sans sombrer dans le mélodrame, c’est vraiment réussi! J’ai adoooooré la naïveté de la narratrice face à sa propre vie et la prise de conscience qui vient ensuite.
On place beaucoup de choses dans ce premier tome, j’ai hâte d’en savoir plus, entre autres sur Paulette et Bertrand et sur l’avenir des Pauls.
J’ai apprécié chaque moment passé aux côtés de Pauline, la charmante petite héroïne de 12 ans. Une Pauline sensible, mature et vivante. Une petite fille loyale, qui voit le beau et le bon un peu partout autour d’elle. Elle grandit dans le quartier populaire de St-Sauveur, dans la basse-ville de Québec. Une vie simple, qui frôle la pauvreté. Une vie qu’elle décrit comme belle, idéale, voire même merveilleuse aux côtés de son papa et de leur relation enveloppante… Jusqu’au jour où Paul, son papa devra aller à l’hôpital pour traiter « la chose » qui est dans sa tête. « La chose » étant une schizophrénie développée par son père à l’âge de 19 ans mais qui était, jusque là, bien contrôlée. Elle ira vivre chez sa grand-mère paternelle qui lui fera vivre un tourbillon d’émotions et un perpétuel conflit de loyauté. Une nouvelle relation franche, étonnante mais tellement bienveillante.
J’ai adoré les personnages, bien que certains auraient pu avoir un peu plus de profondeur. La narration rythmée m’a bien plu. J’ai été touchée par le fait que le réconfort de Pauline coexistait dans deux univers complètement différents: celui avec son papa dans son petit 3 1/2 en basse-ville où se multiplie l’amour et de simples mais mignonnes traditions entre voisins et celui avec sa grand-mère, en haute-ville, où elle trouvera son réconfort au sein de son amour grandissant pour sa mamie ainsi que de son nouveau nid où elle ne manquera absolument plus de rien. Un roman touchant, vrai, qui gagne à être lu.
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La plume de @elizabeth.baril_lessard ne m’était pas inconnue puisque j’ai lu tous les livres de sa série « Ma vie de… » qui traite de l’anxiété et du TDAH chez les jeunes.
La chose touche aussi la santé mentale, mais on aborde plutôt la schizophrénie. On suit la jeune Pauline, qui entre en secondaire 1, à travers sa découverte de la maladie de son père : la chose qui occupe beaucoup de place dans sa tête et qui prend parfois le contrôle.
Je trouve que c’est super important de sensibiliser la population à ce genre de maladie et qu’il faut en parler pour que ce soit moins tabou. Chapeau d’aborder ce thème dans un roman jeunesse!
Dans ce premier roman de la série, j’ai trouvé que la chose aurait pu être explicitée un peu plus, mais comme elle est vue par des yeux d’enfant de 12 ans, je crois que c’est aussi normal qu’on ne sache pas tout dès le début. J’ai bien hâte de découvrir la suite pour en apprendre plus!
J’ai hâte aussi de suivre l’évolution de la relation entre Paul, (père), Pauline (fille) et Paulette (grand-mère) puisqu’il y avait beaucoup de tensions et de choses à régler!
J’ai trouvé intéressant aussi qu’on aborde le thème de la pauvreté, comment c’est vu des yeux des personnes plus fortunés et d’une enfant qui le vit comme réalité depuis toujours, deux points de vue totalement opposés!
Je ne savais pas trop à quoi m'attendre avec ce roman et j'ai été agréablement surprise et, surtout, touchée.
Je me voyais tellement en Pauline. J'ai beau avoir vécu la maladie et l'hospitalisation de mon père dans ma vingtaine, je n'étais pas bien loin de la jeune de douze ans, déboussolée à souhait. J'avoue que la narration m'a arraché quelques larmes lors de ma lecture... Le mélange de candeur et de maturité de Pauline font d'elle un personnage particulièrement agréable à lire. Les personnages secondaires amènent beacoup de couleurs à l'histoire.
Un texte drôle, honnête et juste, j'aurais tellement aimé avoir cette série lorsque j'avais l'âge de Pauline. Bien hâte de voir la suite.
Dites-moi que le deuxième tome est pour bientôt? 🤭 Beaucoup de sujets sont abordés dans ce roman, et même si je les anticipais, car j'avais la crainte que ce soit lourd pour une lecture d'ados, l'autrice a su les évoquer et les faire progresser de brillante façon en y ajoutant sa couleur, sans tomber dans le mélodrame et la pitié.
Conquise, je suis!
