Dans l’Amertume, une étendue de brumes mortelles, les chimères rodent.
Clervie, domestique sur le guet de More, passe ses journées au service de Messer Sénoc, un éminent alchimiste. Entre préparation du feu bleu et relevés du front brumeux, toutes les précautions sont bonnes pour se protéger de l’Amertume.
Juste avant la grande marée, les hommes du bastion découvrent l’existence d’un chimèron, un hybride mi-humain, mi-chimère. Les inquiétudes s’accroissent avec la montée des brumes. Quelles sont les véritables intentions de cette créature ?
Lorsque Clervie découvre qu’elle a des facultés similaires à celles du chimèron, tout bascule : un lien se tisse entre eux, et elle doit maintenant choisir entre son cœur et ses devoirs.
Et si le chimèron n’était pas une menace mais la preuve vivante d’un salut pour l’humanité ?
Une histoire très chouette qui m’a beaucoup plu. J’ai été hyper intriguée par cette brume et les créatures qui grouillent à l’intérieur, qui menacent de tout envahir. Meme à la fin du roman, je sens qu’il y a encore tellement de choses qu’on ne sait pas. J’ai aimé la relation qui se developpe entre Clevie et de Chimeron, qui va amener des themes de tolérance et d’empathie. C’est clairement un livre qui te fait dire que les hommes sont des crevards, la pauvre Cilie a son lot à gérer. Le cliffhanger de fin est là pour qu’on se rue sur la suite quand elle sortira.
Je ne m'attendais pas à autant apprécier l'histoire, au point d'être potentiellement intéressé en la suite !
Je pense que vraiment mon gros point noir, qui m'avait fait un peu douté au départ, c'est le personnage d'Aurele que je trouvais détestable (alors que le personne principale l'aime beaucoup) et avait beaucoup de mal à cerné.
Vu qu'il est tres peu présent dans l'histoire plus elle avance, j'ai pu vraiment plys apprécier le moment
Une excellente lecture ! Léa Muna, avec une plume riche et ciselée, nous entraîne dans un monde sombre et brumeux, un huit clos anxiogène, brutal. L'héroïne Clervie est incroyablement attachante et, comme tous les autres personnages, elle présente des contradictions, des doutes, des faiblesses qui la rendent très humaine. J'ai adoré sa relation avec le chiméron, et j'ai très très hâte de voir où elle va nous emmener ensuite :) Un roman à dévorer sans plus attendre !
J’avais repéré ce titre en fouinant sur Booknode et en lisant le résumé j’avais trop envie de découvrir ce roman. Quelle ne fut pas ma surprise lorsque j’ai découvert que j’allais le recevoir dans le cadre de la Masse Critique de Babelio! J’attendais beaucoup de ce premier tome, et je peux dire sans hésitation qu’il a surpassé mes espérances. Entre sa plume délicate, son monde aussi fascinant qu’hostile, et des personnages finement construits, ce roman s’impose comme une pépite de la fantasy francophone contemporaine.
Léa Muna a une manière très fluide de poser ses mots, sans effet de style superflu, mais avec une grande justesse. Il y a un équilibre subtil entre sobriété et poésie : les descriptions sont immersives sans être étouffantes, les dialogues sonnent juste, et les émotions sont traduites avec une grande finesse. Elle parvient à créer des ambiances d’une rare densité : on sent la morsure du froid, on entend la rumeur sourde des brumes, on perçoit la lourdeur du quotidien sur le guet, cette routine millimétrée dictée par la peur d’un danger invisible. Il y a quelque chose d’organique, presque sensoriel, dans sa façon de nous faire vivre l’univers. En quelques lignes, on est transporté. Et c’est une vraie force, surtout dans un récit qui joue autant sur la tension, l’inconnu et la perception du monde.
L’univers imaginé par l’auteure est profondément original, sans être hermétique. Elle ne cherche pas à nous en mettre plein la vue dès les premières pages, mais elle distille peu à peu les éléments de son monde avec beaucoup d’intelligence. L’Amertume, cette zone de brumes mortelles peuplée de chimères, n’est pas qu’un décor : c’est un personnage à part entière, une entité mystérieuse qui imprègne tout. Les chimères, êtres hybrides nés de la brume, sont aussi fascinantes qu’inquiétantes. Les structures sociales et politiques du bastion sont également très bien pensées. Entre les alchimistes, les soldats, les domestiques, chaque rôle est défini, et tout repose sur un équilibre fragile, presque oppressant. Le feu bleu, les relevés scientifiques, la montée des brumes à l’approche de la grande marée… autant d’éléments techniques qui ajoutent de la cohérence au monde sans jamais alourdir la lecture. Je trouve qu’il y a une grosse vibe au Grishaverse avec son Fold et j’ai adoré ça!
