Genève. Un homme en costume s’arrête devant un sans-abri, lui donne son portefeuille, tous ses vêtements, et s’éloigne, nu, une arme à la main. À travers la vitre d’un restaurant, il fait feu sur un client avant de retourner l’arme contre lui. Strasbourg. Une femme en accoste une autre dans la rue, avant de l’abattre et de se donner la mort. Même modus operandi. Pourtant, les tueurs ne se connaissaient pas et ne connaissaient pas leurs victimes.À la tête des Furies, un groupe d’assassins professionnels, Alecto comprend aussitôt : quelqu’un en veut à son business, peut-être même aux Furies. Mais qui ? Avec son équipe, dont l’indomptable Yvonne Chen, il fait face à une bande de tueurs d’un genre nouveau, pourvus d’aussi peu de scrupules que lui, et tente de sauver sa peau à l’heure où les Furies doivent affronter la Ruche. Nicolas Lebel, surnommé le « David Fincher du polar français », lauréat du Prix des Lecteurs du Livre de Poche, signe un thriller très visuel mêlant énigme, espionnage et action.
Tout commence avec un geste aussi troublant que déroutant : un homme se déshabille dans la rue, donne ses biens à un SDF, puis tue un inconnu dans un restaurant avant de se suicider. A quelques jours d'intervalle, un événement identique survient à Strasbourg, sans lien apparent entre les deux meurtriers.
En parallèle, nous retrouvons les Furies sur une plage au bout du monde. Mais alors qu'ils étaient censés disparaître pendant quatre mois à la suite de leur dernière affaire dirons nous. Alecto, leur chef, les contacte. Ils vont se retrouver, chacun de façon différente, mêlés à l'enquête. Très vite, les coïncidences s'accumulent et une machination d'une ampleur insoupçonnée commence à se dévoiler. le récit prend alors une tournure aussi captivante que inquiétante.
Mais qu'est ce qui peut bien pousser des personnes innocentes à commettre l'impensable ?
Un pitch original et percutant. Ce qui m'a immédiatement attirée vers ce roman, c'est ce scénario de départ absolument fascinant. Un homme qui semble agir sous l'emprise de quelque chose, sans mobile ni logique apparente. L'effet est immédiat : on veut comprendre, et vite.
Une intrigue bien construite. Nicolas Lebel maîtrise parfaitement les rouages du polar. L'enquête avance à un bon rythme, les révélations sont bien dosées, et l'ensemble est porté par une tension constante. L'alternance des points de vue et le jeu de piste psychologique renforcent l'immersion.
Une série policière solide. Même si La Ruche est le tome 4 des Furies, il peut tout à fait se lire indépendamment. Les personnages sont bien campés, notamment Yvonne. La dynamique interne est intéressante et ajoute de la profondeur à l'intrigue.
Une deuxième lecture réussie. C'est ma deuxième expérience avec Nicolas Lebel, et à nouveau, j'ai été conquise. Même si j'ai préféré Peines perdues, ce roman confirme le talent de l'auteur pour construire des récits intelligents et originaux. Sa plume est très agréable, visuelle, elle a quelque chose de cinématographique.
Et voilà, la boucle est bouclée… et 𝓁𝒶 𝓅𝓁𝓊𝓈 𝒷𝑒𝓁𝓁𝑒 𝒹𝑒𝓈 𝒶𝒷𝑒𝒾𝓁𝓁𝑒𝓈 𝓆𝓊𝑒 𝓁'𝑜𝓃 𝒶𝒾𝓉 𝓋𝓊 𝒹𝑒𝓅𝓊𝒾𝓈 𝓁𝑜𝓃𝑔𝓉𝑒𝓂𝓅𝓈 [peut] 𝓈'𝑒𝓃𝓋𝑜𝓁𝑒𝓇 à 𝓉𝓇𝒶𝓋𝑒𝓇𝓈 𝓁𝑒 𝒸𝒾𝑒𝓁 (vous avez la réf' ?) !
Avant de me lancer dans la lecture de ce dernier tome, mais pas dernier roman de la série consacrée aux Furies, à en croire la fin, j’ai préféré lire les trois précédents, et ce afin d’entrer pleinement dans l’ambiance. Rassurez-vous, ils peuvent se lire indépendamment, même si je trouve que ce serait vraiment dommage de ne pas les lire tous, et de préférence dans l’ordre.
On retrouve donc Yvonne Chen, égale à elle-même, bien que quelques fissures commencent à émailler sa cuirasse. On parle de minuscules lézardes, presque imperceptibles, mais vu son caractère et sa personnalité, c’est énorme. Les Furies nous l’auraient-elles changée ? Meeeeuh noooon ! Une chose est sûre, elle a toujours des principes moraux : tuer, c’est hors de question !
Dans ce roman, les Furies vont devoir se débarrasser de dangereuses abeilles qui butinent dans leur jardin et découvrir où se trouve la ruche pour s’attaquer à la reine, au risque de perdre leur statut, leur source de revenus, voire même la vie. Les ouvrières, un essaim de femmes et d’hommes à l’article de la mort, désespérés et prêts à tout pour leurs familles, attaquent les victimes qui leur sont désignées, puis, à l’instar de l’insecte dont elles s’inspirent, meurent après avoir piqué.
Pas besoin de stylo d’adrénaline, le rythme est déjà bien accéléré. Ce tome est à l’image du premier : l’intrigue est dynamique, l’action est au rendez-vous, le dénouement est à la hauteur !
La Ruche, c’est un polar policier comme la France les aime : structuré, convenu, avec ce grain de réalisme grisâtre qu’on confond parfois avec de la profondeur.
L’enquête démarre bien, on croit à l’intrigue, on se dit qu’on tient peut-être un truc. Puis les ficelles apparaissent, comme les fils d’une marionnette mal cachés : tout devient prévisible, presque scolaire. L’ambiance est là, le style est propre, mais l’âme… elle, reste planquée derrière un rideau de conventions.
Ce n’est pas mauvais, loin de là. C’est juste trop sage, trop lisse. Un peu comme un épisode de série qu’on regarde distraitement en pliant le linge : on suit, mais sans s’impliquer.
Alors oui, les amateurs de polar à l’ancienne y trouveront leur compte. Les autres — ceux qui cherchent le trouble, l’ambiguïté, le vertige psychologique — passeront leur chemin. Ce que j’ai fait, mentalement, vers la page 100.
Il y a toujours une erreur, une information fausse, dans les livres de Nicolas Lebel. Soit il n'a pas de chance soit il fait exprès. Tout le reste vous happe et ce nouveau volume du cycle des Furies est très difficile à lâcher. On les découvre confrontées à un autre groupe clandestin et plus vulnérables qu'elles n'apparaissaient jusque là. 'La Ruche" ne vous retourne pas la tête comme 'Le Gibier" mais quel bon moment ! Le roman a aussi une dimension satirique réjouissante : il explore les bas-fonds du capitalisme, qui ressemblent plus que prévu à sa vitrine.