On habite quelque part parce qu'on y est né, parce qu'on y travaille, parce qu'on a suivi quelqu'un, parce qu'on a été obligé de partir, parce qu'on a été obligé de rentrer, parce qu'on a voulu y tenter sa chance. Il y a le lieu où l'on vit. Il y a les lieux que l'on a quittés. Et parfois existe aussi un endroit que l'on espère trouver, celui qui n'est pas encore chez nous. Un lieu qui répondrait à nos attentes existentielles, qui nous permettrait de trouver nos sensations d'enfance, qui correspondrait à l'idée que l'on se fait du beau, du vivable, du vrai. Chercher son lieu, c'est espérer trouver l'environnement qui sera le bon pour nous, mais aussi espérer trouver sa place, une forme d'évidence, de stabilité, de point de chute. Un lieu d'arrivée qui rendrait toute notre vie cohérente. Dans cette quête, plus ou moins consciente, plus ou moins active, nous devons composer avec nos obligations et nos ambitions familiales, professionnelles, financières, mais aussi politiques et environnementales. Entre désir d'ancrage, aspiration au mouvement et deuil de toutes les vies que l'on n'aura pas vécues, la poursuite du lieu rêvé n'est pas qu'une question géographique. Elle interroge notre rapport au dehors, à la propriété, au réel, à l'autre, à soi. Dans cet ouvrage, sorte de confession philosophique en forme d'itinérance intime et littéraire, Marie Kock s'interroge sur ce qui nous fait rester ou partir. Sur ce qui nous fait reconnaître un lieu comme étant le nôtre.
"Elle gardait une valise dans un coin de sa chambre pour se rappeler qu'elle était toujours prête à partir, qu'elle avait toujours la possibilité de dire non et de s'en aller." 🏠 "Ce que je sais, c'est qu'il s'en est fallu de peu pour que la vie que je mène l'emporte sur celle qui aurait dû être la mienne, que la bifurcation du scénario aurait pu ne jamais se produire."
C'était presque confondant comme j'avais l'impression que l'autrice était dans ma tête à plusieurs moments (mention spéciale pour les pages sur la chaleur du sud et les marathons John Wick). Elle fait un large tour de la question du rapport au chez soi à travers les différentes étapes de la vie. Et les réflexions et les paradoxes que ça soulève sur la quête d'un endroit absolu, sur la notion de propriété privée, sur quitter les terres de l'enfance en pensant s'extraire d'un milieu sont super riches. Le seul hic c'est peut etre qu'elle parle d'un endroit de personne urbaine blanche privilégiée dont le chez soi idéal est en fait une maison secondaire héritée de sa famille. Et c'est ok mais argh ça fait un peu grincer des dents à deux trois endroits qu'elle ne contextatualise pas plus l'endroit depuis lequel elle parle, et donc les limites de son propos qui est loin d'être universel.
"En recommençant ailleurs, une part de nous flirte avec l'ivresse de la page blanche, de la partie qu'on recommence en connaissant mieux les règles. Entraînés pas les expériences précédentes, nous nous lançons persuadés que, cette fois-ci, nous réussirons là où nous avons échoué par le passé" p.128
"Ce dont je me rends compte en vivant dans une ville qui tourne autour du soleil, c'est que je ne suis pas faite pour la dolce vita. Je travaille et je réfléchis moins bien au soleil et il flotte dans l'air une injonction à profiter qui me fout les nerfs. Cela ne colle pas avec ma vision de voir le monde, d'y trouver de l'émerveillement, de la curiosité, de la vitalité." p.138
"Faire la boucle, c'est renoncer à l'idée d'un destin qui n'en finirait pas de se déployer en arborescences inattendues (...). On stoppe les possibles, les bifurcations, la recherche de la nouveauté, du plus, du différent. On a fait le tour, vu ce qu'il était possible de voir, et on consent à s'arrêter (...). Est ce le début de la sagesse ou un gros coup de vieux que d'imaginer stopper l'exploration ?" p.162
J'aurais préféré un essai sur le sujet mais qu'importe.
C'était agréable à lire mais ça ne m'a pas vraiment parlé. Peut-être parce que je n'irais jamais au nord de l'Inde et que je n'achèterais jamais une maison où il faut tout refaire via l'aide de mon père architecte et dans laquelle je n'habite pas 🥲.
dnf 44 % pcq je vois pas l’interêt c’est juste l’autrice qui raconte sa vie et ses pensées sans aucune base ou fondement scientifique et/ou sociologique et si je voulais voir des gens déblatérer sur leur vie j’ouvrirai twitter au lieu de lire un bouquin voilà. vrmt juste j’ai pas compris l’intérêt alors que le sujet m’intéressait beaucoup donc assez déçue
Malgré le grand espoir que j'avais placé dans sa lecture, ce livre ne m'a pas parlé. Je n'ai pas compris les choix de comparaison, le choix de centrer sur l'individu, je ne m'identifie pas vraiment aux préoccupations de l'autrice, et je n'ai jamais réussi à être embarquée et calquer mes questionnements à la lecture. L'autrice nous dit qu'elle ne trouve pas son chez soi mais passe tout son temps à parler d'un seul et même endroit, c'est un point intéressant, mais pas assez remis en perspective. Je suis un peu déçue, c'est un récit qui ancre cette quête dans l'individualisme et l'individualité des choix, qui évoque les grandes lignes du changement climatique sans proposition pour réadapter son quotidien. Je comprends que ce n'était pas le but de réfléchir au changement climatique mais j'ai dû mal à comprendre d'exposer un problème sans se questionner sur les solutions. J'ai aussi trouvé que parfois le livre était teinté d'une certaine supériorité (meme si je pense que c'est involontaire).
