Tokyo, décembre 1944. Embauché dans un centre de tri postal, Ren Mizuki y rencontre deux autres étudiants qui partagent sa passion pour la culture et l'art européens : Yuki, qui deviendra sa compagne, peintre elle aussi, et Bin, un violoniste promis à une carrière internationale, qui restera à jamais son frère d'élection. En 1945, Ren est appelé en Mandchourie dans l'enfer des combats. Défiguré, mutilé, il en rentre persuadé qu'il ne pourra plus jamais tenir un pinceau. L'amour de Yuki sera-t-il capable de renverser un destin ? À travers une histoire particulièrement émouvante, Akira Mizubayashi continue d'explorer ses thèmes familiers : le désastre des nationalismes fauteurs de guerre, l'art, recours essentiel contre la folie des hommes.
Un triangle amoureux qui démarre à Tokyo en 1945 et se conclut entre Paris et Genève de nos jours. Un peintre, un violoniste et une peintre. J’ai moins accroché qu’avec « Âme brisée ».
L'histoire commence en 1944 avec Ren Mizuki, un étudiant en art qui rencontre deux nouvelles connaissances pendant un job étudiant. Il va très vite se lier d'amitié avec Bin un handicapé violoniste et Yuki une jeune femme, comme lui passionée d'art. On suit leur amitié et histoire d'amour, jusqu'au moment où Ren est appelé au front, dequel il reviendra malheurement lourdement défiguré et handicapé. De là se pose le contexte de cette histoire émouvante, comment continuer de peindre sans pouvoir tenir un pinceau et en étant traumatisé des horreur de la guerre, mais également comment faire face à son amour, sa famille et ses amis. (Juste comment s'en remettre finalement). FInalement c'est une histoire avec un style de narration plutot spécial, on va suivre les descendants de Ren mais également Yuki et Bin en alternance dans tout le livre, c'est sensé être un livre émouvant (mais qui je trouve ne va pas assez loin dans ses idées pour reelement toucher le lecteur, peu être trop de retenue), avec beaucoup de références en musiques classique, en art, en littérature (notament en litté française) C’est sympa mais ça m’a pas non plus transcendé.
(thèmes: guerre, nationalisme, traumatisme, art, retour à l'essentiel)
Lorsque l’on m’a vendu ce roman, c’est le potentiel du récit qui m’a tout de suite attirée.
Pendant la seconde guerre mondiale, trois jeunes personnes vont devenir amis : deux hommes, une femme. L’un est artiste peintre, l’autre violoniste, et elle, artiste également.
Entre les deux peintres se développe un amour tendre et sincère, tandis que le musicien rêve de partir à l’étranger. Mais la guerre n’épargne personne et le peintre doit partir en Mandchourie. Il revient vivant, mais amputé de ses deux bras…comment continuer à vivre s’il ne peut plus peindre.
Le reste de l’histoire est celle de cette jeune femme qui tente de vivre, de créer, qui aime d’amour et d’amitié entre ces deux hommes…
Mais l’exécution du roman n’est pas au rendez-vous. La plus est sympathique, certes, avec un choix de mot très intéressant. Toutefois, du reste, tout est absent. La subtilité est absente. Le temps est absent. Les sentiments sont absents. La complexité est absente…
Tout va bien trop vite, rien n’est exploité correctement. De 300 pages, il en aurait nécessité le double. On ne s’attache à rien ni personne. L’art du non-dit est compliqué, et si l’on veut se taire sur un sujet, il faut toutefois en exploiter d’autres.
Je reste vraiment sur ma faim avec cet ouvrage que je trouve moyen.
« Toutes les musiques ne sont-elles pas en un sens des requiem, dédiés aux absents, désireux de les faire revenir à la lumineuse présence ? Depuis les antiques berceuses jusqu'aux derniers quatuors de Beethoven, la Musique abolit les distances pour convoquer les fantômes, ceux qui ne sont plus là »
Une fois n’est pas coutume, me voici à vous parler d’un roman contemporain de la rentrée littéraire. Comment cela se fait-il ? Tout simplement parce qu’il a pour décor l’une de mes obsessions du moment : le Japon de la Guerre du Pacifique. Et ça tombe bien car c’est aussi l’occasion pour moi de découvrir Akira Mizubayashi.