L’histoire démarre doucement, mais avec une tension sous-jacente constante. On suit Clervie, une domestique au rôle apparemment mineur, mais qui devient le cœur du récit. Sa rencontre avec un chimèron, cet être mi-humain mi-chimère, bouleverse tout. À partir de là, le roman pose des dilemmes moraux forts, sans jamais tomber dans le manichéisme. Léa Muna ne cherche pas le spectaculaire à tout prix. Elle préfère explorer les nuances, faire monter la tension doucement, nous faire douter avec ses personnages. Le lien entre Clervie et le chimèron se tisse dans une ambiguïté délicate, loin des romances faciles ou des rebondissements tape-à-l’œil. Il y a du mystère, oui, mais aussi beaucoup de tendresse, de peur, de pudeur. Ce qui m’a particulièrement plu, c’est que le récit ne donne pas de réponses toutes faites. Est-ce que le chimèron est une menace ou une chance ? Est-ce que Clervie doit obéir aux règles ou écouter sa conscience ? L’autrice nous pousse à réfléchir avec ses personnages, à ressentir leurs conflits intérieurs.
Clervie est sans doute l’un des plus beaux personnages féminins que j’ai croisés récemment. Elle est discrète, mais forte. Modeste, mais lucide. Elle évolue au fil des pages, sans transformation magique ni grand destin annoncé. Ce qui la rend si touchante, c’est justement sa normalité, sa façon d’être un « petit rouage » dans la machine du guet, mais de refuser de se laisser écraser par elle. J’ai eu un petit coup de coeur pour le personnage d’Aurèle. Aurèle c’est un peu un gros ours mal léché. Il peut être brusque, autant dans son comportement que dans ses paroles mais au fond c’est vraiment quelqu’un de bien. J’aime la façon qu’il a de protéger Clervie. Avec elle il se montre très maladroit par moments mais on sent que son attachement envers elle est profond. Le chimèron, lui, est un personnage tout en silence, en tension contenue. Il est difficile à cerner, mais c’est volontaire : on apprend à le connaître au rythme de Clervie, avec les mêmes craintes, les mêmes élans, les mêmes interrogations. L’auteure joue avec l’ambivalence de sa nature pour questionner ce que signifie « être humain ». Quant aux personnages secondaires, ils sont eux aussi finement écrits. Messer Sénoc, par exemple, est fascinant j’ai beaucoup aimé le découvrir. Les autres membres du guet ne sont jamais caricaturaux : ils agissent selon leurs croyances, leur vécu, leurs peurs. Cela rend chaque interaction crédible, et l’ensemble du roman, profondément humain. Ce premier tome est un début de saga magistral, qui prend son temps sans jamais perdre le lecteur. Léa Muna y déploie un univers dense mais accessible, servi par une plume à la fois sobre et poétique, une intrigue sensible et intelligente, et des personnages qu’on n’oublie pas de sitôt. Ce premier tome pose de vraies questions sans imposer de réponses, et c’est ce qui fait sa richesse. On referme le livre en ayant l’impression d’avoir vécu quelque chose d’unique, entre tension, émotion, et émerveillement. Une lecture à la fois douce et rugueuse, comme une brume qui pique les yeux mais révèle la lumière derrière.
