Doit-on courber l’échine pour continuer à exercer son art ? En 1936, le général Ioánnis Metaxás prend le pouvoir, instaure la dictature et met en place la censure. Sont interdites toutes les chansons qui emploient des gammes orientales, les rebetikas, jugées subversives. La police saccage les cafés, détruit les instruments, casse les doigts des musiciens qui continuent de jouer cette musique. Katina est tenancière d’un café qui accueille des musiciens de Rébétiko et leurs deux chanteuses, Bèba et Marika. La question qu’elle leur pose est simple en apparence : soit ils acceptent de changer de registre, d’abandonner leurs instruments traditionnels pour continuer à jouer ensemble et gagner leur vie, soit ils refusent et ils se retrouvent tous au chômage ou condamner à prendre un autre travail. Comme le dit l’un dentre eux : « Nous avons le malheur de n’être que ce que nous sommes, dans un monde qui ne veut plus de ce que nous sommes. »
Rébétissa est la suite de Rébétiko, louvrage qui a fait connaître David Prudhomme. Encensé par la presse et les libraires, multiprimé à Angoulême et ailleurs, Rébétiko a marqué lhistoire de la bande dessinée dès sa sortie en 2009. Avec Rébétissa, David Prudhomme signe une uvre majeure sur le besoin de continuer à vivre sa passion quand on vous linterdit.
Je savais pas que c'était la suite d'un autre album (Rebetiko) mais ça se lit très bien quand même. J'ai adoré autant le scénario que les dessins. C'est une histoire de ségrégation et de révolte, de résistance par la musique, d'amitiés et d'amours déçus. Et le trait pour illustrer tout ça est incroyable, particulièrement les lumières et les couleurs qui donnent des ambiances super belles, qui traduisent super bien les émotions des instants.