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Débâcle

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Une quête captivante dans la taïga sur les traces des revenants du goulag

Balitsky Point, 1991.
Boris Eltsine vient de dissoudre l’Union soviétique et le Parti communiste dont tout dépendait : salaires, pensions, carburant, munitions… L’hélico qui ravitaille tous les six mois ce comptoir isolé de Sibérie se pose à vide. Seul en descend un homme, ex-agent du KGB, à la recherche d’un ermite, survivant du goulag.
Dans ce pays âpre et grandiose commence alors une traque machia­vélique pendant laquelle ni les bêtes sauvages, ni les incendies, ni les fous de Dieu, ni les tortionnaires n’entameront la détermination du chasseur et de sa proie.

384 pages, Paperback

Published March 20, 2025

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About the author

Ian Manook

33 books69 followers
Pseudonym of Patrick Manoukian

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Profile Image for Bruno Menetrier.
298 reviews4 followers
April 23, 2025
Ian Manook est de retour en Asie centrale avec cette équipée sauvage au fin fond de la Sibérie. Un véritable récit d'aventures en compagnie d'une petite troupe bigarrée de personnages singuliers et attachants.

Ian Manook : revoici notre écrivain globe-trotter préféré, c'est celui qui, il y a dix ans, avait signé Yeruldelgger dans les steppes mongoles et qui relançait le genre dit du polar ethnique.
Ian Manook c'est l'un des nombreux pseudos de Patrick Manoukian, journaliste au look de Commandant Cousteau (il écrit notamment sous le nom de Roy Braverman pour des trucs plus américains).
Après quelques escapades en Islande (avec le Krummavisur notamment), Ian Manook est de retour en Asie centrale avec cette Débâcle.

Une Débâcle qui sera peut-être bien l'occasion de (re)découvrir un autre récit qui semble sorti du même tonneau mais qui était un peu passé en-dessous de nos radars : Ravage.
C'était en 2023 chez Paulsen également et ça se passait au Canada.

Mais revenons en Russie pour ce noël 1991 : le Soviet Suprême dissout l'Union Soviétique. Les différentes républiques gagnent leur indépendance mais c'est le chaos qui règne à l'heure de la débâcle de l'empire.
Au milieu du chaos, de la confusion et de l'incertitude, Piotr, un ancien agent kagébiste, se voit confier une mission dans les profondeurs de la Sibérie, à Oïmiakon, pour « effacer les traces » (autrement dit : le dernier témoin) d'une ancienne déportation au goulag, celle de Boris Poliakov.
Piotr va donc atterrir au fin fond de nulle part, un trou perdu à des milliers de kilomètres de tout, en pleine débâcle, mais cette fois c'est bien celle des fleuves glacés qui se dégèlent et inondent tout.
Avec quelques âmes perdues, dont une jeune femme qui va lui servir de guide, il part plus encore vers le nord, à la recherche de celui qu'on lui a désigné comme cible.
Et nous voici partis pour une équipée sauvage à travers les plaines glacées de Sibérie.
Pourquoi Piotr ? Pourquoi Boris ? ... Manook et la taïga nous réservent évidemment quelques surprises.

Il y a donc là Piotr chargé d'éliminer le zek dénommé Boris Poliakov, sur l'ordre d'un mystérieux et dangereux Vladimir Platov que l'on ne rencontrera pas (vaut mieux pas) mais dont l'ombre plane sur la forêt.
En Sibérie, Piotr fera la rencontre de l'inoubliable Liouba. Elle n'est âgée que de quinze ans. Enfin, quinze ans et trois ours pour être précis. Avec ce personnage, Manook a déniché une pépite dans le permafrost et c'est elle qui nous servira de guide pour traverser la taïga qu'elle connait comme sa propre main.
Il y aura là aussi, Vassili le pilote d'hélico, et même un enfant Sacha, ainsi que la trop jeune Yuliana qui n'est hélas, déjà plus une enfant.
Ah j'allais oublier Jaune, le chien jaune.
C'est cette bande hétéroclite, cet équipage improbable que nous allons accompagner dans les forêts glacées et "cette marche ne sera pas une promenade de santé", on s'en doute.
En chemin nous ferons la connaissance de Fiodor qui, comme beaucoup d'autres, vit quasiment en ermite au fin fond de cette dangereuse taïga.
Quelque part entre écologie, décroissance et survivalisme, Fiodor et Liouba, en harmonie avec leur milieu naturel, sont à l'opposé de Piotr, le fonctionnaire venu de la ville.