Ce célèbre auteur et universitaire japonais, après avoir fait ses études chez nous en France, a entrepris une belle carrière d’écrivain dans la langue de Molière. C’est donc à nouveau, comme avec Aki Shimazaki, un vrai plaisir de pouvoir le découvrir sans la barrière de la langue et le filtre de la traduction.
Après plusieurs romans sur les thèmes de la musique et de l’errance, l’auteur semble ici regrouper ses obsessions dans une histoire intimiste puissante où se mélange drame romantique, traumatisme de la guerre et de l’ancienne politique japonaise et passions pour les arts. J’ai été un temps déstabilisée par la faible prédominance du contexte historique dont j’attendais beaucoup, mais j’ai aussi, petit à petit, été totalement envoûtée par ces récits de vie d’hommes et femmes passionnés par leur art et chamboulés dans leur être par ce qu’ils avaient vécu. Je ressors donc totalement conquise par cette lecture, avec l’envie de découvrir un peu plus l’oeuvre de l’auteur, peut-être avec son célèbre Âme brisée ou sa Suite inoubliable qui ont tout deux été multi-primés.
Dans ce texte ici présent, en tout cas, nous nous mettons dans les pas d’un triangle amoureux des plus singuliers que nous suivrons sur de longues décennies, à travers les 4 parties et l’épilogue de ce roman de moins de 300 pages. Avec une plume pleine de pudeur pour traiter des chagrins et du poids de l’âme, l’auteur nous berce avec l’évolution de ces êtres à travers les différentes phases de leur vie. Nous les rencontrons tout jeunes pour les quitter après qu’ils aient traversé les portes de la mort. C’est ainsi tout un cheminement personnel et artistique qu’il nous livre.
Ces héros sont en effet des artistes dans l’âme. Tout débute avec la rencontre de trois étudiants passionnés d’art (Ren et Yuki) et de musique (Bin) en pleine Guerre mondiale. On assistera à la réquisition de Ren pour la Mandchourie, à son retour profondément marqué par la guerre dans ses chairs. Ce sera bref mais dramatique avec le récit poignant et criant des horreurs commises par les Japonais même contre les leurs. Yuki apparaîtra alors en figure de rédemption, celle qui soignera son âme blessée et le conduira à la renaissance, une renaissance humaine mais surtout artistique, lui a perdu ce qui faisait de lui un peintre. Et tout part de là.
Au fil du roman, les décennies passent, les générations se dévoilent, et le lecteur assiste admiratif à ces trajectoires de vie qui toujours se déploient autour du souvenir laissé par Ren. C’est un magnifique plaidoyer à l’art comme témoignage intime et historique. D’ailleurs l’auteur confesse s’être inspiré pour cela de ce qu’ont fait Iri et Toshi Maruki à Higashimatsuyama et quand on les connaît on le visualise très bien, d’autant mieux avec l’aide du bandeau de Gallimard apposé sur le roman. C’est un témoignage puissant, vif et cru de l’horreur et la violence de la guerre, qui nous embrase. Ainsi même si je n’ai pas eu tout le contexte détaillé que j’aurais souhaité, j’ai eu le poids des conséquences de ce drame qui hante à jamais ceux qui l’ont vécu et dont il est nécessaire de témoigner.
Mais au-delà de ça, ce fut aussi une superbe histoire d’amour. Une histoire d’amour de l’art : de la peinture et de la musique, à travers Ren et Bin au début, puis de Yuki, elle aussi peindre, et de ses enfants et petits enfants, qui se tournent plutôt vers la musique. Une vraie dynastie d’artistes ! Et une histoire d’amour tout court avec le couple poignant formé par Yuki et Ren d’abord, où Yuki lui a redonné goût à la vie en l’aidant à retrouver sa voie. Puis avec le trio formé avec Bin, qui s’est toujours tenu en retrait, en mode amour à sens unique, mais qui se verra payé de retour et nous offrira des pages d’une maturité et d’une douceur à serrer le coeur, tant on sent le poids des ans et du vécu de chacun. J’ai vraiment été touchée par la sensibilité de l’auteur, toute la retenue qu’il y a mis et sa sincérité, rendant ce récit profondément »réel » pour moi.
