Mia, Léo, Colin et Laurent sont encore petits lorsqu'un diagnostic vient tout trois d'entre eux perdront graduellement la vue. Après le choc, un projet germe dans l'esprit de leurs parents, Edith et Sé avant que la noirceur ne s'installe, ils rempliront la mémoire visuelle des enfants. La famille s'embarque donc dans une aventure autour du monde, en quête de beauté. Pendant plus d'un an, la petite troupe explore les déserts et les jungles, les océans, les îles et les montagnes. Ensemble, ils découvriront bien plus que de jolis paysages. Ce récit revisite ce voyage unique sur les chemins de l'émerveillement. «Nos enfants ne peuvent pas voir les étoiles, mais nous pouvons voir les étoiles dans leurs yeux.»
1000/10! Je viens de finir la lecture du livre et je peux dire que j’ai savouré chaque ligne lue. C’est une histoire touchante et un beau geste que les parents ont fait pour leurs enfants. J’ai beaucoup aimé les descriptions de Edith, des lieux visiter, de la beauté du voyage. Ça m’a permis de voyager par moment avec eux et ça a vraiment planté en moi cette envie d’aller découvrir le monde à petit budget comme ils l’ont fait.
Quelques passages coups de cœur:
"Dans la forêt amazonienne, le silence est rare. Les bruits d'in-sectes, d'oiseaux, d'animaux et de feuilles sont si nombreux qu'ils fusionnent en un bourdonnement profond et incessant. Comme si l'on entendait battre le cœur de la forêt. Par-dessus ce fond sonore s'ajoutent des sons plus distincts, lancinants, rythmés ou ponctuels. Cette symphonie éclectique aux mille variations nous rappelle sans cesse toute cette vie qui vibre autour de nous." (La jungle, p114)
"L'étincelle qui mène à une rencontre nous prend toujours par surprise. Elle peut jaillir de multiples façons: un sourire complice dans un train, un geste d'entraide, une longue conversation intéressante, la découverte de passions et d'intérêts communs, un bon conseil, le plaisir de partager une acti-vité. Subtils et momentanés, ou longs et intenses, ces contacts nous touchent toujours au cœur. Les liens tissés au cours de notre aventure nous ont valu des moments de joie sincère." (Les rencontres, p159)
"Même si elles étaient formidables, ces amitiés de voyage étaient aussi les plus cruelles. Plus le lien était fort, plus les adieux étaient difficiles. Tant de fois nous avons quitté des gens le cœur lourd. Apprendre à quitter fait cependant partie des apprentissages du voyage. Il faut être reconnaissant de ce qui a été, sans s'y accrocher. Accueillir la tristesse et accepter qu'elle soit là, parce qu'on a eu la chance de vivre du beau." (Les rencontres, p180)
"Un autre enseignement que nous voulions transmettre aux enfants s'est cristallisé à Bali. Dans cette île de l'Indonésie, la spiritualité est partout. La vie des Balinais est remplie de rituels et de cérémonies. Un élément central de cette spiritualité est de préserver l'équilibre. Parce que le négatif peut prendre facilement toute la place, on accorde de l'importance à ce qui est beau afin de préserver l'équilibre. C'est l'une des fonctions de toutes ces offrandes de fleurs que l'on voit partout sur l'île. En d'autres mots, si l'on prend le temps de délibérément donner de l'importance au positif, il reste moins de place pour le négatif. Voilà ce que j'aimerais que mes enfants retiennent de la spiritualité balinaise.
Pour bien le leur faire comprendre, j'ai évoqué l'image des ponts. Je leur ai expliqué que notre cerveau fait voyager les informations par des ponts, et que plus ces ponts sont utilisés, plus ils se renforcent. Dans notre quotidien, nous empruntons souvent des ponts négatifs, car nous sommes portés à nous concentrer sur ce qui va mal, sur ce qui nous incommode. Si nous faisons plutôt l'effort d'emprunter les ponts positifs, de souligner ce qui va bien, nous les renforçons, et il devient de plus en plus facile d'y avoir recours.
Notre voyage n'était pas luxueux. Nous étions souvent bien loin du confort de la maison. Nous étions souvent mal assis, à l'étroit, il faisait trop chaud ou trop froid, c'était trop sale, trop long, nous avions faim, nous étions fatigués, etc. Bref, les occasions de nous plaindre ne manquaient pas.
Quand la frustration semblait prendre le dessus, je demandais aux enfants de nommer trois choses positives. Le paysage est fantastique, on a des biscuits pour la collation, on voyage au lieu d'être à l'école, on est en famille, il ne fait pas 30 degrés au-dessous de zéro, le soleil brille, j'ai trouvé une pièce de monnaie par terre. Peu importe ce qu'ils disaient, l'objectif était de les habituer à voir le positif dans toute situa-tion. L'idée n'était pas de voir tout en rose ni de nier ce qui les incommodait, mais plutôt de maintenir un équilibre et de ne pas laisser le négatif occuper tout l'espace. Je voulais les inciter à emprunter le pont du positif pour qu'il devienne plus facile de l'utiliser par la suite. " (Les apprentissages, p223-224)