Lauren Malka décortique le rapport des femmes à la nourriture et part à la recherche de ceux qui leur ont volé leur appétit.
Qui a tué la gourmandise féminine ? On assimile souvent les troubles des conduites alimentaires chez les femmes à l’intensification du diktat de la minceur dans les années 1970, mais cette injonction à s’entourer de nourriture sans manger est bien plus ancienne. Pandore cache son « estomac de chienne » dans un corps parfait, Ève est soumise au désir masculin pour avoir croqué la pomme, au XVIIIe siècle, les premiers cafés sont réservés aux hommes… Les femmes semblent condamnées aux rôles de ménagères ou de gloutonnes quand ces messieurs sont grands chefs ou fins gourmets. En fouillant l’histoire, la littérature, et en donnant la parole à des mangeuses de tous horizons, ce récit-enquête tente de comprendre comment les féministes contemporaines abordent le rapport à la nourriture et au corps, afin d’apporter quelques miettes d’espoir dans un monde d’affamées.
plutôt 3,5 j'ai bien aimé, ça donne envie de lire toutes les refs qu'elle cite, ça se lit super bien! après dans les choses plus négatives : je trouve que ça se concentre surtout (peut-être un peu trop) sur les femmes qui se privent de manger, je trouve que ça aurait été cool de se concentrer sur des figures féminines qui ne se privent pas, fictives ou réelles, et sur ce qu'on dit d'elles. je trouve aussi que ce livre aurait vraiment été meilleur s'il s'était penché sur les théories queer et le rapport à la nourriture dans la communauté queer. ça aurait été intéressant de voir dans quelle mesure les vécus queer subvertissent, mais en réalité bien souvent renforcent, les attitudes alimentaires genrées.
BON Un récit qui retrace l'historique complexe de la relation entre les femmes et la nourriture. Un sujet large, et, dès le début l'autrice pose les bases et aborde la question de l'oppression du corps des femmes. J'ai adorer les chapitres autours de l'exclusion des femmes dans la gastronomie, l'imaginaire entre les femmes et la nourriture, les TCA, et la place dans l'espace social.
Le point fort c'est les citations des différentes femmes qu'elle a interviewé et toutes les œuvres culturelles qu'elle réutilise. J'aurais aimé que certaines interventions soit plus poussé (mais c'est quelque chose que je reproche de base à cette collection)
Enfin, J'avais jamais envisagé la révolution féministe des années 70 sous l'angle qui est présenter donc c'était intéressant ! COEUR SUR LE MESSAGE DE FIN
Un essai essentiel à lire pour ouvrir ses yeux sur les femmes et leur rapport à la nourriture. Le récit historique de ce rapport à la nourriture est très éclairant sur la construction des croyances et des habitudes alimentaires dans nos sociétés actuelles. Toute cette réflexion nécessaire, nuancée et éclairante est portée par une plume qui fait de cette lecture un cheminement à la fois et percutant.
Un livre intéressant et riche. Néanmoins, je reste un peu sceptique sur certains choix de l'autrice, notamment dans la partie sur les troubles alimentaires. J'ai trouvé qu'elle avait des biais qu'elle peinait à dépasser. En-dehors de ça, le reste du livre m'a beaucoup plu.
Un livre qui ne se contente pas de parler des TCA mais ouvre pleins d'autres portes sur le sujet du rapport des femmes à la nourriture et au domaine culinaire, ce qui est appréciable. Cependant, tout est un peu trop survolé à mon goût, la pensée de l'autrice s'égare dans des pistes et questionnements qu'elle n'approfondit pas toujours, on peine donc à en retirer une ou des conclusions(s) puissantes. Mais ça reste néanmoins une lecture que je conseille à tout le monde ! Ma vraie note : 3,5 😉
j’aime trop avoir des attentes sur les livres vibe essai féministe etc et certes y a des trucs intéressants y a beaucoup de références mobilisées, d’exemples provenant de la littérature, de l’anthropologie, d’entretiens faits par l’autrice Mais à un moment faut arrêter de parler des femmes juste en tant que femme parce que y a d’autres facteurs qui rentrent en compte dans le rapport alimentation/corps/ esthétique etc c’est pas le but du livre j’imagine mais voilà parfois ça manque de recul sur des thématiques plus larges Sinon ça se lit bien
J’ai vraiment adoré cet essai. Je m’attendais à une analyse centrée principalement sur la relation des femmes à la nourriture au sens où on l’entend couramment (la privation). Toutefois, j’ai été agréablement surprise d’y découvrir une analyse plus globale - allant du rôle de femme dans la création de la nourriture, leur exclusion de la sphère de la haute gastronomie, la façon dont le discours culpabilisant autour de la nourriture se rattache à celui entourant la sexualité. De plus, la section portant sur la dite “relation des femmes à la nourriture” s’est avérée plus profonde et m’en a appris beaucoup plus que je ne le pensais sur l’histoire des femmes, de leur rapport à la chair et à la minceur. Merci à ma maman pour ce cadeau de Noël!
