Depuis une dizaine d’années, les inscriptions dans l’enseignement supérieur privé ont augmenté de 72%, principalement dans des établissements à but lucratif. Cette croissance bénéficie à de grands groupes, dont certains sont devenus de puissantes multinationales. Leur leader, Galileo Global Education, s’est même construit un empire : 1 milliard d’euros de chiffre d’affaires, 210 000 étudiants, 61 écoles supérieures – parmi lesquelles le Cours Florent, l’EM Lyon, Penninghen – réparties dans 18 pays.
Officiellement, on y parle uniquement du bien-être des étudiants, avec un seul but indiqué aux parents d’élèves, qui déboursent des milliers d’euros : dispenser le savoir. Mais chaque matin, les cadres de Galileo ont également une autre obsession : consulter le Cube, la matrice permettant d’optimiser les bénéfices.
Après deux ans d’enquête, le recueil de 150 témoignages et de près de 1 000 documents exclusifs, Claire Marchal a pu pénétrer au cœur du Cube. Un voyage à bien des égards stupéfiant, qui met en lumière l’omniprésence du profit.
Claire Marchal est journaliste et réalisatrice de documentaires. Elle a notamment été enquêtrice à Cash Investigation et pour les émissions Complément d’enquête et Envoyé Spécial.
On connaissait déjà nombre des vices de ce système, mais l’enquête nous en apprend davantage sur l’obsession du groupe pour le profit. Galileo a un mépris total de la qualité de l’enseignement et de la pédagogie. Ce qui compte c’est l’argent et uniquement l’argent. Malheureusement l’autrice n’évoque pas l’emlyon, mais il y aurait eu de quoi faire, et c’est exactement les mêmes rouages que pour toutes les autres écoles. Et encore, nous ne sommes pas les plus à plaindre..
L’ouvrage porte principalement sur les écoles du groupe Galileo, mais certains points semblent tout à fait transposables à d’autres groupes du supérieur.
Je recommande cette lecture aux étudiant·e·s concerné·e·s. En tant que prof, elle est rageante et ne fait que confirmer, avec le luxe du détail, des intuitions déjà bien ancrées (et tues) dans les équipes pédago.
Ces impressions ne relèvent finalement pas du soupçon semi-complotiste: elles décrivent un système parfaitement huilé qui exploite aussi bien les profs que les élèves et leurs familles, dans une chasse permanente à l’argent public et privé, et à la réduction des coûts pédagogiques.
Le mécanisme de subventions et de remboursements mis en place par l’État au profit de ces écoles et des entreprises recrutant des alternants participe à une transformation profonde de la société: un transfert, sans surprise, du service public et de ses ressources vers le privé. Un système que je pourrais qualifier, sans me faire une tendinite, de détournement organisé de fonds publics.
Rappel utile: c’est nous qui payons, c’est nous qui votons.
À chaque fois que je lis un livre écrit par un.e journaliste je me dis que ce sera la dernière fois. Et à chaque fois, comme un mécanisme compulsif, j’y retourne.
Je comprends pas trop le concept d’écrire un livre sur le même modèle des émissions pour lesquelles la journaliste travaille : fais un complément d’enquête sur la question et on n’en parle plus.
Attention toutefois : lors de la lecture de ce livre, à force d’y voir le terme « Galileo », vous pouvez avoir la chanson de Freddy Mercury ou celle d’Eddy des anges de la télé-réalité dans la tête.
Claire Marchal, journaliste d'investigation, dévoile dans son ouvrage une enquête approfondie sur les dérives du secteur de l'enseignement supérieur privé lucratif en France, en se concentrant sur le groupe Galileo Global Education. Ce groupe, devenu en quelques années un acteur majeur mondial, possède 61 écoles réparties dans 18 pays, accueillant plus de 210 000 étudiants.
**Principaux constats de l'enquête :**
* **Orientation vers le profit :** L'enseignement est guidé par une logique de rentabilité, souvent au détriment de la qualité pédagogique.
* **Conditions d'apprentissage dégradées :** Les étudiants font face à des classes surchargées, des enseignants parfois peu qualifiés et des cours à distance de qualité médiocre.
* **Promesses non tenues :** Des engagements concernant l'insertion professionnelle ou l'alternance ne sont pas toujours respectés, laissant certains étudiants dans des situations précaires.
* **Gestion des certifications :** Certains étudiants ne sont pas présentés aux examens officiels pour maintenir des taux de réussite élevés, recevant à la place des diplômes internes sans réelle valeur.
**Réactions et conséquences :**
La publication de l'ouvrage a suscité une vive réaction, notamment de la part des autorités publiques. Une inspection interministérielle a été annoncée pour examiner le fonctionnement des établissements d'enseignement supérieur privés à but lucratif. De plus, une proposition de loi visant à encadrer davantage ce secteur a été déposée à l'Assemblée nationale.
**Recommandations pour les parties prenantes :**
* **Étudiants et familles :** Vérifier la reconnaissance des diplômes, les taux d'insertion professionnelle et les conditions d'enseignement avant de s'engager dans une formation.
* **Établissements privés :** Mettre en place des pratiques pédagogiques centrées sur la qualité de l'enseignement et le bien-être des étudiants, plutôt que sur la seule rentabilité.
* **Pouvoirs publics :** Renforcer les mécanismes de contrôle et de régulation des établissements privés, en s'assurant de la transparence des pratiques et de la conformité aux normes éducatives.
Ce livre met en lumière les tensions entre les objectifs lucratifs de certains établissements privés et les attentes légitimes des étudiants en matière de formation de qualité. Il appelle à une réflexion collective sur l'avenir de l'enseignement supérieur en France.
Très intéressant, enquête approfondie. Les conclusions sont très bien expliquées, sur un style journalistique facile à comprendre. Devient un peu répétitif à mon sens à mesure des chapitres : une fois qu’on a compris le mécanisme, les exemples sont presque trop nombreux. Il m’a aussi manqué des recommandations : sur quel plan peut-on agir pour lutter contre le phénomène ? Par le biais de quels acteurs précisément ?
Un livre dense, fouillé, rageant à lire lorsqu'on travaille dans l'enseignement supérieur. La gourmandise du privé lucratif ne semble pas avoir de limites, et il ne faut pas compter sur le gouvernement en place pour corriger cela. En attendant, ce livre partage le triste parcours des nombreuses victimes, côté jeunes ou personnel de ces établissements.
Incroyable, la mise en lumière des enjeux de l’enseignement supérieur privé et leurs effets délétères sur le niveau éducatif global est extrêmement instructif