Il y a des jours où tout va mal. Des jours qui nous échardent. Après avoir fui l’école sur un coup de tête, une adolescente se réfugie dans sa chambre. Avec son cahier et ses crayons, elle s’attèle à explorer différentes façons d’apaiser la douleur.
De la poésie qui parle des gestes doux qu’on peut poser envers soi-même lorsque le quotidien devient trop lourd à porter.
Extrait j’aimerais qu’on ait droit à des jours de prendre soin un genre de congé pour se flatter le coeur
c’est en plein la lecture que j’aurais aimé lire étant ado. ce sont ces mots-là que j’aurais aimé qu’on me présente quand on travaillait en classe .. pour me donner le goût à la poésie. parce qu’il y a dans ces mots une musicalité et une douceur et du poignant aussi. et ça fait que j’ai tout aimé et que j’aurai hâte de le présenter à mes élèves l’année prochaine!
Comme j’aurais aimé serrer le personnage principal dans mes bras. C’est doux, mais ça écorche par moments. Personnellement, en tant que lectrice et en tant que jeune adulte, j’ai trouvé que la réalité de la détresse de vivre y est intelligemment bien dépeinte. J’ai pensé plusieurs fois: « ah, p’tit minou, ça va s’arranger » ou « c’est éphémère, n’abandonne pas ». Sincèrement, ce court écrit aiderait à consoler le coeur de plusieurs, garçons ou filles, adolescents d’aujourd’hui. On vit dans un monde où tout va vite et dans lequel nous devons tout savoir, sinon on ne vaut pas grand chose. Ce livre démontre qu’il est important de prendre soin de soi, peu importe notre âge, nos raisons, mais de s’occuper de notre personne avant de complètement se sentir chavirer. Je pense que, pour les plus vieux du primaire, et en montant, ce livre pourrait être pertinent, mais avec accompagnement.
J’ai retrouvé la Marie-Pierre du secondaire dans ce recueil. Celle qui se sentait poche, conne, incomprise. Celle qui se faisait mal afin d’enterrer sa douleur psychologique. C’est pas parce que tu as beaucoup d’amis et que tout a l’air joli dans ta vie que ce l’est dans ta tête… Si tu as besoin de soutien, n’hésites pas à en parler. 🤍
Mon cooooeur. Bien écorché ici, mais sauvé par cette lueur d’espoir qui se présente à mesure que les pages défilent.
Je me suis vraiment sentie comme lors de ses journées, à l’adolescence, où rien ne va. L’autrice arrive vraiment à prendre des malheurs du quotidien et nous transmettre leur impact, par l’accumulation, certes, mais aussi simplement parce que parfois, certaines situations prennent une grande place dans nos têtes et dans nos cœurs sans trop qu’on sache pourquoi ❤️🩹
Dit comme cela, ça semble lourd, mais non. On a aussi droit à des débuts de progrès, à des nouvelles idées qui feront leur chemin. Les idées relativement farfelues aussi amènent un ton plus léger malgré tout ce qui est abordé 🏵️
Vraiment une chouette lecture de mon côté. Je veux maintenant en découvrir d’autres de cette collection!
Ce roman de poésie m’a touché au plus haut point. L’adolescence, ce moment dans une vie où tout est « plus ». Plus grave, plus triste, plus intense, plus injuste, plus toute finalement, mais qui forge l’adulte que nous serons demain. C’est une phase, difficile, ingrate et remplie de questionnements et parfois d’irritants au quotidien.
C’est ce que vit la protagoniste de ce court, mais magnifique livre en cette journée d’école des plus ordinaires. Nous la vivons avec elle, nous sommes témoins de sa chute et de son retour précipité à la maison. Elle a besoin d’un break, elle a besoin d’écrire, de vomir ses pensées dans son cahier. Pas facile de se sentir différente, encore moins de l’accepter et d’être libre d’être soi-même et de s’aimer.
Le thème des blessures corporelles que s’inflige le personnage est présent au cours du récit, on comprend que c’est sa façon de savoir qu’elle existe, qu’elle ressent. Le thème de l’anxiété aussi est présent, ce mal qui semble ronger de plus en plus d’êtres humains (est-ce un courant mondial ou bien si c’est relié à notre mode de vie nord-américain ? Je pose ici une vraie question, ça m’intrigue pour vrai.) On y aborde aussi le thème de la douceur, une des solutions apportées. Moins de douleur, plus de douceur et se faire confiance. Parler et s’allier avec des humains qui nous font sentir bien.