Un peu déçue, je m’attendais à lire un livre à mi chemin entre Être à sa place de Claire Marin et Chez soi de Mona Chollet c’était finalement assez loin. L’autrice raconte principalement sa vie, ce qui n’a rien de mauvais en soi, mais qui rend l’analyse du sujet assez superficielle. Décevant si on s’attend à lire un essai qui réfléchi au thème de la maison et du chez soi mais ok si on veut feuilleter le journal de pensée de quelqu’un.
Livre intéressant mais qui reste peut être trop en superficie et en partage de vécu plus que de réflexion comme dans vieille fille. Sur ce thème j’ai préféré « être à sa place » de Claire marin
Alors c’était sympa, j’me suis un peu fait chier au début mais en vrai ça passe. Ceci dit je suis pas certaine de retenir grand chose de cette lecture. Mais en même temps elle nourrit pas mal de réflexion et pose de nouvelles questions. Donc en vrai, c’est une bonne lecture.
Ce n’est bien sûr pas le cas mais j’ai toujours un peu l’impression que Marie Kock écrit pour moi : je suis moi même une célibataire qu’on aurait qualifié de vieille fille à une autre époque et une pratiquante de yoga qui regarde certaines branches de la pratique avec disons scepticisme.
Quand je lis certains commentaires sur GR j’ai l’impression qu’il y a un gros malentendu sur le genre du livre, ce n’est pas un essai de sociologie mais plutôt ce que les anglophones appellent un “memoir”, en gros on y parle de soi. Je crois qu’en France on préfère pratiquer l’autofiction, à savoir on change les noms et on romance un peu pour faire croire qu’on fait autre chose que parler de soi (comme si c’était sale alors que l’histoire de l’humanité peut nous apprendre qu’on adore tous parler de soi). C’est un genre que j’adore, quand la plume est bonne et le contenu est intéressant j’ai l’impression de passer du temps avec quelqu’un c’est très chouette.
Je suis fille de militaire et j’ai longtemps vécu dans le seul logement qui était à la hauteur de mes moyens en IDF (un très très très petit studio), donc je me suis tellement reconnue dans ses interrogations sur ce qu’est le chez soi. J’ai aussi passé le confinement dans ce tout petit studio (insalubre qui plus est) et comme l’autrice j’avais parfois des montées de rage en pensant à ceux qui avaient un jardin (c’est humain), j’ai longtemps eu honte de ne pas avoir de chambre à moi aussi, comme si cela signifiait que je n’étais pas une vraie adulte. Je n’ai pas de maison d’enfance (fille de militaire oblige) mais j’ai ressenti quelque chose quand il a fallu vendre la maison de ma grand mère après son décès, c’était la seule maison “constante” dans ma vie et on sous estime beaucoup ce besoin de familiarité pour se construire.
J’ai beaucoup aimé le passage à la fin sur la manière dont on voit les gens qui ne bougent pas, comme si vouloir rester quelque part montrait un manque de courage.
Bref un livre très plaisant, je me suis beaucoup reconnue dans la plupart des réflexions.
Belle biographie, touchante et facile à lire, qui transporte le lecteur dans d'autres paysages et réflexions, toujours avec une pincée d'humour. Une découverte que je recommande si on souhaite réfléchir et se questionner sur les différentes étapes de la vie et sur ce que nous appelons vraiment "notre chez moi" dans ce monde immense et incertain. Petits passages que je souhaite vous partagez afin de vous inciter a lire :
"En recommençant ailleurs, une part de nous flirte avec l'ivresse de la page blanche, de la partie qu'on recommence en connaissant mieux les règles"
" La crainte de rester seulement une pièce du puzzle familial, de ne pas avoir gagné le droit à une vie à soi"
"Je comprends la différence entre penser qu'on peut aller partout parce qu'on croit être qui on veut et accepter de réduire le périmètre parce que l'on commence à savoir qui on est"
Ce livre ouvre une réflexion sur la recherche d’un chez-soi, mais aussi sur notre course a toujours chercher mieux, ailleurs. C’est surtout un livre sur l’insatisfaction constante de l’être humain.
Les lieux nous habitent autant qu’on les habite. C’est intéressant de voir ce qui fait qu’on se sent chez nous, qu’on soit chez-nous ou pas…
Des réflexions sur notre rapport au mouvement qui dépend évidement de nos milieux sociaux. J’aime aussi le prisme avec lequel elle aborde les milieux ruraux et ces retours à la campagne qu’on voit fleurir partout.
C’est drôle de lire ce livre dans deux maisons qui m’accueillent pour l’été : l’une en pleine campagne et l’autre en ville.
Une belle ouverture à la réflexion sur la maison et le mouvement.