« —Cler-vie, prononça le chimèron. Ce ne furent que deux syllabes, seulement deux banales syllabes, mais prononcées avec un accent étrange qui changeait la sonorité de mon prénom en « Clarvié » ; et elles bondirent à mes oreilles comme deux coups de tonnerre. Le chimèron fermait les paupières, mais ce fut bien sa voix qui avait vibré dans mes tympans. Il savait parler. Comble de l'horreur, il avait choisi mon prénom comme première parole à nous adresser. Mon maître rit à gorge déployée, une explosion de joie et d'excitation qui ne planta aucune racine en ma personne. Le vigile était lui aussi sceptique. - Y'a rien d'extraordinaire là-dedans, si ? demanda-t-il. — Réfléchissez un peu, je vous en prie. Le garde s'accorda un temps d'analyse. — Je ne vois toujours pas où vous voulez en venir, messer. — Quel animal est doué de parole ? — Aucun. - En êtes-vous certain ? - Euh... Y'a que les humains qui peuvent causer. »
c’est un 3,5 pour cette découverte francophone, qui mêle brume mystérieuse et mystérieuse, une tour de guet bien particulière et une seule femme en son cœur, Clervie, notre petite alchimiste ⚗️
nous suivons Clervie alors qu’elle part acheter de la naphte, un composant du feu bleu, seule lumière qui repousse les chimères, ces insectes géants qui attaquent les hommes autant que l’Amertume qui les accompagne, une brume mortelle… ce que personne ne sait, c’est que Clervie est une embrumée, et qu’elle a survécu 🌫️
à noter que j’ai acheté la version Bibliocoffre, qui est absolument magnifique !! 📓
j’ai mis du temps à me faire à la plume de Léa Muna, pas tant à cause de son langage scientifique que du temps du récit, complètement au passé. ce mélange m’y a fait adhère longtemps, mais j’ai finalement réussi à m’immerger dans le récit et c’est devenu un vrai plaisir ! merci notamment pour le lexique et la chaîne hiérarchique en début, qui sont vraiment utiles, tout comme le schéma d’un guetteur et le vocabulaire des chimérons à la fin 🔡
l’atmosphère du récit est très prenante et assez sombre, seuls les falots l’éclairent juste assez pour que nous distinguons les chimères à notre tour. c’est presque un huit-clos, nous sommes enfermés dans le guet de More avec Clervie, où ne règne pas la justice mais la colère et la peur des hommes, ainsi qu’une bonne dose de contrôle patriarcal et d’assurance masculine toxique fortement dénoncés. j’ai apprécié le fait que Clervie s’émancipe au fil du récit, même si j’apprécie son surnom il lui est nécessaire de s’en arracher 🐈
je n’ai pas eu spécialement d’attaches aux personnages mis à part Aurèle et Sven. notre protagoniste reste assez distante, avec eux comme avec nous, avec une dévotion à son maître assez particulière quoique honorable. quant à ceux cités, j’ai aimé la ferveur et la loyauté d’Aurèle, ainsi que la candeur et l’innocence de Sven, j’aurais aimé le connaître davantage. 🏮
j’ai surtout adoré l’ingéniosité du récit, ses détails et reconstitutions d’événements. le récit prend des risquzs, avec des intrigues de pouvoir et des contrôles, mais aussi des personnages qui agissent par leur propre volonté. l’histoire ne se déroule pas uniquement grâce à notre personnage principal, et ça fait vraiment du bien ! ❤️🔥
la fin promet pour la suite j’avoue être assez intriguée… j’ai hâte que la suite sorte pour savoir où l’autrice va nous emmener 🕸️
Je n'étais absolument pas dans le mood pour lire de la fantasy en ce moment, et pourtant je me suis lancée dans ce titre qui me fait de l'œil depuis un moment (depuis que je l'ai reçu dans la box Bibliocoffre en mai, à vrai dire). Je suis très contente d'avoir persisté malgré tout, car j'ai énormément aimé ce roman !
Premier tome d'une duologie, Le Guet de More nous embarque dans un univers sombre que j'ai trouvé très original. Dans ce monde, les humains cherchent à contrer l'Amertume, une mer de brumes toxiques où vivent des créatures insectoïdes, les chimères. Au guet de More, des hommes sont formés pour combattre les chimères et c'est ici que nous retrouvons Clervie, notre héroïne. Assistante de l'alchimiste du guet, chargé de percer les secrets de l'Amertume, on découvre très tôt qu'elle possède d'étranges capacités en lien avec les brumes.
Je me suis beaucoup attachée à Clervie dès le début. C'est une jeune femme très forte et intelligente, entièrement dévouée à son maitre et sa mission et cherchant à trouver sa place. Elle doit souvent faire face à la misogynie de ses confrères masculins du guet, et j'ai tellement été révoltée par la façon dont elle est traitée ! Heureusement, elle peut compter sur quelques amis dans ce climat difficile et j'ai aussi beaucoup aimé son petit groupe, bien que j'ai eu un peu de mal à accrocher au personnage d'Aurèle. Disons que je n'ai pas réussi à bien le cerner et que je le trouvais pas toujours très correct avec Clervie, qui a tendance à le pardonner un peu vite. Par contre, j'ai trop aimé Jehan et j'ai trouvé Messer Sénoc très intéressant, notamment dans sa relation avec Clervie, j'aurais limite voulu en voir un peu plus. On est sur un espèce de lien père-fille, assez toxique quand on y réfléchit, mais aussi touchant à sa manière.
