L’immortalité, c’est long. Démon blasé par son existence, LK passe ses nuits à écumer les bars dans le monde des humains. Son ennui aurait pu durer encore des siècles s’il n’avait pas croisé, un soir, la route d’une fourbe manipulatrice. Cette simple mortelle, elle s’appelle Laëlle, et son fonds de commerce, c’est l’arnaque. Pour échapper à ses poursuivants, elle se sert du premier pigeon qui passe et le présente comme son fiancé : un riche héritier de la pègre locale. Néanmoins, LK n’est pas un pigeon comme les autres... D’abord amusé, il entre dans le jeu de l’arnaqueuse, mais lorsqu’il se rend compte que Laëlle lui a fait les poches, elle s’est déjà enfuie. Commence alors un jeu du chat et de la souris entre le démon et l'humaine. Un jeu dans lequel les rôles ne sont pas toujours bien définis. Qui est réellement le chat ? Qui est réellement la souris ? Et surtout, qui est le plus diabolique des deux ?
Déchu fait partie des titres qui ont retenu mon attention lors des soumissions du Prix des Auteurs Inconnus 2026. Le titre avait d’ailleurs fini dans mon top 5. La couverture est superbe, très professionnelle, et annonce immédiatement la couleur d’une romantasy ambitieuse. Le résumé, lui aussi, remplit parfaitement son rôle : personnages forts, enjeux clairs, univers bien posé… tout donne envie d’ouvrir le livre. Le début m’avait confortée dans cette idée avec un prologue visuel et efficace, une tension bien amenée et une entrée en matière maîtrisée. Quand j’ai appris que le titre n’était pas sélectionné pour la seconde phase, j’ai tout de suite vérifié s’il était disponible dans l’abonnement kindle et j’ai été ravie de découvrir que oui ^^ J’avais beaucoup d’attente et pourtant, ou peut-être justement en conséquence, la lecture ne m’a pas totalement embarquée. L’univers est vraiment l’un des gros points forts du roman. Le mélange anges/démons fonctionne bien, c’est un terrain qu’on connaît, mais qui reste toujours aussi efficace en urban fantasy. Il y a un potentiel évident. L’intrigue, elle aussi, tient la route. On a envie de savoir où tout ça va mener, comment les personnages vont s’en sortir. Ça se lit facilement, ça avance bien, et ça donne envie de tourner les pages. Mais à côté de ça, j’ai eu plus de mal à m’impliquer. Je suis restée à distance des personnages. Leur évolution m’a parfois semblé un peu rapide ou incohérente : l’héroïne badass devient assez vite une demoiselle en détresse et le démon cynique perd rapidement son côté tranchant. Ça m’a empêchée de vraiment m’attacher à eux et parfois donné une impression d’inconsistance. Côté antagoniste, Léo m’a aussi laissée un peu sur ma faim. Même si on a accès à son point de vue, il reste très manichéen, porté surtout par une soif de pouvoir qui le rend parfois plus proche d’un “sale gosse capricieux” que d’un antagoniste complexe aux multiples facettes. J’aurais aussi aimé que Sébastien soit plus creusé. À l’inverse, j’ai particulièrement apprécié le personnage de Nith et sa relation avec LN, qui apporte davantage de justesse et d’émotion tout en subtilité. Côté écriture, ça se lit bien dans l’ensemble, mais quelques choix m’ont sortie du texte. Le mélange de registres (du courant au très soutenu) est parfois surprenant, et le fait d’avoir des mots expliqués en notes de bas de page casse un peu le rythme. Si le vocabulaire nécessite d’être expliqué, ne gagnerait-il pas à être légèrement simplifié ? Sinon autant assumer son choix et faire confiance au lecteur. Les changements de point de vue sont aussi très fréquents, avec une narration omnisciente pas toujours évidente à suivre et plus dans l’explication que l’immersion. Malgré tout, je ne ressors pas avec un mauvais souvenir de lecture. L’univers a du potentiel, l’intrigue fonctionne, et l’ensemble reste suffisamment dynamique pour maintenir l’intérêt. C’est typiquement un roman qui donne envie de suivre l’évolution de l’autrice pour la voir affiner sa plume.