J'ai hâte de savoir ce que l'avenir réserve aux Pauls, mais surtout à Pauline. J'ai aussi hâte de savoir ce qui adviendra des différentes relations entre les adultes, mais aussi entre Pauline et Noa... 😌
Un roman léger, abordant des thèmes complexes... complexes, comme peuvent l'être le passage de l'adolescence et la vie au secondaire.
Cette nouvelle série québécoise propose de traiter un enjeu encore mal représenté en littérature jeunesse, mais qui tend à se manifester davantage en littérature québécoise jeunesse, ces dernières années. Il s'agit de la santé mentale d'un parent et pas la moindre des maladie: la schizophrénie, un trouble psychotique chronique qui peut se développer avec l'âge si on est dans un cas génétique, mais qui peut aussi se développer à la consommation de certaines drogues. Pour ceux et celles que ça intéresse, "La schizophrénie est un trouble mental caractérisé par la perte de contact avec la réalité (psychose), des hallucinations (en général, le fait d’entendre des voix), de fausses croyances auxquelles on se tient fermement (délires), des troubles de la pensée et du comportement, des expressions émotionnelles diminuées, une diminution de la motivation, un déclin de la fonction mentale (cognition), et un fonctionnement anormal dans la vie quotidienne, qu’il s’agisse du travail, des relations sociales ou des soins personnels". ( Source: Merck, en ligne)
Dans le monde de la fiction, cette maladie est souvent présenté dans ses rares cas d'hallucinations visuelles ( la majorité étant plutôt auditives), avec des personnages au comportement proches de la psychopathie ( atrophie de la faculté d'empathie) et même avec des tendances meurtrières, paranoïaques ou même sexuellement déviantes. Cette image extrême et rare, entretenue par le cinéma, n'aide pas à avoir une représentation réaliste des personnes vivant avec ce trouble. C'est malheureusement fréquent que le monde de la psychiatrie et de la psychologie tourne au sensationnalisme et à l'exagération dans le monde de la fiction, je trouve. Je fais ce parallèle parce qu'ici, dans ce roman, nous allons vous en sortir de cette vision inexacte et mal comprise qu'est la schizophrénie. Oui, il y a des enjeux, mais plutôt qu'un sempiternel maniaque malveillant en pleine psychose, il sera question d'un papa.
Paul vit avec sa fille presqu'ado Pauline, qui a environ 12 ans et entre au secondaire cette année. Ces deux là se sont créé au fil du temps un cocon douillet, avec des surnoms doux, des soirées à regarder leur émission préféré en mangeant des bonbons. Pauline ne doute pas de l'amour de son père, qui tient son rôle dans une affection sincère et le désir d'être présent pour sa fille. Toutefois, lorsque Paul s'apprête à commencer un nouveau travail qui semble l'enchanter, il ne tarde pas à se retrouver à l’hôpital, à la surprise de sa fille. Désorientée, Pauline pourra compter sur son unique et meilleur ami, Noah, pour se préparer à aller à l’hôpital, où son papa adoré devra lui annoncer la suite: Elle devra aller vivre chez sa grand-mère, qu'elle ne connait pas, le temps qu'il se remette du retour de "La chose". Une grand-mère qui a mi son fils dehors quand il a fait sa toute première crise psychotique.
Il y a beaucoup d'axes dans ce livre, en réalité. Le premier est bien sur la relation entre Pauline et son père, qu'on devine très papa-poule à sa façon. Pauline a donc un côté très "innocent" à sa manière, elle qui devient lentement une ado. À sa décharge, tous les jeunes de 12 ans ne sont pas au même diapason en terme de maturité et de pragmatisme. Pauline me semble plutôt la petite fille insécure, qui s'est longtemps trouvée confortable dans son petit monde, cette bulle composée de son père, son meilleur ami et des deux pères de ce dernier. Voir son monde bousculé, alors même qu'elle vivait une transition vers le secondaire, peut donc sembler vertigineux pour ce type de jeune ado. De même, on ne sait pas d'emblée de quelle nature est la maladie de Paul. On appelle cette présence dans sa tête :La chose. C'est vague et il est difficile de savoir quels enjeux sont les siens. Il faudra attendre la grand-maman pour avoir le nom de la maladie.
