La victimization maladive
L'auteur le dit mieux:
D’un mot, les peuples ou les groupes opprimés n’ont qu’un droit, mais il est sacré, c’est de ne plus l’être. Et nous n’avons qu’un devoir envers eux, celui de leur prêter assistance si leur existence est menacée. Mais le fait d’avoir été asservi ou discriminé ne confère aucune supériorité métaphysique à une catégorie d’êtres humains sur les autres. L’idée selon laquelle ils auraient toujours raison, même lorsqu’ils basculent dans la violence, n’est pas tenable. Aucune minorité n’est prémunie de la barbarie, aucune n’a acquis du fait des malheurs endurés une sorte de grâce métaphysique qui la dispenserait de rendre des comptes. Finis donc ces peuples archanges, surtout dans le Sud global, qui interdisent aux autres de les juger et estiment qu’on leur doit tout en raison des outrages perpétrés jadis.