➔ Cette histoire est un roman d'aventures à part entière, une virée sauvage au sein d'une nature grandiose et spectaculaire.
On oublie assez vite le contexte soviétique, point de départ de cette aventure, pourtant l'ombre du goulag se cache derrière chaque arbre de cette odyssée.
Nous voici au coeur de la forêt de tous les dangers : l'ours bien sûr, c'est son royaume.
Mais dès qu'elle en repère un, Liouba veille sur nous : "fais le mort, sinon tu le seras bientôt".
D'autres dangers encore : la débâcle et les eaux qui bouillonnent d'être enfin libérées, les terribles incendies qui avancent beaucoup trop vite, la sournoise dermite des apiacées qui brûle la peau, et même les fous de dieux qui ne sont pas les moins dangereux.

➔ Le récit est également imprégné d'un léger parfum de chamanisme, un mélange savoureux qui reste parfaitement maîtrisé. Les rêves qui viennent hanter les personnages sont utilisés pour faire avancer l'intrigue ou en expliquer certaines parts cachées. C'est la part spirituelle de ce récit.

➔ Et puis Manook est un gourmand de notre langue savoureuse et là, il s'est un peu lâché !
L'équipée est le prétexte pour nous faire découvrir tout un riche vocabulaire. On pourra souffrir d'anhédonie ou même d'alexithymie, subir la prépotence, rencontrer le maral, découvrir une diffluence. Tout cela va nous sabouler intelligemment l'esprit et l'encyclopédie devra rester à portée de main !
L'écrivain reprend d'ailleurs un truc utilisé dans le Krummavisur (son roman précédent, rappelez-vous l'impayable inspecteur Ari) avec ici encore des proverbes à la noix débités cette fois par Vassili, le pilote d'hélico :
« [...] Poulaga dans la taïga agace le renégat.
Hommes à vodka, hommes à tracas.
L'homme fatigué ne passera pas le gué !
L'homme fourbu est un héros vaincu.
La chance sourit aux chanceux.
Sagesse de vieux n'est que vieille sagesse. »
Et il y en aura bien d'autres encore, comme le poétique "Quidam ou chamane, donne de la petite marie-jeanne à ton âme".
Et pour faire bonne mesure, le lecteur aura droit également aux règles de survie dans la taïga, édictées par la jeune Liouba :
« [...] Règle taïga : mieux vaut suivre qu'être suivi.
Règle taïga : tout prédateur devient un jour la proie d'un autre.
Règle taïga : chaque proie rend le chasseur plus intelligent.
Règle taïga : nos bruits renseignent les autres.
Règle taïga : ne souille pas le feu qui te chauffe et te nourrit. »
Et pour conclure ce florilège : "Dans la taïga, ne pense qu'à la taïga" !
À savourer sans modération.

Au cours de cette randonnée sauvage, le lecteur curieux fera également la rencontre d'un curieux coléoptère pyrophile.
Un insecte qui n'annonce rien de bon pour nous parce que ce gros bourdon détecte les incendies de forêt et fonce à tout allure au coeur du brasier (nous, on file de l'autre côté et vite fait) : "On dit que le mangeur de feu détecte un incendie à plus de cent kilomètres. Cette espèce de scarabée recherche les feux de forêt parce qu'elle pond ses oeufs dans du bois tout juste brûlé et encore chaud."
Profile Image for Angélita Manchado.
747 reviews7 followers
April 11, 2025
Débâcle de Ian Manook, présentation
Les hommes du KGB entrent dans un appartement car un couple est soupçonné de trahison. Ils sont arrêtés, torturés et déportés pendant 10 ans. Leurs deux fils sont loin d’eux.

Un homme cerf arrive à se sauver des glaces. Il entend un long cri.

Avis Débâcle de Ian Manook
L’histoire commence par l’arrestation d’un couple sur dénonciation. Ils seront torturés et envoyés dans un des pires goulags d’Union Soviétique car ils ont été condamnés à 10 ans de déportation. Leurs deux fils seront loin d’eux.

C’est la débâcle. L’ancienne URSS n’est plus et les gens doivent survivre pour manger, pour avoir un toit. Sergueï doit confier une mission à Piotr, policier du KGB. Retrouver un homme au fin fond de la taïga et l’assassiner. L’avion dans lequel Piotr arrive est vide et les habitants ne sont au courant de rien quant à la situation de leur pays. Ils vont tous décider de partir, laissant le pilote et une jeune fille de 15 ans.

Piotr va rencontrer Liouba, une jeune fille d’une quinzaine d’années, qui lui propose de l’amener là où il doit aller. Ils feront le voyage ensemble, accompagnés de Vassili, Yuliana et de Sacha.