Ce livre, je ne le garde pas loin. Je vais assurément le relire, puisqu’en fin de compte, il fait du bien. Il m’a fait du bien. J’ai aimé cette plume à la fois poétique et parlée, où tous les mots sont placés au bon endroit, où chaque phrase a sa raison d’être et où chaque réflexion fait beaucoup de sens.
À faire lire à nos ados. C’est authentique, ça va assurément les rejoindre et en plus, ils pourront constater que lire de la poésie, ce ne sont pas seulement des bouts de phrases mélangés, sans aucun sens et dont le public cible est les gens de 75 ans et plus. Il est temps de changer les préjugés !
Une collection que j’affectionne particulièrement: une très belle entrée dans le monde de la poésie!
Ici, Véronique Grenier nous revient avec sa deuxième œuvre dans cette collection qui traite de santé mentale de façon douce et poétique. Une œuvre d’une grande sensibilité!
Un recueil de poésie pour ados que j'aurais voulu lire ado. L'adulte en moi trouve que c'est un baume sur une période si cruelle de la vie. L'ado aurait peut-être eu un autre regard sur la poésie.
On ne juge pas un livre par sa couverture, on ne devrait pas le juger pour son public cible, sinon on s'empêche de découvrir des petits trésors comme celui-ci.
Lecture très douce, comme le suggère le titre. C’est vraiment l’atmosphère que je sentais tout au long de l’histoire malgré les événements qui ponctuent la journée. Ce sera certainement un livre que je vais faire circuler aux jeunes ados de ma famille.
C'est amusant que ce petit recueil de poésie porte ce titre, car il correspond assez bien à atmosphère générale de la collection dont il fait parti. Les poésie de Courte Échelle abordent toute sorte de thèmes sociaux, avec souvent une touche de légèreté qui les rend très accessibles. Donc, de quoi est-il question avec ce nouveau membre? De santé mentale, mais pas dans l'axe qu'on lui prête souvent impulsivement. La santé mentale, c'est l'équilibre psychique, la santé de l'esprit et elle est trop souvent négligée ou mal connue. On commence à comprendre qu'un problème ou un trouble de santé mentale a un impact sur le vie quotidienne au même titre que la santé physique, alors pourquoi sommes-nous encore gênés d'en parler? Ici, à hauteur d'adolescent.e, on plaide pour une bienveillance envers soi et on imagine comment chouchouter notre esprit, comme on aime chouchouter son corps. Une réflexion intéressante et pertinente, qui concerne tout le monde.
Notre narratrice est une adolescente qui vit une 'mauvaise journée", de celle où elle se fait surprendre par ses menstruations, manque le bus, échappe un cartable qui s'ouvre et recrache toute ses feuilles, vraiment, une accumulation d'irritants. Ce qui est d'abord intéressant de constater dans ce qu'elle raconte, c'est que parfois, ce n'est pas tant une grosse mauvaise nouvelle qui peut nous miner, mais une successions de journées truffées d'irritants et pauvres en gratifications. Et l'adolescence, avec ses changements corporelles, ses questionnements existentiels, ses affirmations d'identités et sa charge émotionnelle un peu bordélique, ça peut vite devenir lourd sur les épaules.
Il y a un moment charnière parmi les vers, où je suis totalement d'accord avec le propos de l’autrice: Nous devrions avoir le droit de prendre des journées et des moments pour s'occuper de notre bien être mental. Car c'est bien de cela qu'il s'agit quand on parle de prendre soin de sa santé mentale, de "bien-être". De ce constat me vient des réflexions sur les impératifs sociaux qui tolèrent mal la déprime, la mélancolie et l'ennui, ces émotions mal aimées qui sont néanmoins aussi importantes et fonctionnelles que les autres émotions. Se donner le droit de vivre son cafard en paix devrait être aussi logique et approuvé que le droit de vivre son gros rhume au chaud dans son lit, entre soixante mouchoirs pleins et trois bols de chocolat chaud. On ne sent pas souvent le droit de vivre sa tristesse, son envie de ne pas sourire ou plus généralement sa lassitude.