Le second axe est celui avec la grand-maman, Paulette ( décidément, le Clan des Pauls s’agrandit) cette femme bourgeoise dont les propos peuvent être blessants. Elle semble faire preuve de moult préjugés, tout en ayant une grande culture. Elle s'exprime bien, avec quelques choix de mots franchouillards comme "faire ses courses", mais son approche a quelque chose de distant. C'est un personnage ambivalent, quelque part entre son désir de bien faire et son intérêt pour sa petite fille qu'elle rencontre enfin, et sa gestion émotionnelle difficile et ses idées fixes. Je décode cependant que c'est une femme qui a élevé son fils seule, jamais un quelconque époux n'a été évoqué, ce qui laisse entendre qu'elle a géré son fils malade seule. Elle ne semble pas avoir beaucoup de vie sociale non plus, ce qui me laisse penser qu'elle vit de l'isolement social. Cette femme a également une propension à se réfugier derrière une façade de convenance et de froideur pour mieux échapper à un trop plein émotif, ce qui dénote une gestion émotionnelle très pudique et carrée. Un peu comme si ça ne faisait pas de se laisser aller à ses émotions.
Pour en avoir longuement entendu parler dans ma vie, la détresse des parents faisant face à la maladie mentale, trouble mental, neurodivergence ou trouble du comportement de leur jeune existent et elle est malheureusement trop souvent minimisée. Quand j'ai lu que Paulette a mi Paul dehors, alors qu'il était jeune adulte ( 19 ans), j'ai tout-de-suite penser à ces parents complètement démunis, épuisés et à bout de ressources, parfois monoparental et sans la moindre aide psychosociale. Je ne suis pas en train de dire que ce que Paulette a fait est louable, je dis seulement que souvent, ce genre de comportement est le signe d'une immense détresse psychologique et sociale. Nous en avons pleins, actuellement, au Québec, de ces parents épuisés et à bout de souffle, qui ne reçoivent pas de soutient parce que le cercle social les a exclus, parce que leur enfants est trop souvent en crise, ou que la garderie/école ont exclus leur enfant en bris de fonctionnement, dont on a abandonné l'idée de les accommoder. La réalité sociale fait que par manque d'empathie et de compréhension de leurs enjeux, ces familles sont souvent isolées, stigmatisées et sans ressources. Les délais pour obtenir des services psychosociaux ou des évaluations pour déterminer les enjeux de leur enfants sont très longs, on peut parler d'années d'attente. Dans ce contexte, on a affaire à des familles dites "à risque". À risque que les parents s'écroulent psychologiquement, à risque que leur enfant soit isolé sur le plan scolaire et sociale, à risque de ne plus avoir d'appuis sur lequel compter pour gérer une situation pleine de défis et, à risque que des drames surviennent. Comme de chasser un jeune de chez soi.
J'espère que nous verrons mieux ces enjeux dans les autres tomes, parce que je trouve que la plupart des enjeux traités dans le roman restent de surface. On ne plonge pas loin dans les enjeux et les personnages sautent rapidement d'un état à un autre sans réelle cohérence. Par exemple, Pauline ne met que quelques jours à se défaire de son allégeance parentale pour défendre sa grand-mère qu'elle démonisait il y a peu. Paulette a mit une journée pour se dire"prête à revoir son fils", alors que moins de deux semaines plus tôt, il n'était même pas question de le voir une seule fois". Je pense que ce serait intéressant de mieux cadrer les enjeux de la grand-maman par rapport à son fils, parce que ça manque de relief et que si on devine la culpabilité de Paulette d'avoir abandonné son fils à sa psychose, on comprend mal sa situation d'alors.
Je remarque souvent que le volet psychologique des personnages est flou et manque de contexte ou de description. C'est un élément assez récurent. On veut mettre beaucoup d'action, mais le danger est donc d'avoir des personnages un peu "plaqués", avec des émotions peu nuancées et des comportements difficiles à cerner. Ici, on a également beaucoup d'humour, mais cela peut amenuiser l'importance de certains dialogues entre les personnages, quand on s'en sert constamment. Par exemple, j'en ai eu rapidement assez de la récurrence de cette histoire de pieds mouillés lié au stress, ça devenait agaçant.
Un des axes vraiment peu exploité, et c'est dommage, est celui du père malade de Noah. Il est atteint de la sclérose latérale amyotrophique (SLA), également connue sous le nom de maladie de Lou Gehrig, une maladie neurodégénérative qui, de façon résumée, court-circuite les neurones chargées de recevoir les messages du cerveau pour faire bouger les muscles qu'on peut consciemment bouger. L'espérance de vie est de 2 à 5 ans, et la perte d'autonomie s'installe progressivement. C'est une maladie terrible, je trouve.