Ils devront affronter le feu qui dévore tout. Ils devront affronter des fanatiques, faire attention aux animaux, ou aussi aux rencontres machiavéliques. Liouba est là pour les aider, les conseiller, les nourrir, les protéger. Mais Piotr n’a qu’un but, retrouver cet ermite pour aider sa mère adoptive, qui est en train de mourir.

Les relations entre les personnages peuvent être difficiles ou belles. Tout dépend de la situation et des rencontres. Surtout qu’il est difficile pour ceux de la ville, comme Piotr, de comprendre ceux qui vivent dans la taïga, les peuples nomades, leurs croyances, les religions, les règles qui peuvent s’établir. Ils vivent en bonne intelligence avec les animaux et ont compris qui peut être le plus fort. Outre le feu qui dévore tout, vorace, les plantes peuvent également guérir, mais aussi être le pire ennemi des hommes. Pour tous, c’est se libérer des chaînes, être libre, tout abandonner pour vivre au plus près de la nature pour la respecter et ce sans contraintes.

Piotr ne voudra pas s’attacher à ses compagnons. Il doit accomplir sa mission. La rencontre avec Liouba et son père sera difficile pour lui car il ne sait pas comment les prendre, comment les comprendre. Il sent qu’il est mené en bateau, car ils sont toujours là ou jamais loin. Mais Piotr devra accomplir un certain voyage tout seul et comprendra le but de ces rencontres, pas forcément fortuites.

Ian Manook nous fait encore voyager. Un roman qui mêle de grands paysages, la taïga, de beaux personnages qui devront prendre des décisions, la politique, l’écologie. Bref, tous les ingrédients pour passer un très bon moment de lecture. Un Ian Manook, comme toujours, au sommet de son art, dans sa rédaction, dans ses prises dé position.
654 reviews5 followers
July 9, 2025
Hiver 1991: À Balitsky Point , un comptoir isolé en Sibérie orientale, dans le chaos provoqué par l'effondrement de l'URSS, débarque un ancien agent du KGB contraint par un chantage affectif de retrouver et éliminer un témoin gênant pour la carrière d'un haut placé du régime. Piotr, c'est son nom, va devoir se perdre dans la taïga sur la piste d'un certain Boris Poliakov, rescapé du Goulag dont on a perdu la trace dans les terres extrêmes de la Sibérie. Il est , heureusement pour lui, accompagné par la jeune Liouba , une guide aguerrie malgré ses « 15 ans et 3 ours » et se joignent à eux Yuliana, le pilote Vassili, un petit Sacha de cinq ans, sans oublier le chien jaune ….

Cette petite troupe va donc affronter les pièges de la taïga, les rigueurs de l'hiver, la débâcle des fleuves ( après celle du pays !), les incendies dévastateurs, les plantes vénéneuses, les rencontres humaines ou animales dangereuses. Ian Manook n'a pas son pareil pour dépeindre de façon hyper réaliste ce décor magnifique et la faune qui l'habite , la majesté du cerf, du loup ou de l'ours, leurs traces sur le sol ou sur les arbres, leurs habitudes, et leurs réactions face au danger. Un décor, certes, mais presqu'un personnage à part entière qui influe sur les caractères et les réflexions de chacun. La chasse à l'homme de Piotr passe presqu'au second plan au fur et à mesure qu'il progresse et s'imprègne de cette Nature et se confronte avec la vision totalement différente du monde de Liouba .

Roman d'aventure, épopée lyrique aux personnages attachants, avec un brin d'onirisme et de chamanisme, et un clin d'oeil politique : difficile de ne pas voir dans Platov, le personnage qui cherche à « nettoyer son passé » et son curriculum vitae, l'actuel maître du Kremlin :
« Aujourd'hui, ce type est l'éminence grise du maire de Leningrad. C'est un ambitieux, un sournois avide de pouvoir. On le surnomme « le mégot », ou « la mite blême ». Il n'a aucun sentiment, aucune émotion, aucune empathie, et donc aucune pitié. Il n'est là que pour lui, rien ni personne d'autre n'existe. » « il raconte même que son grand-père, Spiridon Platov, aurait été cuisinier des Romanov, de Lénine et de Staline, rien que ça… »

Si j'avais un petit bémol , ce serait dans l'écriture de Manook qui a une légère tendance à l'excès de lyrisme et d' « encyclopédisme » ( vous apprendrez plein de mots ceci dit !) mais sinon c'est un très bon moment de lecture.
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