Des années 1950 à 1980, des milliers d’enfants ont été envoyés par leur médecin dans des pensionnats sanitaires, vantés pour leur savoir-faire médical et pédagogique. Héritiers de l’arsenal de lutte contre la tuberculose, ces centres hélio-marins, financés par la Sécurité sociale, se sont développés dans toute la France, en particulier sur la côte atlantique. Pourtant, la plupart des enfants qui y ont été reclus n’ont jamais vu la mer. Traités pour rachitisme, ciblés socialement, ces fils et filles d’ouvriers ou d’agriculteurs, âgés de 2 à 12 ans, ont été séparés de leur famille pendant des mois, parfois des années, subissant piqûres d’eau salée, sévices et infections contractées dans la promiscuité de cet univers carcéral. S’appuyant sur des centaines de documents d’archives et des témoignages inédits, Fanny Marlier retrace un système glaçant qui, sous couvert de soigner les enfants, n’a eu de cesse d’exercer des violences à leur encontre. Elle raconte un État qui, sans aucun contrôle, a autorisé l’enfermement de mineurs, et lève le voile sur cette histoire tenue secrète.
Enquête édifiante brillamment menée par Fanny Marlier. On y découvre les maltraitances d’une ampleur inimaginées subies par des dizaines de milliers d’enfants, souvent issus des classes populaires, dans les années 1950 à 1980. À mettre entre toutes les mains !
Fanny Marlier propose une histoire sociale des pensionnats sanitaires, des années 1950 aux années 1980. À partir des témoignages recueillis, la journaliste indépendante dresse un état de la prise en charge d’enfants de santé fragile, souvent d’origine modeste, de deux à quinze ans, sur une période de trente ans, en France. Elle lève le voile sur ce système qui impose l’enfermement de mineurs, de deux à quinze ans, en France à partir du début des années 50. Ce système, oublié dans le silence des anciens enfants, qu’on n’a pas voulu croire à leur retour et qui portent les séquelles de ces sévices toute une vie. Chronique illustrée et complète ici https://vagabondageautourdesoi.com/20...
Bien aimé le fond, beaucoup moins la forme, j’avoue avoir un peu de mal avec cette tendance à se mettre en scène dans la non fiction (sauf si l’on est concerné directement parce qu’on raconte).
On aime bien contrôler les pauvres, à la même époque on refusait d’installer des lieux de sociabilité dans les HLM nouvellement construits parce qu’un pauvre ça va boire. On le fait pour le bien du pauvre bien sûr.
même si on se doute de ce qu'on va y trouver comme témoignages, cela n'empêche pas l'enquête d'être percutante. Ce temps qui peut paraître lointain mais pas tellement laisse encore des traces ; j'aurais peut-être aimé dans la conclusion un parallèle avec les problèmes rencontrés dans les foyers pour jeunes aujourd'hui histoire de laisser une porte ouverte sur la continuité de la maltraitance institutionnelle et médicale envers les enfants et particulièrement les enfants de classes populaires.