Il y a encore souvent cette idée qu'il faut préserver les apparences, sourire pour les autres, afin de ne pas laisser transparaitre le mal être qui règne en-dedans. Pourtant, quel inconfort c'est que de ne pas laisser nos messagers, nos émotions, jouer leur rôle. Quand l'autrice évoque les "ça ira mieux", les "vois la vie du bon côté", les "arrête de chialer", j'entends ces impératifs sociaux qui ne veulent pas laisser de place aux émotions jugées désagréables. On ne peut pas vivre de joie constante, et la simuler revient à rendre la rendre malsaine, car elle n'est pas réelle, ni sincère. Or, c'est un peu à ce message ambiant de vivre heureux à tout prix aux yeux des autres que s'attaque l'autrice avec sa narratrice, à mon humble avis. Parfois, on devrait simplement dire oui à la déprime, se claquemurer dans sa chambre pour enfourner des livres, se gaver de musique, danser sa vie, hiberner sporadiquement, peut importe ce que la personne a besoin pour se sentir plus en adéquation avec son ressenti. À ignorer les messages de nos émotions, on ne fait que retarder leur inévitable mise en garde ( et elle risque de sortir au mauvais moment de façon inadéquate en plus).
Je remarque aussi un élément qu'on aborde de plus en plus: l'anxiété de performance, une anxiété liée aux situations d'évaluation. Une saine anxiété permet de s'atteler à se préparer pour l’évaluation et se sentir prêts à lui faire face, mais une anxiété envahissante donne généralement un stress trop important et peut nuire à ces préparatifs. Surtout, cette anxiété rend parfois incapable de voir les réussites, car l'attention est concentrée sur ce qui manque. Alors quand je vois la narratrice en détresse face à un 82%, on peut se demander si ce n'est pas là un symptôme d'anxiété de performance. Cette note prend une place quelque peu disproportionnée dans son esprit, comme on peut le lire par la suite et c'est cette obsession qui indique un état de stress envahissant. Ce qui est également triste, c'est que notre narratrice tente à tout prix de se convaincre que "82 c'est bon". Mettre autant d'énergie à se convaincre que cela lui convient ne va pas changer le fait que ce n'est manifestement pas le cas, au contraire. Et cet état de non-contentement face à ce qui constitue une réussite laisse entrevoir à quel point sa confiance envers elle même est facilement ébranlée et avec quelle facilité elle amenuise ses réussites. Ce ne sont pas là des signes très encourageants de bonne "santé mentale", dans son sens "d'équilibre".
Au tiers du recueil, la narratrice, excédée par sa mauvaise journée, fait alors une surprenante action: Elle quitte l'école et rentre chez elle " pour guérir de ce qui échappe aux yeux" ( sa santé mentale et son estime de soi malmené, ou plus globalement, sa détresse psychologique).
La seconde partie du livre, "Mes constellations" se consacre donc à un exercice que je trouve excellent dans son approche: se faire une sorte de "bouillon de poulet" pour l'âme ( oui, il existe un livre qui porte ce nom). Être professeur, autant pour les enfants que les ados, je leur ferai probablement faire un exercice analogue, car je trouve que l'enseignement devrait comporter un soucis beaucoup plus aigu pour la santé mentale des jeunes. Après tout, de bonnes habitudes dans les soins de son "soi", il me semble qu'on devrait nous en livrer quelques bases tôt dans la vie, pourquoi ne pas commencer à l'école? Je ne répéterai jamais assez à quel point on devrait parler de psychologie: ce qu'est l'estime de soi, ce que sont les diverses personnalités et les tempéraments, quels sont les besoins primaires des besoins superflus, ce que sont les valeurs et ce qu'est l'identité.