On est sur une histoire qui prend son temps avec un rythme assez lent mais je ne me suis pas du tout ennuyée pendant ma lecture. Dès que le chiméron, cet être mi-humain mi-chimère, arrive au guet, l'intrigue se déroule bien et on a toujours envie d'en savoir plus sur cette créature et le lien qu'il forge petit à petit avec Clervie. Je ne sais pas si l'autrice compte instaurer une romance dans la suite, et j'avoue que j'en serais un peu déçue, car la relation entre Clervie et le chiméron est vraiment très intéressante telle qu'elle est et a le mérite de proposer quelque chose de différent, justement. Le seul bémol, c'est qu'à la fin, je suis un peu restée sur ma faim et il faudra attendre la suite pour avoir toutes les réponses à mes questions.
La plume de l'autrice m'a emportée. C'est super bien écrit, très immersif, avec des passages très beaux, voire poétiques, et juste assez de descriptions pour être dans l'ambiance sans être submergés.
Je lirai avec grand plaisir la fin de la duologie qui promet du lourd et je recommande chaudement ce roman si vous recherchez une bonne fantasy francophone qui sort un peu des sentiers battus !
Le premier tome de Contrer les Brumes pose les bases d'un univers original et intriguant, où les brumes ne sont pas qu'un simple phénomène météorologique mais un danger réel, une force presque vivante à contrer. Si l'idée de départ séduit par son originalité, j'ai néanmoins trouvé qu'il fallait s'armer d'un peu de patience avant d'en savourer pleinement la richesse.
La mise en place du récit m'a semblé en effet un peu longue. Les premiers chapitres prennent le temps d'installer les enjeux, de présenter les personnages et surtout de poser les règles de ce monde. Cela a tendance à ralentir un peu le rythme.
Cependant, ce worldbuilding vaut l'effort. L'autrice maîtrise son sujet et distille avec intelligence les éléments nécessaires à la compréhension sans verser dans l'exposition lourde. On sent que tout a été pensé : les mécanismes sociaux, les forces en présence, les dangers diffus.
Parmi les personnages, Clervie est une héroïne qui ne se démarque pas par son charisme. Ce sont néanmoins son pragmatisme et ses réactions nuancées qui en font une protagoniste crédible, plus proche de la réflexion que de l'héroïsme flamboyant. Sa relation avec certains personnages est touchante. On y retrouve le thème de la "found family".
Un autre aspect qui mérite d'être souligné est la place de la femme dans cet univers. Sans revendiquer ouvertement un propos féministe, le roman esquisse en filigrane des tensions liées aux attentes sociales, au pouvoir et à la légitimité des femmes dans des rôles décisionnels ou militaires. L'héroïne, justement, se heurte à certaines résistances et doit sans cesse prouver sa compétence dans un système qui ne l'attend pas forcément à ce poste. Ce traitement subtil, sans discours appuyé, renforce l'épaisseur du personnage tout en interrogeant doucement les rapports de genre dans cet univers brumeux.
En somme, cet ouvrage est une entrée en matière soignée, qui prend le temps de construire ses fondations. Les promesses posées ici donnent envie de poursuivre l'aventure. Je remercie la maison d'édition Scrineo pour cette découverte via la plateforme NetGalley.
J'ai tellement de choses à dire et si peu de mots pour les exprimer...
La semaine dernière encore, je me faisais la réflexion que les auteur·ices craignaient les prises de risques. Que ce soit par crainte de sortir des sentiers populaires et de déplaire, ou parce qu'il est plus agréable de surfer sur une vague déjà bien entamée, je m'étonne encore parfois de la quantité de livres qui me passent entre les doigts et qui racontent tous la même chose.
Mais il existe des pépites. Des livres un peu discrets, aux résumés intrigants... Des livres que je ne parviens pas à associer à d'autres.