Malheureusement, ce volet de l'histoire est complètement occulté et on ne sait pas très bien comment Noah le vit, puisque ce personnage ne change pas beaucoup. Pauline et Noah ont des réactions curieusement minimes quand on connait les deux maladies que leur père respectifs ont développées, mais cela est peut-être du à leur manque flagrant de maturité et leur manque de connaissance desdites maladies. C'est peut-être dans les autres tomes qu'ils seront plus confrontés aux symptômes et enjeux autant de la schizophrénie que de la SLA. Pour le moment, ils sont un peu dans le déni et se concentrent plus sur leurs enjeux relationnels personnels.
Pendant que j'y pense: Quand Pauline se fait dire par sa grand-mère qu' "Orgueil et Préjugés" n'est pas un peu mature pour elle et qu'elle répond "Depuis quand les livres sont réservés à un groupe d'âge?" la libraire jeunesse que je suis aimerais lui répondre: Depuis que tout les sujets ne sont pas forcément adaptés à certains groupes d'âges. C'est là la difficulté supplémentaire d'être libraire en jeunesse. Par exemple, ces petites ados de 11 ans qui confondent "amour" et "obsession sexuelle" dans les romans érotiques violents destinés aux adultes avertis , précisément parce qu'elles n'ont pas la maturité affective pour traiter la différence entre un fantasme sexuel et le vrai sentiment amoureux. Autre exemple: Les enfants de moins de 5 ans n'ont pas la capacité d'abstraction nécessaire pour traiter la "mort", c'est donc très difficile de trouver des livres sur le sujet adaptés à ce groupe d'âge. La permanence de la mort ( comprendre que la mort est dénitive et universelle aux âges) n'arrive généralement qu'autour de 9 ans. Le fait est qu'il existe des stades développementaux chez les humains en développement, entre 0 et 25 ans, et j'ajourerais que le niveau scolaire a aussi beaucoup d'importance dans le choix d'un livre. Donc, Pauline a raison dans le sens où plusieurs livres sont assez passe-partout sur les âges, mais se trompe en pensant que tous les livres sont tous adaptés aux différents lectorats, ce n'est pas aussi simple.
J'ai apprécié la présence des personnages de Philomène et Clémence, même si elles aussi, on ne les voient pas beaucoup. Dans un roman qui accord de l'importance aux femmes fortes, qu'on devine aux choix de romans de Paulette et Pauline, ces deux jeunes filles d'école privée cassent le vieux moule stupide des petites garces riches et mesquines. Au contraire, elles sont empathiques, attentives et solidaires, malgré quelques petites indélicatesses que je mets sur le dos de leur jeunesse, bien intentionnées mais un peu maladroite. Reste que pour une fois, on est dans une logique de sororité, pas de rivalité, et ça c'est toujours le bienvenue.
J'aime également cette mamie bourgeoise qui casse un autre vilain stéréotype: Les adultes ne lisent PAS de littérature jeunesse. Mais quelle connerie! Si Orgueil et préjugés est plutôt un roman pour jeunes adultes ( jeunes majeurs) , Matilda et Les quatre filles du docteur March sont des romans de la littérature dite "intermédiaire", celle des 8-12 ans. Et Paulette se découvre un intérêt pour ces livres qu'aime sa petite fille, je trouve ça fantastique. C'est, en plus, une façon intéressante d'entrer en contact et de partager du temps de qualité.
Un autre axe peu abordé et qui se ne manifeste pas beaucoup dans les réflexions du personnage de Pauline, c'est son deuil maternel. C'est une enfant qui a connu le rejet d'un parent, partie on ne sait pas pour quelle raison. Je me rend compte que Pauline vit vraiment dans une bulle: Tout son univers affectif repose sur essentiellement deux personnes. J'aurais aimé en apprendre plus sur les impacts de cet abandon sur elle, sur ses perceptions, sur la construction de son identité et peut-être même sur son insécurité relationnelle. Comme il y a beaucoup d'axes dans le roman, je pense que l'autrice avaient beaucoup de balles avec lesquelles jongler, et que certaines sont peut-être juste tombées.
Donc, il y a du potentiel dans ce roman, mais il m'a semblé survolé et peu étoffé. Les sujets sont intéressants, mais peu explorés et vu la nature du sujet, il y aurait eu matière à apporter plus de sensibilité dans le traitement. Certains lecteurs.ices pourraient aimer cet aspect très simplifié, mais d'autres, comme moi, pourraient en prendre plus. Reste que je salue l'autrice d'avoir élaboré une histoire avec des angles encore relativement peu exploités en jeunesse et offrir à la santé mental un archétype plus réaliste, plus humain.
