Trois femmes, trois époques et un mystérieux héritage : celui d’un secret jamais révélé.
Tout commence quand Alexandra apprend le décès de son père… qu’elle croyait mort depuis dix-sept ans. La jeune femme n’ose pas interroger sa mère, certaine qu’elle gardera le silence. Au même moment, elle doit vider la maison de sa grand-mère tant aimée. C’est dans le sac à main de cette dernière qu’elle découvre un plan mystérieux qui lui révèle, près de la chambre, l’existence d’une porte cachée. Et derrière, sans doute, autant de secrets à percer. En entremêlant, avec une écriture aussi romanesque qu’inspirée, trois destinées féminines à trois époques différentes, Sophie Astrabie construit un roman vertigineux sur ce que l’on transmet malgré soi. Et, ce faisant, elle embrasse tout un pan de l’histoire des femmes.
Trois femmes, trois temporalités et trois histoires qui s’entremêlent finalement autour d’un secret. L’autrice a construit une histoire émouvante autour de ces héroïnes, questionnant le pouvoir de la transmission intergénérationnelle et le poids des répétitions de schémas familiaux au fil du temps. Si j’ai été moins touchée par Alexandra, l’héroïne du présent, j’ai énormément aimé Jeanne, qui trace sa vie dans les années 40. C’est un récit intimiste, une toile délicate qui se dessine doucement et met en lumière le destin simple de femmes simples.
J'ai passé un excellent moment en lisant les destins de ces trois femmes, Jeanne, Nicole et Alex, réunies par un secret.
L'autrice aborde habilement la thématique du secret de famille, de la généalogie et de l'héritage familial inconscient, ce qui m'a beaucoup fait réfléchir.
Une écriture bien maîtrisée et des personnages bien plus attachants que dans le précédent roman, que j'avais trouvés plus superficiels.
Cette année, les grandes épopées de femmes sont à l’honneur, et ce n’est pas pour me déplaire. « Le secret de Jeanne » est l’une d’entre elles, une fresque que la narration à plusieurs temporalités dessine tel un tableau. Dans une tradition picturale, Sophie Astrabie dessine progressivement une toile intimiste dévoilant le destin de trois femmes à trois époques différentes. Peu à peu, de petites touches de peinture, semblables à une toile impressionniste où rien n’est révélé avant de prendre du recul, s’entremêlent pour laisser entrevoir les silhouettes du temps passé.
S’il est impressionniste par sa délicatesse, « Le secret de Jeanne » est expressionniste dans les élans des personnages. Le regard est invité à se poser sur trois figures féminines croquées dans le grand livre du temps, comme un autoportrait générationnel.
Alexandra ne pouvait imaginer ce qu’elle découvrirait au décès de son père, lui qu’elle pensait décédé il y a dix-sept ans. Tache rouge sur une toile monochrome. Cette révélation vient fissurer le quotidien tranquille, voire monotone, d’une jeune femme en perte de repère. C’est précisément cet événement insolite qui devient le point de départ d’une enquête généalogique.
C’est lorsqu’elle pénètre dans la maison de sa grand-mère, elle aussi disparue, qu’elle prend conscience des secrets de Jeanne, éleveuse d’oies dans les années 1930. Une chambre dissimule une porte cachée, qui elle-même recèle un autre secret.
« Le secret de Jeanne » devient alors un triptyque, trois femmes, trois temporalités, trois gammes chromatiques. Dans les années 30, Jeanne vit dans un monde rural pénible, où l’argent manque. Un mélange du « American Gothic » de Grant Wood et des Glaneuses de Millet. Dans les années 70, Nicole a la vie plus facile. Elle expérimente les premières amitiés, les désillusions amoureuses, une féminité plus affirmée. Enfin, en 2013, Alexandra navigue dans un quotidien mécanique, sans réelle saveur. Son présent est sans relief, son futur gris.
Au-delà de leur sang, un mystère entoure ces femmes… de ces mystères qui empoissonnent les générations, les unes après les autres, des impressions fugaces, des sensations inexpliquées. C’est Alexandra qui va devoir reconstituer le fil de cette histoire familiale, et c’est aussi cette quête que le lecteur suit à travers les intrusions dans différentes époques.