ela mostra bem como o controle sobre a comida é (mais) uma forma de dominação patriarcal. é triste que ter uma ótima relação com a comida seja um ato revolucionário, mas meio que eh. desejo isso (e tanto mais) pra todas as mulheres da minha vida. o preço que a gente paga já é alto demais!
ps. ficarei atenta à cenas que retratem mulheres sentadas ao redor da mesa comendo [e nao fofocando ou jogando cartas]!
« Après un viol, la boulimie est presque un passage obligé, dit Virginie Despentes, une réaction attendue par la société. « Post-viol, constate-t-elle, la seule attitude tolérée consiste à retourner la violence contre soi. Prendre vingt kilos, par exemple. Sortir du marché sexuel, puisqu’on a été abîmée, se soustraire de soi-même au désir. En France, on ne tue pas les femmes à qui c’est arrivé mais on attend d’elles qu’elles aient la décence de se signaler en tant que marchandise endommagée, polluée. »
sans que ce ne soit une nouvelle surprenante, l’oppression se marque donc bel et bien jusque dans l’assiette, ou plutôt devrais-je dire qu’elle y commence. remonter les siècles du contrôle masculin opéré sur les femmes via leurs façons de s’alimenter (ou de ne pas s’alimenter) est une manière de prendre du recul et de déconstruire les fausses idées que l’on entretient non seulement au sujet de l’alimentation mais aussi et surtout au sujet de la restriction. à nouveau et comme ailleurs, nous sommes victimes d’un système contre lequel j’ose espérer qu’il sera un jour possible de se battre. à mon sens, la révolution peut commencer par l’alimentation.
Ceci est un récit-enquête incarné écrit ou une journaliste. Ce n'est pas un essai. Même si de nombreuses sources sont indiquées, cela reste donc un temoignage / plaidoyé. Une fois ceci dit, il n'en reste pas moins que ce livre pose des questions intéressantes.
La première partie évoque la façon dont les enfants ont été et sont éduqués face à la gourmandise/ alimentation. Cette éducation est très differente pour les garçons et les filles. Pour les filles, la gourmandise est associée à la sexualité. Dans le passé, les hommes ont eu peur de la puissance supposée des femmes dans la cuisine (empoisonnement, sorcellerie, ...) Bref la nourriture comme élément de contrôle.
Dans la seconde partie, il est question de l'exclusion des femmes de la gastronomie hier et aujourd'hui pour les reléguer à la cuisine quotidienne même si la situation évolue petit à petit mais cela reste très, très lent.
Enfin dans la dernière partie, la plus intéressante selon moi, il est question des Troubles du Comportements Alimentaires mais pas que...
On apprend que la différence de taille entre les hommes et les femmes viendrait en partie du fait que les protéines étaient réservées aux garçons. Differents travaux scientifiques ont démontré cette causalité.
Il est ensuite question de grossophobie.
Un chapitre sur le backlash / retour de bâton suite à l'émancipation féminine du 20eme siècle m'a particulièrement intéressée. Ou comment les femmes en choisissant de ne plus être "matrones" vont vouloir reconquérir leurs corps...
Mais les magazines, l'industrie agro-alimentaire, de l'amincissement, du fitness vont pousser les femmes vers cette obligation d'être mince en créant le problème de la graisse féminine, il faut créer un "corset musculaire" en lieu et place du corset des siècles passés.
Les TAC sont de plus en plus communs et touchent principalement les jeunes filles (1 homme pour 8 femmes). Cela serait la maladie mentale avec le plus fort taux de suicide...
Un livre qui permet de prendre conscience de l'influence du passé et de l'ampleur des progrès à faire.
Peut-être une des lectures les plus importantes de ma vingtaine,
J’ai beaucoup appris pendant ma lecture, j’ai ri, mais j’ai surtout pleuré. J’ai eu le coeur brisé de m’être reconnue par moments, d’avoir reconnu certaines de mes proches.