Ainsi suivre Ren, Yuki et Bin fut une expérience particulièrement riche et émouvante, éprouvante, qui ne m’a pas exactement conduite là où je l’attendais, mais dont la surprise m’a peut-être encore plus remuée. J’ai adoré l’utilisation christique de l’art dans cette oeuvre portée par un homme qui en est féru, ça se sent. J’ai eu le coeur serré par les récits de vie de ces hommes et femme marqués au fer par l’enfer vécu plus jeune. J’ai ressenti tout leur amour et espoir envers les nouvelles générations qu’ils accompagnent. Et quelle sensibilité, quelle subtilité, quelle fulgurance dans cette plume pourtant si simple en apparence mais où tout est parfaitement rythmé, calibré, pensé, ajusté. Un très beau roman, à la réception inattendue pour moi.
J'ai hésité à lui donner 3 étoiles, mais bon, GR ne fait pas de demi-mesure, donc ce sera 3 et non 4. J'ai découvert Akira Mizubayashi avec Ame brisée, qui a été un grand coup de coeur. Par contre, après avoir lu quelques-uns de ses autres romans, je trouve qu'il ne se renouvelle pas beaucoup. Comme son message semble éminemment lui tenir à coeur, ça peut se comprendre. Il aime l'Art, la peinture, la musique, avec passion. Il se sert des mots pour donner la parole aux morts. Il parle des déracinés volontaires qui laissent derrière eux un pays de violence pour trouver l'harmonie. Dans ce court roman qui rappelle évidemment Jules et Jim, j'ai trouvé que Yuki avait un rôle bien effacé. Elle nourrit, elle soutient, elle est présente pour entretenir la flamme de ceux qu'elle aime, mais la sienne a mis très longtemps à éclore ! J'ai trouvé que cette histoire-ci, qui couvre quand même plusieurs générations, était survolée. Oui, j'ai senti la passion de l'auteur, mais les personnages n'étaient pas traités avec autant de profondeur qu'ils l'auraient mérité, ou que j'aurais voulu. Autre chose : il y a un passage vers la fin qui m'a fait fortement penser à une romance contemporaine ! Je comprends bien que ça reflétait l'amour et la vie dans l'esprit de l'auteur, mais le traitement m'a perturbée. Autant des moments importants étaient traités avec distance, autant ce passage, à mon avis, auraient mérité une simple suggestion qui aurait eu plus d'effet. Ceci dit, comme toujours quand je lis ses romans, je passe une partie de la lecture sur mon ordinateur, à écouter les morceaux de musique mentionnés, chercher les toiles évoquées. Je fais parfois de très belles découvertes.
Je découvre l'univers d'Akira Mizubayashi avec La forêt de flammes et d'ombres, la rencontre fut à la hauteur de sa renommée. Parlons d'abord de notre trio Ben, Bin et Yuki. Ils font connaissance par le plus grand des hasards au centre de tri de Tokyo où ils sont embauchés à l'occasion des fêtes de fin d'année. Nous sommes en décembre 1944, nos trois étudiants sont passionnés par la culture et l'art européen, chose tabou à l'époque de l'Empire céleste. Ren et Yuki sont peintres et Bin violoniste. Ils ne rêvent que d'aller en Europe mais en attendant le Japon est en guerre... Ren reviendra de Mandchourie mutilé , Yuki l'aura t'elle attendu et Bin ? ' Laissons les vivre leur vie; réaliser ou non leurs rêves et accompagnons les guidés par l'inénarrable Hannah la chienne Shiba .. Ensuite attachons nous aux propos d' Akira Mizubayashi , cet écrivain japonais a choisi de s'exprimer en français, la langue qu'il a fait sienne. Fustigeant les régimes nationalistes et autoritaires fauteurs de guerre il prône l'Art pour lutter contre la folie meurtrière de l'homme. Beaucoup d' émotion traverse ces pages, l'écriture est splendide, les propos humanistes rassembleurs. J'avoue cependant avoir été souvent perdue quand les analyses musicales ou picturales se sont faites didactiques ...nul n'est parfait
J'ai découvert Akira Mizubayashi avec son magnifique essai "Une langue venue d'ailleurs" (je recommande fortement). On ne peut qu'être impressionné et même subjugué par sa maîtrise de la langue française et son érudition. Ce roman avait beaucoup pour me plaire : culture japonaise, langue française, dénonciation du nationalisme et de la guerre, rôle essentiel de l'art comme rédempteur... Néanmoins, je n'ai pas réussi à vraiment entrer dedans notamment, je pense, parce que l'histoire s'étire sur près d'un siècle alors que je l'aurais trouvée plus intéressante concentrée sur quelques années ou décennies. La sensation d'une érudition musicale qui n'est pas à ma hauteur a sans doute aussi contribué à me déstabiliser. J'avais eu la même impression après le roman "Un Amour de Mille-Ans" du même auteur, et j'en viens à me dire que, malgré toute ma bonne volonté, son écriture me reste hermétique.