Contrer les brumes était l'un de ceux-là... Et il est désormais l'un de mes plus précieux coups de cœur. Ce n'est pas un livre que je recommanderais à n'importe qui ; le rythme est lent, l'intrigue se passe de grandes aventures épiques et même la fin est douce-amère. Ce n'est pas une lecture pour tout le monde — mais ce sont précisément les raisons pour lesquelles j'ai adoré la mienne.
J'ai aimé Clervie. J'ai aimé sa rage intérieure, enrobée d'un calme docile — inculqué, parce que c'est bien là la place des femmes. Et pourtant. Clervie est une protagoniste plus qu'humaine que le rythme du livre nous permet de découvrir tout en profondeur. Quelle belle découverte d'ailleurs ! Un personnage résolument imparfait, mais dont les réflexions et les réactions ont résonné avec moi plus d'une fois. Découvrir la scène du bouquin au travers de ses yeux a été un délice continu.
C'est d'autant plus vrai passée la première moitié du livre, quand Clervie nous amène à la rencontre du Chimèron... et là, franchement, j'aurais bien trop de choses à dire : qu'en témoigne mon cœur qui s'est serré puis a cessé de battre plus d'une fois...
Transporté par la plume de l'autrice, j'ai vécu une expérience formidable. Elle m'a fait découvrir une pléiade de mots dont j'ignorais jusqu'à l'existence et, surtout, elle m'a fait ressentir beaucoup trop d'empathie pour un mec qu'elle m'a d'abord été décrit comme un monstre puis qui a à peine dit 50 mots dans tout le récit.
C'était ce qu'il me fallait pour débuter 2026. Vivement le tome 2.
This entire review has been hidden because of spoilers.
J’aime la lecture, et j’aime Ghibli, donc sans surprise lorsque les deux se côtoient, même un minimum, je suis ravie. Ce roman, de par son worldbuilding, m’a beaucoup fait penser à Nausicaa de la Vallée du Vent. Une brume toxique, mortelle pour les humains, qui prend de plus en plus de terrain et qui s’épanouit grâce à sa faune, de gigantesques insectes mutants nommés les Chimères, et sa flore, une multitude de champignons dégageant des spores.
Donc voilà, dès le départ j’ai été complètement fascinée par l’univers et son contexte. Parce qu’évidemment, les humains luttent contre la menace que représente la brume. Des guets longent le rivage formé par celle-ci, alimentent les feux bleus qui la repoussent, et éliminent les chimères qui s’aventurent trop près.
Pour Clervie, tout ceci représente sa vie entière. Elle a été sauvée et recueillie enfant, puis a été élevée au guet de More par messer Sénoc, découvrant ainsi les chiffres, les lettres, puis les rudiments de l’alchimie. Elle a évolué parmi ses fidèles compagnons, se comptant sur les doigts d’une main, car rares sont les hommes qui l’ont accepté tel qu’elle est, une femme. J’ai apprécié son évolution, elle qui préférait son confort va finir par devoir agir pour ne plus subir, et découvrir qui elle est vraiment.
J’ai adoré ce roman, en plus de cet univers que je trouve fascinant, l’intrigue m’a complètement captivée. Il est question de survie pour les hommes, de recherche et de découverte menant à l’espoir, et de savoir jusqu’où il est acceptable d’aller pour sauver des vies. On expérimente aussi la misogynie d’une jeune femme qui continue d’être rejetée et moquée malgré ses compétences et le fait qu’elle ai grandi au sein du guet. Et puis il y a la confrontation avec l’inconnu, la curiosité d’en savoir plus sur ce que l’on ignore, mais la crainte de rencontrer une énième menace. La fin nous laisse en suspens, et j’ai terriblement hâte de découvrir la suite.
Au bord de l’Amertume, Cet océan infini et toxique, Il y a une tour, Une fille, Et la fin du monde.
Clervie est valériane Et alchimie, Celle qui n’est pas bâtie pour contrer les brumes. Elle est femme Dans un fort de cendres Et son Mât-Noir, Perché sur une des falaises Au bout de la voie creusée dans la montagne.
Grâce à son maestre, Elle lit dans les fioles Et réussit à comprendre Ce que même les hommes Refusent de voir.
Autour d’elle : Le Guet, Ce phare contrant les brumes De sa seule lumière bleue Fait de naphte, du salpêtre, De chaux vive Et de résine de pin.
Ce guet Et ses guetteurs. Pour certains des compagnons de route : Le vieux, l’estropié, et le rabat-joie. Pour d’autre des fantômes d’hommes, Des condamnés, Des survivants Qui rient fort Pour ne pas entendre la mort Et la brumoise Approcher.