Une des dimensions abordée est le besoin de contrôle, avec cette allégorie sur le jardin. Il y a certaines choses qui nous reviennent et sur lesquels nous avons un pouvoir d'agir, mais tout ne peut être contrôlé. En claire, il faut savoir accepter la souplesse et la surprise. Avoir une pelouse toujours droite et sans aspérités, c'est quelque peu utopique, mais avoir quelques brins par-ci par-là qui poussent sans contraintes, c'est accepter de se donner un peu de liberté et d'espace à l'inattendu. L'anxiété est généralement liée à un besoin excessif de contrôle, pour justement éviter au maximum les imprévus et les situations potentiellement stressantes, mais ce besoin de contrôle peut rapidement nuire à l'estime de soi et à l'équilibre mental, car la personne reste en perpétuelle vigilance. Cette dernière ne permet ni le repos, ni le plaisir ni la confiance, c'est tout simplement intenable comme exercice. Il faut aussi dire que de ne pas avoir le contrôle sur tout n'est pas synonyme d'échec ou de faiblesse, contrairement à ce que pensent bien des gens anxieux.
Ensuite, une partie que j'aime aussi est cet exercice que la narratrice fait sur ce qu'elle "aurait eu besoin" de ce jour-là. On traite peu ou mal des besoins psychologiques des gens et on oublie que l'adolescence, un tronçon particulièrement tumultueux sur la ligne de notre vie, vient avec des modifications et une évolution de notre psyché. Nommer et valider ses besoins permet de mieux les comprendre et les définir. Cela permet de mettre de l'avant des priorités et mieux cerner les messages véhiculés par les émotions.
Il y aura toute sorte de petits exercices intéressants, des allégories, des constats, des lettres à soi, dont je trouve la pertinence particulièrement intéressante. Il y a un narrateur, en nous, qui parfois peut se transformer en terrible dictateur, alors qu'il peut aussi être notre meilleur ami. Nous entretenons un discours intérieur qui se module selon bien des aspects: la confiance en soi, le "surmoi" ( notre "juge" interne), nos besoins et nos souhaits. Dans le cas de notre narratrice, clairement, cette petite voix bienveillante veut se faire entendre, elle a de choses à dire, mais il semble que durant un certain temps, c'était plus le dictateur qui avait le monopole du discours interne. Qu'elle se mette en tête de s'écrire, de se dire qu'elle a besoin d'aide, que de se faire du mal pour avoir moins mal psychologiquement n'est pas souhaitable ni viable, qu'elle s'écrive qu'elle veut changer les choses, un petit pas à la fois, je trouve ça beau et je trouve ça sincère. Personne ne veut être son propre bourreau, mais malheureusement, pour toute sorte de raisons, pleins de gens le vive au quotidien. On peut tout-à-fait être son propre instrument de destruction systémique.
Je retiens, enfin, les pistes de solutions proposées: D'abord, admettre la situation, lui coller des mots, des émotions, des situations et des conséquences. Puis, se donner du temps pour réfléchir, introspecter, mettre en relief quelque chose de très abstrait et pas toujours facile à mettre en mots et en formes. Vient ensuite le réconfort, le "douillet psychologique", le dorlotement envers soi, l'écoute envers soi, la tendresse et le bienveillance pour soi. On cherche à trouver les bons pansements à mettre sur un vieux bobos qui ne saigne certes pas, mais qui fait du mal. Pour y parvenir, l'écoute de ses besoins est essentiel, la prise de conscience de ses limites en est un autre, trouver des allier pour se faire épauler ( amis sincères, parentés, spécialistes, proches de confiance, etc) et je dirais, puisque c'est là la force de la narratrice, employer ses intérêts et capacités pour se guérir. La narratrice, à l'aide de la lecture, du dessins, de la poésie, grâce à son indéniable sens artistique et son intelligence émotionnelle sensible, parvient à dresser un état des lieux psychologique somme toute cohérent et pertinent. Ses allégories et ses illustrations symboliques sont autant de façons de mieux visualiser son ressenti intérieur et ses enjeux liés à sa santé mentale. Pour d'autres gens, ce seront les médiums de la musique, de la danse, des activités physiques, de la littérature, de tout intérêt expressif que ce soit. Ce sont de bons canalisateurs d'émotions et de bonnes façons de s'exprimer sainement. Ce sont donc aussi des facteurs de protection psychologiques et des outils précieux dans un processus de guérison et d'appropriation de ses propres enjeux. Ce ne sont pas que des passes-temps ou des champs d'intérêts. Ils peuvent être des outils et des facilitateurs.
