Une petite fille incapable de faire le deuil de sa grand mère disparue après le tsunami de 2011, le plutonium et l’uranium incarnés dans des personnages sulfureux ou encore une chanson mise en image pour illustrer ces vies brisées, ces êtres chers et ces souvenirs disparus, autant de situations différentes pour dire le traumatisme du tremblement de terre et la peur du nucléaire dans un Japon frappé en plein coeur par la tragédie.
Un recueil d’histoires courtes inspirées de la catastrophe de Fukushima. Plutôt que de faire face à la dure réalité de manière frontale, Moto Hagio préfère emprunter des chemins de traverses à la fois oniriques, philosophiques et poétiques. Le message n’en ressort pas affaibli, il offre simplement un regard décalé sur les problématiques liées au nucléaire. Le résultat peut paraître un poil conceptuel mais il n’en reste pas moins convaincant. C’est beau, digne, sans pathos et très intelligemment réalisé. Une autre façon de voir la catastrophe et d’envisager le caractère éphémère et évanescent de l’existence, tout en soulignant les travers du capitalisme et de la société de consommation. Chapeau bas Mme Hagio !