« Le secret de Jeanne » offre également une photographie des relations mère-fille à différentes époques, et force est de constater que, peu importe le moment, la communication est très difficile dans cette famille. Comme d’autres, Sophie Astrabie explore la thématique de la transmission. Tout ce que l’on ne dit pas ou que l’on tait par honte est susceptible de rejaillir sur la génération suivante.
C’est une grande question de notre époque à laquelle je m’intéresse beaucoup en faisant moi-même cette expérience de compréhension du passé. Les blessures se transmettent malgré nous, résonnent souvent de manière silencieuse, sur nos enfants. Il est troublant d’en mesurer l’étendue, et encore plus déroutant de constater qu’en se soignant soi-même, on libère aussi les énergies bloquées de notre descendance.
Malgré les « erreurs » des unes ou les manquements des autres, Sophie Astrabie témoigne d’une vraie tendresse pour ses personnages, et d’une belle empathie pour ces femmes qui ont fait comme elles pouvaient. Chacune est le fruit de son époque, et également, de son éducation. Le regard de l’écrivaine est dépourvu de jugement. Il ressemble davantage à une caresse faite sur la joue.
Dans notre époque où le mot « sororité » est si galvaudé, je ne peux qu’adhérer à cette vision nuancée. Les différentes scènes proposées sont simples, mais pas simplistes. Elles témoignent d’instants de vie, de moments suspendus qui en révèlent beaucoup sur le quotidien de chacun. Le style « Astrabie » est donc très évocateur, tout en creux et en déliés. « Le secret de Jeanne » se construit par petites touches de pinceaux, par des aller-retour passé-présent, avec une certaine maitrise du rythme pour tenir le lecteur en haleine. C’est un texte tout en confidences chuchotées.
L’avenir c’est Alexandra, et c’est en ce sens que le roman montre sa progression. Sera-t-elle délivrée du « secret de Jeanne », de la froideur toute relative de Nicole ? Il n’est pas aisé d’avoir toutes les réponses à ses questions, mais au moins sera-t-elle apaisée, et peut-être un peu réconciliée avec elle-même…
Ce qui précède à nos existences est enfoui, et nous fait souvent beaucoup de mal sans que nous parvenions à défaire le nœud dont nous savons qu’il est présent sans pouvoir le dénouer. Deux possibilités s’offrent alors à nous : œuvrer pour le défaire ou l’ignorer. Personnellement, j’ai choisi la première solution, pour moi, mais aussi pour mes filles. « Le secret de Jeanne » a eu de nombreuses résonances dans mon histoire personnelle et je pense que l’avoir lu à cet instant précis n’était pas anodin.
Mais avant tout, « Le secret de Jeanne » est un roman de femmes qui met en lumière leurs désirs contrariés, leurs espoirs, leurs luttes et leurs résistances. C’est aussi un texte qui parle de la mémoire, des liens du sang, des traumatismes véhiculés de génération en génération et des silences. Si la mémoire transgénérationnelle vous intéresse, n’hésitez pas ! Que reste-t-il de nos mères ou de nos grand-mères en nous ?
Des clairs-obscurs traversent ce roman, justement comme dans un tableau…
. Trois femmes, trois destins, trois temporalités.
Tout commence lorsqu'en 2013, Alexandra apprend le décès de son père qu'elle croyait mort depuis longtemps. S'ensuit la découverte d'une mystérieuse lettre de sa grand-mère et l'on se retrouve embarqué dans cette découverte familiale.
On découvre Jeanne, en 1938, éleveuse d'oie qui va devoir aller vivre à Paris suite à un drame. Et la troisième femme de ce récit est Nicole, en 1973, où la place des femmes est encore compliquée.
Trois femmes, à trois moments différents et une vérité dont personne ne peut se douter. C'est un sujet passionnant, car je crois que les secrets de famille et les drames cachés peuvent affecter les générations futures. Alors là, quand j'ai compris que chaque génération souffrait du même mal. J'étais bouleversé par cette histoire.