Combat perdu d’avance Contre cette fatalité Qui viendra un jour les cueillir.
Et la Brume, Affamée, Hante toujours le ciel Et enfante des chimères, Cauchemars volants et rampants.
Au cœur de ce brouillard, Un être Entre deux mondes Se dresse : Une silhouette, Des cornes Et des iris rosâtres Qui ne regardent qu’elle.
Et elle vacille, Elle qui n’a jamais été choisie Que par le vent.
Le guet craque, Le feu bleu faiblit, Les lanternes s’éteignent Une à une. La marée n’est plus une rumeur. Elle est là.
Les Arrière-Terres parlent souvent D’un ancien guet sur l’Avant-Ligne, Un guet résistant Aux plus viles marées de l’Amertume. L’autrice nous le présente ici. Ce dernier espoir de l’Avant-Ligne Au cœur des légendes.
Elle nous fait partir à la rencontre De l’acier Et de ses guetteurs Forgés par leur certitude d’antan Qui leur fera épingler Une nouvelle victoire À la longue histoire des guets.
A la rencontre de ce P’tit chat Qui se lève Et devient étoile Dans la nuit. Voix Dans le silence assourdissant Des ténèbres Qui crie : "Controns haut, controns loin, Par le cœur, par le poing… Et par le sang."
Ce premier tome sert d’introduction à l’univers, en posant les bases des éléments essentiels comme les chimères, la brume et la lutte qui les entoure. J’ai été séduite par l’originalité du roman : l’univers est riche, bien construit et particulièrement immersif, même si le rythme peut parfois sembler lent — ce qui, au final, renforce l’ancrage dans l’histoire.
L’intrigue débute à l’extérieur du Guet, où notre héroïne, Clervie, est chargée de récolter des ingrédients servant à concocter des remèdes pour ralentir la propagation de la brume et éviter la contamination des populations. Clervie est un personnage à part, entouré de mystères : elle dissimule certains traits très particuliers liés à la brume et aux chimères, que l’on découvre peu à peu au fil du récit. Ce secret ajoute une dimension intrigante à son personnage, et j’étais impatiente d’en apprendre davantage sur elle.
La suite de l’histoire prend des allures de huis clos, tous les personnages se retrouvant confinés au sein du Guet, prêts à affronter une nouvelle vague de brume. Clervie, seule femme au milieu d’hommes, doit sans cesse faire preuve de force pour se faire respecter tout en restant discrète afin d’éviter les ennuis. Le roman aborde avec justesse et parfois brutalité la question de la condition féminine dans un milieu hostile, ce qui peut parfois heurter, mais reste percutant et nécessaire.
L’intrigue s’épaissit au fil des chapitres, notamment avec l’apparition d’un mystérieux hybride, ni tout à fait homme, ni totalement chimère. Les interactions entre lui et Clervie sont particulièrement captivantes et pleines de tension.
Et cette fin ! L’autrice ne ménage ni ses personnages, ni ses lecteurs, et c’est ce que j’adore. J’ai hâte de découvrir la suite !
La vie de Clervie est semée d’embuches : apprentie alchimiste pas vraiment reconnue puisqu’elle est la seule femme du guet (et la seule femme à étudier l’alchimie) elle doit également jongler avec des facultés qu’elle garde cachées… Alors quand son maître revient avec une créature humanoïde tout droit sortie des brumes, la jeunesse femme est coincée entre deux feux : la curiosité d’en apprendre plus et la crainte de ce que cela pourrait signifier…
J’ai été très surprise en commençait le récit. Étant habituée aux récits de la maison d’édition, je ne m’attendais pas à retrouver une fantasy médiévale m’évoquant Skyrim. Une fois passée l’adaptation au vocabulaire et aux dialogues de bourrins (moi homme fort, moi vaincre le mal avec mes poings), j’ai eu des ressentis rafraîchissants par rapport à mes dernières lectures.