Pour un lectorat adolescent du premier cycle secondaire,12-15 ans+
Attirée par la couverture de ce roman jeunesse québécois, je me suis plongée dans La chose, tome 1 - Pied de poule mouillée. J'avoue que ma méconnaissance du québécois m'a beaucoup gênée au début puis moins. Quant à ce titre Pied de poule mouillée j'avoue ne pas avoir saisi !!
Ceci dit je vous présente Pauline, douze ans, elle vient de rentrer en secondaire et vit seule avec Paul son père. Son meilleur ami Noa est le fils adoptif de Bernard et de son compagnon. Quand vous saurez que Bernard est le meilleur ami de Paul, que tout ce petit monde forme une grande famille aimante, que Pauline est la plus heureuse des gamines, je vous laisse imaginer le drame quand Paul , rattrapé par la chose, est hospitalisé en service psychiatrique et Pauline envoyée vivre chez Paulette, sa grand-mère paternelle qu'elle n'a jamais rencontrée... le haut et le bas Montréal, l'aisance financière et les fins de mois difficiles, une mère et un fils ayant coupé tout contact ...
Elizabeth Baril- Lassard a la plume alerte, la narration est fluide, rythmée, ses personnages sont attachants même si certains me semblent rester dans l'ombre. Je m'interroge cependant sur le décalage entre l'âge de l'héroïne et les discours matures qu'elle tient; 12 ans c'est bien jeune pour pouvoir analyser avec autant de lucidité les faits et gestes et les sentiments des uns et des autres. mais bien sur ceci n'est que mon ressenti personnel. Une suite est attendue et répondra certainement à toutes mes interrogations.
Parce que je l'ai lu d'une traite et que j'ai passé un bon moment en compagnie de Pauline. Parce que j'ai été un peu déçue.
Elizabeth Baril-Lessard nous livre avec La Chose un roman touchant et sincère, où l’adolescence se heurte aux épreuves de la vie avec une justesse poignante. À travers les yeux de Pauline, une jeune fille qui voit son monde s’écrouler en l’espace de quelques jours, l’autrice explore avec sensibilité des thématiques profondes : la maladie mentale, le deuil, l’amitié et la quête de repères.
Ce qui frappe dans ce roman, c’est la manière dont l’autrice parvient à rendre palpables les émotions de son héroïne. Le style est fluide, les dialogues sonnent juste, et les descriptions, bien que parfois brèves, suffisent à installer une atmosphère à la fois pesante et lumineuse.
Cependant, si l’histoire se lit d’une traite et capte l’attention, certains lecteurs pourraient rester sur leur faim. Quelques développements semblent un peu rapides, et certains personnages, notamment Paulette, auraient mérité davantage de profondeur. De plus, la métaphore de "La Chose", bien que puissante, aurait pu être explorée plus en détail pour mieux cerner la complexité de la maladie de Paul.
Un must pour les bibliothèques scolaires. Un roman émouvant et sincère, parfait pour les jeunes lecteurs en quête d’émotions vraies.
À ma première lecture, j’ai été happée par cette histoire racontée par Pauline, dont la voix, un poil enfantine, est particulièrement douce. Vivante. Lorsque je l’ai feuilleté une deuxième fois, je me suis rendu compte que cette posture plus « enfant » qu’on sent dans le vocabulaire, les expressions et la structure des phrases pourrait peut-être freiner un lectorat plus âgé. Et pourtant, même si on vit avec Pauline-Dauphine son entrée au secondaire et que sa façon de raconter sa vie rappelle son âge, les thématiques de famille, de santé mentale et de conflit de loyauté qui sont abordés pourrait vraiment rejoindre un public plus mature aussi. Il faut dire qu’Élizabeth Baril-Lessard a une voix particulière, une plume qui enveloppe, rassure, qui semble tendre la main à ses lecteur·rices à travers les pages. J’ai aimé l’héroïne à fleur de peau, sensible, la construction de l’intrigue, les tiraillements du coeur ainsi que tout ce qui est installé ici, mais qui promet de se déployer plus tard. Une série à suivre !