Les histoires d’anges et de démons, c’est clairement mon point faible… alors dès que j’ai lu le résumé de Déchu, j’ai su que j’allais plonger dedans sans hésiter. D’autant plus que ce roman coche absolument tous mes tropes préférés. Résultat : une lecture dévorée en un rien de temps, tant c’était addictif. Je ne peux que vous la recommander ! Pourtant, le premier chapitre m’a un peu désarçonnée. Il est long, découpé en plusieurs scènes séparées par des astérisques, et on rencontre pas mal de personnages d’un coup, sans trop de lien apparent. Il m’a fallu un petit temps pour m’y faire, mais ce format m’a aussi donné l’impression de regarder une série… et pas n’importe laquelle : j’ai retrouvé de vraies vibes à la Lucifer, ma série préférée. Donc autant vous dire que j’ai rapidement accroché ! On suit LK, un démon spécialiste des boulettes, et Laelle, une arnaqueuse pas très convaincante (mais vraiment attachante). Deux catastrophes sur pattes qui réussissent l’exploit de se fourrer dans des situations toujours plus dingues. Leur duo m’a fait vibrer et rire. L’alchimie est là — sauf pour eux, évidemment — et ce petit jeu du chat et de la souris est terriblement addictif. Les personnages sont barrés, touchants, nuancés… bref, tout ce que j’aime. Mais ce qui m’a bluffée, c’est l’intrigue. Je m’attendais à une romantasy “classique”, et je me suis retrouvée avec une vraie enquête bien ficelée, des morts suspectes, des histoires de drogues, une mythologie ange/démon qui sort des sentiers battus, des relations élaborées et bien construites… Le tout est super bien pensé et rythmé, sans jamais être confus ou “trop”. Tout s’imbrique dans une fluidité impressionnante. Bref, j’ai adoré. Premier roman que je lis publié chez @collectioncoeurderonces, et certainement pas le dernier !
Ce livre nous plonge dans un univers où les démons déchus croisent des arnaqueuses humaines, et où la frontière entre le Bien et le Mal se brouille constamment. Priscilla Grano nous propose ici un roman à l'atmosphère singulière, teintée de noirceur, d'humour (j'ai vraiment bien rigolé) et d'une touche de romance sulfureuse.
L'un des grands plaisirs de cette lecture réside dans la représentation des démons. Loin des clichés, LK n'est ni un grand méchant caricatural, ni un anti-héros au coeur d'or. Il est blasé, fatigué par l'éternité, et son regard cynique sur le monde apporte un certain recul, souvent drôle, parfois amer. J'ai beaucoup aimé cette manière de revisiter le mythe des déchus : ils ne sont pas seulement des êtres maudits, ils sont en errance, écorchés, presque humains dans leurs contradictions. Ce traitement, subtil et bien dosé, donne de la profondeur à l'univers du roman.
Autre point fort : l'ambiance vaguement mafieuse qui plane sur l'histoire. Une histoire de mariage arrangé et d'un mec méchant avec son côté un peu parrain qui fait peur à tout le monde.
Cependant, malgré tous ces atouts, j'ai ressenti par moments un certain manque d'intensité dans le développement de l'histoire. le rythme est inégal, avec des passages où l'on aurait attendu plus de rebondissements ou de surprises. L'intrigue installe un jeu du chat et de la souris prometteur, mais ce jeu aurait gagné à être plus tendu, plus imprévisible. Il manque parfois ces renversements de situation qui maintiennent une tension constante, et qui auraient permis de faire monter la pression entre les deux protagonistes.
J'ai beaucoup aimé ce roman qui sort un peu des classiques Romances avec Ange/Démon. L'histoire est originale et les personnages très attachants. La romance slowburn burn est légère et n'est pas le coeur de cette histoire malgré ce qui est annoncé. C'est plus tôt une histoire d'amitié, de tolérance et d'acceptation de la différence. Une histoire de résilience et de libre arbitre avec ses conséquences. J'ai beaucoup aimé l'intrigue principal et les secondaires. L'évolution des personnages et la fin est très bien. un beau moment de lecture