En juillet 1945 Gabrielle revient en Provence dans la ferme familiale qu’elle a fuie six ans plus tôt. Elle y retrouve sa mère et sa sœur cadette, une jeune fille instable et fragile. Le massacre de la famille voisine, décimée un jour d’été 1944 dans des conditions qui lui semblent incompréhensibles, l’amène à s’interroger sur les étranges entrelacs qui relient son entourage à cette tragédie. Un roman sombre et fascinant sur l’après-guerre, ses traumatismes, ses règlements de compte, ses mensonges mais aussi sur les haines anciennes qui couvent dans le cœur des hommes. Emma Locatelli, écriture épurée et trame narrative parfaite, explore à la manière de Sébastien Japrisot et de Philippe Claudel la noirceur de l’âme humaine et les blancs de l’Histoire.
Contre toute attente, voilà un roman que j’ai beaucoup aimé. En effet, le titre ne m’emballait vraiment pas et je multipliais les excuses pour le laisser dans ma PAL. Grosse erreur ! D’accord, c’est bien de haine, de vengeance, de détresse, de barbarie, de tristesse et de remords dont il s’agit dans ce roman noir qui se déroule dans l’immédiat après-guerre. Une période certes bienvenue puisque la guerre était enfin terminée, mais aussi secrète et propice aux rancunes. Et pourtant, l’amour est comme toujours bien présent, mais tous ces personnages éprouvent tellement de difficultés à l’exprimer que ces amours non-dit en viennent à bouleverser leur l’existence. Un roman noir donc, mais à l’écriture lumineuse, brillante, généreuse, précise, doublée d’une intrigue envoûtante qui vous prendra aux tripes. Il vous sera difficile de lâcher ce roman avant la fin. Je recommande sans la moindre hésitation.
Une plume tranchante et incisive. Une plume qui gratte l'aridité de la terre, la sécheresse humaine et les chemins de la cruauté. L'histoire se situe dans un village du sud de la France, tout juste après la Seconde Guerre mondiale, époque à laquelle le monde commence à respirer, à reprendre son souffle. Cependant, il en va autrement pour les personnages de ce récit, qui s'enlisent dans leurs sombres rancunes. Toutes ces "haines pures" mèneront à une fin ahurissante. Ce roman, entre thriller psychologique et intrigue criminelle, vous imprégnera d'un malaise étouffant.
Ce roman est sombre. Quand je l'ai fini, je me suis sentie oppressée par le livre. Néanmoins l'histoire est très intéressante, je me suis retrouvée plongé dans l'après-guerre, et ses secrets.
Gabrielle, l'héroïne, revient après une longue absence et décide de mener son enquête sur le massacre de ses voisins. Et cette enquête va l'amener à découvrir des secrets bien gardés et des monstruosités.
C'est l'occasion pour l'auteur de montrer les horreurs de cette horrible guerre( 39-45), celles qui se sont produites "en coulisses". C'est un roman très sombre où la haine est le maître mot des relations humaines. Ni amour, ni humanité se sont présents mais plutôt des jalousies, rancœurs, mesquineries et violences en tous genres qui font de ce roman une lecture parfois oppressante et malsaine. Mais c'est aussi un roman passionnant, palpitant au rythme saccadé qu'on ne peut lâcher avant la dernière ligne et qu'on referme en se disant : waouh quelle histoire!!!
Parce que l'auteur a merveilleusement bien travaillé ses personnages et son intrigue. Gabrielle est mystérieuse, son histoire pendant son absence est obscure et ne nous est révélée qu'au compte gouttes, ses relations avec sa mère et sa sœur sont disséquées en profondeur et donnent la chair de poule. Chaque détail de l'histoire a son importance et c'est sans aucun moment d'ennui que le lecteur est conduit vers le dénouement plus que surprenant de cette histoire. Themes : vengeance, famille dysfonctionnelle, secrets de famille, taire sa honte, horreurs des guerres dans tous les camps, surtout la noirceur humaine et sa capacite de faire les pires horreurs.
Tout, dans ce roman, semble contribuer à montrer la nature humaine sous son côté le plus sombre. En Juillet 45, après avoir beaucoup souffert de l’Occupation, la narratrice, Gabrielle Magne, retrouve son village natal au cœur de la Provence. La chaleur accablante n’est autre que le reflet de l’atmosphère qu’elle y trouve : une mère anormalement acariâtre, des villageois méfiants, et surtout un silence pesant au sujet de l’assassinat de la famille Roccetti qu’elle avait tant aimée. Si l’enfance et la guerre n’ont pas épargné Gabrielle, la Libération n’a pas ménagé ceux auxquels elle avait donné son affection et les héros de la Résistance finissent par apparaître plus monstrueux que courageux. Fragilisée à l’extrême et lassée de tout, la seule raison de vivre de Gabrielle est le mystère qui entoure ce crime familial. Si le roman prend une allure d’énigme policière, le lecteur assiste à une quête de la vérité où la protagoniste est prête à tout accepter. La guerre n’est autre qu’un prétexte pour assouvir les mauvais instincts et laisse derrière elle « un dégoût des choses et des gens ». Ainsi en voulant élucider un massacre injustifié, Gabrielle découvre la vérité qui habite chacun : sous prétexte d’agir au nom de la liberté, l’homme se permet tout, jusqu’à changer d’identité, éliminer les gênants, accuser sans preuves, camoufler le déshonneur, et ignorer « le prix d’une vie ». Mais le style d’Emma Locatelli est si beau qu’il métamorphose la désillusion en prise de conscience, seul chemin menant à la maturité.