Il y a quelque chose d’enveloppant avec la plume de Elizabeth Baril-Lessard. Il y a quelque chose de doux et de réconfortant pour le coeur à suivre les aventures de notre jeune héroïne Pauline alors que notre tête d’adulte sait ce qui s’en vient (probablement). Pour un roman classé dans le jeunesse (à ma bibliothèque), c’est un livre qui pourrait tout à fait être lu par les plus vieux, même si la voix un peu enfantine de Pauline risque d’influencer la lecture. Pourtant, c’est un livre résolument moderne dans son approche face à la maladie mentale, à la classe sociale, au passé familial, aux enfants qui grandissent et qui sont confrontés au monde parfois difficile . Le tout est bienveillant, sans toutefois cacher la noirceur… C’est un exercice d’équilibre que l’auteure a su bien exprimer dans ce roman.
J’ai bien hâte de découvrir la suite de cette série!
Je suis une grande fan d'Elizabeth Baril-Lessard. Sa façon d'écrire des choses touchantes tout en jonglant avec l'humour... c'est succulent ! Retrouver sa plume et ses titres de chapitres cocasses dans une nouvelle série avec des personnages tout aussi attachants, c'est franchement chouette! Encore une fois, elle réussit à aborder la détresse de la maladie mentale sans entrer dans la lourdeur et nous permet de plonger dans un roman jeunesse loin de tous les clichés. Vraiment, c'est un roman impeccable.
J'ai hâte de lire les prochains tomes pour en apprendre davantage sur les autres personnages et découvrir la suite de leurs histoires, particulièrement Bertrand et sa SLA...
Que j’aime cette autrice! Encore une fois, elle aborde des sujets sérieux (maladie mentale, pauvreté et chicane de famille) avec finesse et intelligence! J’aurai toujours un solide coup de cœur pour le nom donné à chacun des chapitres!
J’ai reconnu la naïveté de plusieurs de mes élèves de 6e dans Pauline, cet âge où on ne connaît de la vie que ce qu’on a vécu. Où ce qui normal est tellement différent d’un enfant à l’autre. C’est un personnage qui évolue tellement dans ce premier tome.
Quel roman ! Je ne m'attendais pas à parler de santé mentale dans un roman jeunesse. je m'attendais encore moins à pleurer et à comprendre un peu mieux la santé mentale ... Comment ta santé peut affecter ta vie, mais aussi celle des autres... C'est en toute subtilité et douceur que je me suis attachée tant aux personnages qu'à l'histoire. J'ai déjà hâte de lire la suite, pour mieux comprendre leur histoire !!
« Maudit qu’il est beau quand il parle franglais! Pourquoi est-il rendu mignon?! Je l’ai toujours adoré, mais je capote aussi sur le pouding chômeur et j’en n’ai jamais voulu me tremper la langue dedans pour autant. » (Baril-Lessard, Elisabeth. La Chose T.01: Pied de poule mouillée, p.23)
3.4 Premier tome prometteur où les phrases colorés et les personnages forts en personnalité donnent le temps à une série qui saura plaire à un jeune public.
Un roman qui aborde un problème de santé mentale, pour moi, c’est oui. Pour enlever les tabous, il faut en parler.
J’ai aimé ce roman. Pour des raisons personnelles, la maladie mentale du père de Pauline a touché une corde sensible en moi.
C’est encore mystérieux ce qui se cache derrière la relation de Paul et sa mère Paulette. Oui, oui, vous avez bien lu, ça fait beaucoup de prénoms qui commencent par Paul.
C’est rare que je donne une note parfaite à un roman jeunesse, mais celui-ci le mérite. La façon de parler de la santé mentale, de la pauvreté et de la différence entre les classes sociales est vraiment réussie. Le regard naïf de Pauline rend le récit touchant et très bien raconté. J’ai aimé autant détester qu’apprécier Paulette!
Superbe lecture, un gros coup de cœur, j'ai BESOIN de lire la suite. On aborde un sujet peu connu, avec des termes familiers. C'est un récit rempli de larmes, de rires, de wow et de bouteilles de ketchup. Je lui donnerais 10 étoiles si je pouvais.
J'ai adoré ma lecture ! avec lauteure, on découvre un univers de la santé mentale avec des expressions qui sort de l'ordinaire. Qui nous rappel que malgré tout les épreuves. On peut continuer d'avancer. J'ai bien hâte de découvrir la suite de l'histoire
Quel beau livre ! Un roman jeunesse qui aborde avec sensibilité le thème de la santé mentale. Je suis vraiment impressionnée : l’histoire est touchante et profondément poignante. J’ai toujours adoré cette autrice, et je suis agréablement surprise par la qualité de cette belle lecture !
J’ai bien aimé l’histoire, les personnages sont attachants, mais je trouve qu’il est trop remplis d’événements qui chamboulent Pauline (principalement).