Déjà, j’ai eu très envie de casser des noix. Le machisme est poussé à son paroxysme avec un certain nombre de personnages et c’est rageant de voir que Clervie peut difficilement avancer, juste parce que c’est une femme (d’actualité ce sujet d’ailleurs…). Derrière ça, on a quand même des personnages masculins qui sauvent les meubles en étant beaucoup plus réfléchis et aimables, mais on a également… l’entre-deux. Je ne donnerais pas son nom, mais il y a un personnage qui m’a particulièrement marqué puisque finalement, tout en étant pétri de bonnes intentions, il reproduit un schéma toxique. Je trouve ça très intelligent de la part de l’autrice d’introduire ce type de personnalité aux ados, leur permettant d’avoir un aperçu de l’ambiguïté de certaines personnalités.
Niveau intrigue, je suis par contre moins enthousiaste : aux vus du titre et du résumé, je m’attendais à en apprendre plus sur ces brumes, sur les capacités de Clervie et du chiméron… et j’ai trouvé que tout était en surface seulement. Les brumes, par exemple, ne sont qu’une ombre menaçante qui oppresse les personnages, en fond. Les compétences de Clervie, sont abordées, mais finalement peu approfondies, et celles du chiméron ont le même type de développement. Du coup, j’ai eu le sentiment de lire un tome d’introduction et que l’intrigue ne commençait que sur la fin…
Bref, le principe était intéressant, mais j’ai eu du mal à finir ma lecture… j’attendrai donc les premiers retours sur la suite lors de sa parution avant de poursuivre la série !
Plonger dans Contrer les brumes, c’est accepter de se perdre dans un monde où les brumes mortelles, appelées l’Amertume, enveloppent tout, où les chimères rôdent, et où l’espoir semble aussi diffus que le brouillard lui-même. Léa Muna, avec ce premier tome intitulé Le guet de More, nous offre une incursion captivante dans un univers de fantasy sombre et intrigant.
Le roman prend place dans un monde envahi par les brumes. Seuls quelques bastions subsistent, dont More, une forteresse tenue par le guet, lequel est chargé de repousser les chimères insectoïdes qui rôdent dans l’Amertume. L’univers imaginé par l’autrice est à la fois fascinant et oppressant. Les brumes constituent une menace constante, rendant chaque sortie périlleuse, et Léa Muna excelle dans l'art de rendre son monde crédible. Chaque élément est minutieusement pensé au sein d’un univers vivant, usé par le temps et la peur. Les descriptions ne sont jamais pesantes, mais elles instaurent une ambiance lourde, presque poisseuse, où chaque sortie dans les brumes peut être la dernière.
Le personnage principal, Clervie, est la servante du maître alchimiste du guet. C’est une héroïne du quotidien, pleine de détermination et d’humanité. Elle n’est pas parfaite, elle doute, elle a peur, mais elle agit. Son courage réside dans sa volonté de faire ce qui est juste, même si cela signifie de remettre en question tout ce qu’elle pensait savoir du monde et d’elle-même. Et c’est ce qui la rend immédiatement attachante. Lorsque des événements inattendus révèlent qu’elle possède certaines aptitudes communes avec les chimères, qu’elle pourrait même être l’un de ces êtres hybrides que tout le monde craint, sa vie bascule. Son évolution est un vrai point fort du roman.
L’intrigue est bien menée, sans temps morts inutiles. L’autrice creuse les questions d'identité, de peur de l'autre, de contrôle politique. Car Léa Muna ne se contente pas de raconter une aventure : elle interroge aussi la manière dont une société fabrique ses monstres, au sens propre comme au figuré. Les enjeux se complexifient au fil des chapitres. Ce qui commence comme un récit d’apprentissage et de découverte prend des accents presque politiques. Qui décide de qui est humain ? Qui a le droit de vivre ou de mourir dans un monde au bord du gouffre ?
Le guet de More est une belle réussite, tant pour son univers maîtrisé que pour son héroïne touchante et sa narration immersive. Léa Muna signe ici un premier roman prometteur, qui donne très envie de découvrir la suite. On y retrouve tout ce qui fait les bons romans de fantasy : une évasion totale, mais aussi une résonance très humaine.
C'est un roman qui se découvre lentement, un peu à l'image d'une progression dans la brume.
C'est assez contemplatif et l'action n'est pas ce qui prédomine.
Mais malgré cette sens de lenteur - à prendre dans le sens où j'ai vraiment pris mon temps à cette lecture - plus j'avançais, plus j'aimais, jusqu'à lire le dernier tiers sans m'arrêter.
Ce roman prend la forme d'un huit clos. Un guet, entouré par des brumes grouillantes de chimeres, à la manière d'insectes géants.