Très beau. J’ai eu l’occasion de participer à la présentation du livre par Mizubayashi et donc j’ai pris encore du plaisir à le lire. Il s’agit non seulement du récit d’une longue histoire d’amour et d’amitié mais aussi une plainte contre les horreurs de la guerre et de ses effets à travers plusieurs générations. La connaissance et la sophistication de l’auteur en musique sont absolument impressionnantes. J’ai adoré le rôle permanent de Hanna la chienne qui en théorie réussit à survivre à travers le temps.
C’est un livre reçu en cadeau que je n’aurai sûrement pas acheté de moi-même, je n’avais donc aucune attente, et je l’ai trouvé magnifique. Un livre plein de douceur sur l’amitié du « trio de Ueno » : Ren, Bin et Yuki (sans oublier la chienne Hanna) où la violence de la guerre se fraye un chemin, mais qui n’arrivera pas à éteindre la flamme des artistes. On est plongé dans l’univers de la peinture et de la musique, au Japon puis à Paris et Genève où les protagonistes immigrent. On suit plusieurs générations unies par leur amour pour différentes formes d’art. Une jolie parenthèse.
découverte d'un auteur japonais écrivant en français. ce qui frappe est le tropisme occidental de ces 3 jeunes japonais, artistes (2 peintres et 1 musicien, 2 hommes amoureux d'une même femme) qui sont passionnés par l'art européen. il faut dire qu'ils vivent leur jeunesse dans un japon fasciste qui nie l'individu à la fin de la 2ème guerre mondiale. malgré leur vie en Europe pour 2 d'entre eux, on a la sensation que leur personnalité reste fondamentalement japonaise, comme l'est le livre. de très belles pages sur la peinture et la musique classique.
Entre peinture, musique et mémoire, ce roman en cinq mouvements raconte la vie de deux artistes japonais, unis par l’amitié, l’art et leur amour pour la France. Sur fond de guerre, d’Hiroshima et de douleur, l’auteur célèbre la tendresse, la poésie et la puissance créatrice qui résistent à la tragédie.
C’est un roman onirique. Mon premier cinq étoiles de janvier ! J’aime cette idée que le plus fidèle compagnon de l’homme soit le personnage principal du roman. Hanna est littéralement le passage de relais d’une époque à une autre, d’une génération à une autre et de la naissance d’un foisonnement artistique au sein d’un foyer bienveillant Bravo pour ce livre ! Passionnant du début à la fin
"Depuis longtemps, nous avons perdu, n'est-ce pas, la virginité du contact avec la nature, les paysages, les villes, les gens, tout ce qui nous entoure : mon œil et mon oreille ont besoin de retrouver la fraîcheur du monde dans son état premier, quand il n'est pas souillé par les slogans, les ordres qui viennent d'en haut, les paroles avalées qui circulent robotiquement d'une bouche à l'autre."
Contexte historique et géographique intéressant et dépayasant, mais l'intrigue est fade, et sert surtout de prétexte à l'éloge de la culture artistique européenne (très élitiste). En plus l'auteur nous prend pour des débiles a nous expliquer le délire autour du shiba à la fin...
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Livre reçu à Noël J’ai bcp aimé toutes les références amener (peinture, musique classique, littérature) nous permettant de bien rentre dans la peau des personnages. Un beau moyen de voyage On suit la vie de trois protagonistes jusqu’au bout c’est bien rare.
Qui de mieux qu’Akira Mizubayashi pour nous conter une histoire de musique et de peinture ? L’écrivain japonais nous fait ressentir dans chaque once de notre corps l’exaltation profonde que peut nous offrir l’art. Magnifique ! (Si vous n’avez pas envie d’écouter pendant votre lecture le Quatuor op. 13 de Mendelssohn et la Cavatine de Beethoven, je vous rembourse.)