Une fois de plus, la plume de Sophie a agi à merveille sur moi. Elle a ce don de m'embarquer avec ses personnages dans des aventures dont je ne ressors jamais intact !
Il m'est compliqué de te parler ou de te résumer ce roman booksta, c'est vraiment une histoire à découvrir au fur et à mesure, mais j'espère avoir réussi à t'intriguer ! Alors, c'est le cas ? Tu aimes les destins entremêlés ? Dis-moi tout !
L'idée est originale et on est pris par le bon enchaînement des 3 récits. c'est très bien construit. Malheureusement on n'y croit pas facilement. Il aurait fallu faire un effort sur les champs lexicaux et les vocabulaires employés à chacune des époques (nos arrières grands-parents et grands parents ne s'expriment pas comme nous. c'est facile de retranscrire des dialogues à leur manière et ça rend tout de suite les choses crédibles). Idem pour les évènements et types de vies, les passages sur la résistance sont un peu naïfs et trop facilement traités... Tout est vu depuis 2025 sans travail historique sérieux, sans soin d'être juste, le rendu est trop naïf. C'est dommage, on a l'impression de lire un livre pour enfant.
3 histoires qui se mêlent. 3 destins entremêlés. 3 époques différentes. 3 femmes. À quel point le passé peut-il influencer le présent ? Les secrets de famille protègent-ils les générations futures ou ne font-ils qu'ancrer des schémas qui se répètent tant qu'ils ne sont pas dévoiler ?
J'ai beaucoup aimé ma lecture. Un des meilleurs romans de Sophie Astrabie pour moi. C'est prenant, le rythme est soutenu, c'est intrigant. Je n'ai pas vu le temps passer.
Les non-dits dont chacun.e hérite, sont souvent dévastateurs. Destins croisés de Jeanne 1938, Nicole 1973, Alex 2013, réunis en une intrigue familiale, pas toujours crédible mais peu importe, passionnante et bien écrite.
À la première page, je suis tombée dedans. J’ai adoré que chaque personnage soit tant en accord avec son époque. Il n’y a pas trop de descriptions non plus. C’est un très très beau moment à passer! Merci ma Ju pour ce cadeau.
Le titre du livre et la jolie couverture m’ont tout de suite fait de l’œil en me rappelant la cane de Jeanne du regretté Georges Brassens. Mais je n’y étais pas du tout ! D’abord je confondais canard et oie, et deuxièmement, cette Jeanne-là n’avait rien à voir avec l’amante du célèbre Sétois ! Il n’en demeure pas moins que l’histoire que nous a conté Sophie Astrabie m’a quand même bien plu. Elle a trouvé les ingrédients pour mettre ma curiosité en éveille. Petit à petit, elle nous a livré des informations sur la vie de 3 héroïnes, à 3 époques différentes. La 1ère est, comme vous pouvez le deviner, Jeanne, une petite paysanne de 14 ans qui va devoir, en 1938, quitter sa campagne et ses oies pour « monter » à la capitale gagner sa vie. Nicole est la seconde. Elle est la gentille fille aînée (mais pas la plus belle, pas la préférée) d’une famille de la classe moyenne en 1970. Quand à la 3ème, c’est la jeune Alexandra qui en 2013 découvre avec stupeur que son père qu’elle croyait mort depuis très longtemps ne l’était pas car un notaire vient de lui annoncer son décès, étrange, non ! Sa mère lui aurait-elle menti et pourquoi ? On fait donc, tout au long du récit, des allers-retours entre ces trois périodes et ces trois personnages. Ce n’est bien entendu, pas le premier roman sur les secrets familiaux, les non-dits, et les répercutions de ces silences sur les générations suivantes mais l’auteure a dépeint trois personnages attachants. Elle a su maintenir un certain suspens sur les liens qui les unissaient et sur l’issue de cette histoire. L’écriture est fluide, sensible et douce sans être niaise. C’est le genre de roman qui n’a pas droit à des pubs dans les journaux, les radios... mais qui, sans être un chef d’œuvre, surpasse pourtant de loin de nombreux livres qui eux, sont en tête de gondoles.