Maisons perdues, maisons rêvées raconte la relation que Marie entretient avec ces maisons qu’elle a habitées ou voulu habiter, et qui deviennent des maisons de rêve dans ce temps pur qu’est le temps retrouvé, tant il est vrai, comme le dit l’exergue, « que les maisons à jamais perdues vivent en nous. En nous, elles insistent pour revivre, comme si elles attendaient de nous un supplément d’être » (Bachelard). Est-il possible de donner une seconde vie à ces maisons, de les abriter comme elles nous ont abrité·es et d’ainsi déjouer la mort ?
Chacun des textes qui composent ce roman correspond à une période de la vie de Marie, associée aux êtres chers vivant dans telle ou telle maison. On y découvre l’expérience paradoxale d’un deuil qui puise dans l’amour des êtres perdus (ou qu’on craint de perdre) la force de consentir à la perte et de continuer de vivre avec eux dans ce qui ne peut plus être détruit.
Car ce que cherche Marie lorsqu’elle se tourne vers la maison ancestrale de sa grand-mère et la petite école de son village, ou qu’elle passe d’un côté à l’autre du fleuve où elle a été heureuse, c’est de pouvoir être partout chez soi (comme l’écrit Etty Hillesum en route vers Auschwitz) ; c’est d’apprendre à voir, comme le lui a enseigné son ami jardinier au seuil de la mort, jusqu’à ce qu’elle trouve la bonne distance entre le dedans et le dehors, entre elle et les autres ; c’est de pouvoir être tout entière dans ce qu’elle regarde.
Mélissa Grégoire a définitivement une très belle plume. Nous avons ici un roman très intérieur, où la narratrice, Marie, semble vivre dans une perpétuelle nostalgie du passé et des lieux qui l'ont marquée. Les maisons, les cocons, l'importance qu'ils ont pour nous, ceci permet une réflexion sur des sujets très actuels tels la destruction du patrimoine, le désir de s'isoler versus le désir de vivre.
Un roman profondément intime. Lent et contemplatif. Pas pour tout le monde mais c'était pour moi.
Plusieurs citations et références intéressantes. C’est lent et introspectif. J’ai bien aimé. Belle plume. Mais j’ai trouvé les chapitres inégaux, certains plus intéressants que d’autres.