Je viens de terminer le seul conte interdit à avoir réellement été interdit car, le temps d'un long processus judiciaire, considéré comme de la distribution de pornographie juvénile. Certes, quelques passages assez lourds se glossent au coeur de ce récit mais n'est-ce pas ce qu'on recherche en ouvrant ce genre de lecture? Aimer avoir peur ou être tenu en haleine par des éléments fictifs ou en écrire, ce n'est aucunement cautionné la violence de ces textes. On aurait pu piger à travers une panoplie d'écrits, de peintures ou même de chansons pour en faire leur procès car, à mon sens, la cruauté humaine découle dans plusieurs sphères artistiques mais, plus encore, dans la vie et l'histoire de l'humanité elles mêmes. Je suis un fervent lecteur de romans gores/trashs/violents, choisissez le qualificatif que vous voudrez...est-ce que ça fait de moi un pédophile ou un tortionnaire dans ma vie de tout les jours? Je me considère être à l'opposé total de ce genre de personne et pourtant, ces romans me captivent. On aura malheureusement fait de Yvan Godbout et des éditions ADA des martyres à cause d'une succession de vendetta contre la liberté d'expression qu'on a peut-être cru trop permissive au sein des poursuivants. Pourquoi ce livre particulièrement? Certes, on y a glissé des passages de viols d'enfants bon, est-ce que ce genre de lecture est tolérable pour tous? Non!Mais pourquoi ne pas s'être attaqué à un Sénécal ou un De Mauboy qui ont écrit des choses peut-être pire encore? C'est comme si la vie avait jouée à la roulette russe avec l'écriture noire et que le canon de l'arme s'était arrêté sur ce Hansel et Gretel tant contreversé. Le verdict de la court fût sans appel et monsieur Godbout fût acquitté à la fin de cette saga mais, de graves conséquences l'auront affublés lui ainsi que sa maison d'édition; les frais d'avocat, la non publication de plusieurs ouvrages, le jugement des autres, les profiteurs du milieu qui s'en seront servi pour l'attaquer et se faire un peu de publicité, etc, etc...C'est là que se joue le débat pour moi, à la seconde même où l'on commence à demander la censure, on donne un électrochoc à des libertés acquises et on peut se mettre à craindre une dégringolade car, si on le fait pour un livre fictif, est-ce qu'on pourrait aussi commencer à le voir dans la vie de tout les jours? Est-ce qu'on soihaite réellement un régime de contrôle d'information totalitaire comme en Chine ou en Corée du nord où l'on n'a tout simplement pas le droit de s'opposer, ne serait-ce qu'en en débattant autour d'un verre, au régime en place? Veut-on revenir à des pratiques moyen âgeuses de censure au droit de parole? Bref, pour ma part, j'ai trouvé qu'on était loin de ce que l'on décrivait dans certains médias comme une ôde à la pédophilie. On est loin d'une incitation au viol d'enfants et les jeunes jumeaux de cette histoire sont et de loin, ceux avec qui on combat, pour qui on veut lire la suite et qu'on espère victorieux à la fin du récit. Pour ce qui est de l'histoire, j'ai adoré découvrir la plume de Yvan Godbout avec mon premier de cet auteur. L'intrigue est bien menée, cette réécriture se mélange bien à la version originale pour enfant et, on éparpille bien les éléments importants, en prenant soin de ne pas laisser de temps morts. On se sent happé dès le départ et tout de suite, on s'attache aux pauvres Margot et Jeannot, protagonistes de cette haletante aventure. Un bon dosage entre horreur, surnaturel et religion nous y attend. Monsieur Godbout n'est pas non plus tombé dans le piège d'essayer d'en faire trop, d'ajouter trop d'éléments en ne sachant pas comment les rattacher. Au contraire, chaque élément avait sa place et tout était bien ficelé pour nous diriger vers une fin explosive et innatendue. Un de mes co tes interdits préféré jusqu'à maintenant et, une belle découverte en Yvan Godbout de qui je lirai assurément les autres romans, la plupart étant déjà bien en vue dans ma bibliothèque à m'y attendre.