Dans ce guet, nous suivons Clervie, seule femme de ce monde masculin, qui tente de se faire la plus discrète possible, malgre quelques amitiés solides et bienveillantes.
Clervie est différente, et cache son don, sa vérité.
Nous suivons ici l'avancement de la brume en même temps que le développement des pensées et des convictions de Clervie. Nous sommes les témoins de cette évolution, coincée entre la compassion qu'elle voit naître et son devoir au sein du guet.
Son maître, Messer Senoc, la place face à ses interrogations et l'aide à faire évoluer ses réflexions. Il est peu présent, mais il a un rôle dans le cheminement des pensées de Clervie.
Cette évolution est directement liée à la présence du chiméron dans les geôles du guet. C'est un être intriguant avec qui le dialogue va se révéler compliqué, mais il donne clairement envie d'en savoir plus sur lui.
L'intrigue se jouant dans un unique lieu et la brume prenant de plus en plus de place va faire naître une tension qui va devenir de plus en plus palpable et qui va nous tenir en haleine jusqu'à la fin.
Clervie a été recueillie toute petite par Messer Sénoc, l’alchimiste du Guet de More. Grâce à lui et au feu bleu, les brumes mortelles de l’Amertume sont gardées éloignées du Rivage. Dans l’Amertume, les chimères rodent. Ce sont des insectes géants, monstrueux et mortels. Alors que la grande marée se prépare, un chiméron est attrapé. Mi-homme mi-chimère, cette créature intrigue et exacerbe les inquiétudes au Guet. Mais Clervie sent comme un lien entre elle et le chiméron. Elle sent qu’il y aurait beaucoup à apprendre de lui. Et alors que les brumes montent à l’assaut du Rivage, elle doit choisir entre son cœur et ses devoirs. Mais la haine ne gagne-t-elle pas toujours ? Voici le pitch de départ du tome 1 de Contrer les brumes de Léa Muna, paru chez Bibliocoffre pour mon édition spéciale, et chez scrinéo pour l’édition classique. J’ai passé un excellent moment avec ce roman qui dépeint un univers très original, intéressant et intriguant quoiqu’assez introductif dans ce tome. L’autrice nous sert une belle plume, précise et incisive, qui permet une belle immersion dans les aventures de Clervie. De plus, elle nous dépeint une galerie de personnages très attachants et bien construits. Clervie est un personnage assez ambivalent : entre ses actions et ce qu’elle pense vraiment, il y a un monde, et cela fait d’elle un personnage assez gris très intéressant. J’ai vraiment beaucoup aimé cette histoire et j’ai hâte de pouvoir découvrir la suite au vu de la fin qui est… explosive !
J'ai adoré cette histoire et ce monde un brin apocalyptique envahie par les brumes toxiques, les chimères et ce mystérieux hybride. 🤫 En plus des tensions et dangers extérieurs, la vie à l'intérieur du guet n'est pas exempt de lutte, d'affrontements et de sinistres personnages. La plume de l'autrice est incroyable, percutante et particulièrement fine. Clervie 🐈 et son petit entourage fidèle sont attachants, complémentaires et délicatement dépeints. J'ai apprécié son évolution, sa détermination et son courage. Hâte de lire la suite, c était brillant ✨ et terriblement prenant. Par ailleurs, le talent de l'autrice s'exprime aussi à travers les illustrations, cartes et représentations qui ponctuent les pages 🪲🐜🦟🐛🦋
Ce tome est très introductif. L’univers se dévoile et les éléments s’introduisent petit à petit. Il y a peu d’action et c’est ce qu’il m’a manqué dans ma lecture. Pour autant j’ai adoré me retrouver à l’époque Victorienne même si on est pas dans le Londres Bourgeois mais plutôt dans l’ambiance sombre à la Jack L’éventreur. Clervi est le personnage principal de cette histoire. Une domestique d’un Maître alchimiste pour lequel elle joue un rôle plutôt d’assistante que de simple servante. Elle apprend vite et bien malgré qu’elle doit tenir sa place. Elle n’est qu’une femme dans ce monde et sa particularité reste cachée. Son rôle prendra de l’importance, j’en suis persuadée, dans le tome 2, tome dans lequel j’ai hâte de retrouver le chimeron. Mon protagoniste préféré je crois. L’intrigue est bien ficelée, elle a de l’intérêt mais encore une fois je pense que ça arrive un peu tard à mon goût.