Ce livre est comme un énorme câlin, mais je conseille vraiment d’avoir le coeur bien accroché pour l’attaquer!
Le sujet reste vaste et intéressant mais on enfonce un peu des portes ouvertes. Le style est certes original (mix de témoignages, expériences personnelles, sources) mais à mon goût manque de rigueur. Un état des lieux plus qu'une réflexion poussée à mon sens.
un thème qui paraît niche mais qui ne l’est pas tant que ça lorsqu’il est question d’émancipation des femmes et de féminisme
je n’ai pas été convaincue par toutes les analyses, toutes les explications ou sentiments de l’autrice, mais j’ai beaucoup apprécié les passages d’analyse littéraire (sur Platon, Aristophane, Margaret Atwood, Annie Ernaux, Virginia Woolf…)
j’ai aimé découvrir l’existence des « food studies » et recueillir encore plus de témoignages sur les TCA, pour mieux les comprendre
le texte est très sourcé (j’ai noté quelques futures lectures 👀), et le fait que l’autrice soit journaliste et non chercheuse essayiste donne à celui-ci une consistance particulière, hybride, très plaisante
Des propos très justes, malheureusement je l’ai lu de manière trop éparse pour en tirer quelque chose de clair. Mais je suis heureuse que ce livre existe, le sujet est trop important et pourtant tellement tabou.
On retrace l'histoire de la relation qu'on les femmes avec la nature. Contrairement à ce qu'on peut penser cela remonte à bien avant l'an 0 et est même présent dans la mythologie (grec, romaine, egyptienne...). A travers des certains films notamment "Alice au pays des merveilles" que le problème face à la nourriture est mis face aux jeunes publique des leur plus jeune âge. Nous pouvons aussi constater une hausse importante de TCA suite a la crise de la Covid 19 et c'est une maladie difficile à détecter chez certaines personnes et dure à soigner.
Essai avec de nombreuses références sociaux culturelles très intéressantes. J’ai parfois manqué d’un fil conducteur dans la réflexion pour bien en comprendre la thèse.
Toustes devrions le lire pour prendre conscience de la véritable tare que représente l’alimentation pour les filles et les femmes dans le monde. Parlons en les unes les autres, et trouvons le moyen de ne plus perpétuer ce modèle. Je ne connais pas une seule femme qui n’ait pas un rapport un tant soit peu maladif avec l’alimentation. C’est une réalité. Prenons en conscience pour changer ce modèle qui nous oppresse et nous opprime chaque jour !
Je me suis réconciliée avec le fait que c’était pas de la socio, mais de l’histoire sociale/histoire des médias, avec beaucoup d’histoires personnelles. Et finalement c’était aussi ok. C’était du coup très sensible, comme cette thématique le nécessite finalement. Une fin étrangement deep, qui m’a ouvert des portes ; suivie d’une conclusion un peu simplette… et c’est peut être pas plus mal? J’ai de l’affection pour ce livre, qui a essayé quelque chose de grand, qui dit quelque chose de la “féminité” et qui vient vraiment de l’intime
Enfin un livre sur le sujet. Bien construit, avec 3 parties bien distinctes: les femmes et la gourmandise, les femmes et la gastronomie et enfin les femmes et les troubles du comportement alimentaire. C'était pour cette dernière partie que je me suis intéressée à cet essai, et je n'ai pas été déçu. Un peu à la Mona Chollet, l'auteur pousse ses réflexions loin (un peu trop?) avec des comparaisons entre personnages littéraires, mais c'est le but d'un essai: bousculer les réflexions. Je me suis sentie appaisée et motivée à enquêter sur le sujet.
Un ouvrage très intéressant sur le rapport entre féminité et nourriture depuis l'Antiquité. C'est assez percutant de se rendre compte que les TCA existent depuis toujours et qu'ils sont, à nouveau, un problème développé principalement à cause des hommes et entretenu par la société patriarcale.
Gonna start healing my relationship with food just to say fuck the patriarchy
C’était pas si mal, mais j’ai trouvé la lecture de cet essai très difficile (alors que j’adore les essai et que j’en lis plusieurs dizaines par année). La thématique m’intéressait, mais il y avait beaucoup de longueurs et de passages non necessaires
Super clair et vraiment intéressant ! Lauren Malka nous propose un livre très personnel enrichi par ses recherches en sociologie et une vulgarisation historique très pertinente. (je l’ai lu d’une traite sur le trajet du retour de bruxelles)