J'aime beaucoup ce petit livre, qui m'aura beaucoup inspiré à écrire cette critique. Il n'est pas seulement beau dans sa forme, il est tellement important dans son sujet. Madame Grenier ouvre une porte qui ne devrait pas être si facilement ignorée, celle de la bienveillance envers soi. Entre les lignes, il est également question d'une forme d'auto-maltraitance, tant physique que psychologique. Physique en raison des bleus sur les bras de son personnage, dont on devine la tendance à la mutilation, psychologique avec cette "voix dictatrice" qui prend trop de place sur la voix bienveillante et conciliante. Je pourrais élaborer encore longtemps sur la responsabilité sociale et macrosociologique derrière ces si nombreux jeunes qui sont durs envers eux, vulnérables dans un système qui prêche l'excellence tant académique que sociale, parfois beaucoup trop. Mais ce serait ouvrir un grand débat très gros et complexe. Reste que c'est un axe de réflexion qu'on peut avoir avec ce petit livre, qui dit tant en si peu de mots.
Une belle œuvre jeunesse, dont la plume douce et sensible pose un sujet lourd et complexe, mais au combien important, voir incontournable.
Pour un lectorat jeunesse adolescent à partir du 1er cycle secondaire, 12-15 ans+
P.-S: Des numéros d'urgence sociaux sont disponibles à la fin, ainsi que des idées de références possible dans le cercle social des jeunes ( intervenants, personnes de confiance, amis, spécialistes, famille, enseignants, etc).
La douceur comme résistance Dans Petites douceurs, Véronique Grenier propose un récit d’une grande délicatesse, resserré sur une journée de trop dans la vie d’une adolescente. Rien, à première vue, qui relève de l’événement spectaculaire : une note correcte, mais inférieure aux attentes, ouvre le texte. Pourtant, de ce léger décalage naît une série de microfissures qui, accumulées, finissent par rendre l’espace scolaire irrespirable. Les remarques, les silences, les exigences implicites et les normes intériorisées forment un environnement où chaque geste devient une épreuve, chaque regard, une évaluation supplémentaire. Le récit suit cette montée progressive de la suffocation jusqu’au moment de la fuite : l’héroïne quitte l’école, s’extrait physiquement d’un cadre devenu invivable. Cette sortie n’est pas une rupture franche, mais plutôt un glissement, une tentative de préserver ce qui peut encore l’être. Hors des murs institutionnels, elle entreprend un lent travail de réparation : réparer son image d’elle-même, réapprendre à respirer, à se parler autrement. Ce mouvement se fait par petites touches, à travers des rencontres, des pensées, des gestes infimes qui composent autant de « douceurs » nécessaires pour survivre à une journée qui déborde. La narration poétique et fragmentaire épouse étroitement l’intériorité de l’adolescente, sans dramatisation excessive. Grenier privilégie une langue simple, sensible, attentive aux détails du quotidien, qui rend palpable l’état de saturation mentale sans jamais forcer l’empathie. Le texte se déploie ainsi comme un accompagnement, presque comme une main posée dans le dos : discret, mais constant.
La force de Petites douceurs réside précisément dans ce refus de l’emphase. Là où de nombreux récits sur l’adolescence ou la santé mentale cèdent à la spectacularisation de la souffrance, Grenier choisit l’infra-ordinaire : les égratignures invisibles, les blessures qui ne se voient pas, mais qui s’accumulent jusqu’à faire système. L’intimité, ici, n’est ni complaisante ni décorative ; elle devient un outil de compréhension. En donnant accès aux pensées fragmentées de son personnage, l’autrice dessine les creux de la santé mentale à un âge où tout semble devoir être performant, linéaire, prometteur. Le roman esquisse également une critique douce, mais ferme des structures qui encadrent les adolescent·es. L’école apparaît comme un système peu pensé pour les humains, encore moins pour leurs fragilités : un espace normatif où la bienveillance est souvent individuelle, jamais structurelle. Face à cela, Petites douceurs cherche et valorise des voix de care, de réparation, parfois maladroites, parfois incomplètes, mais essentielles. Ces voix ne sauvent pas tout ; elles permettent simplement de tenir, de traverser. En ce sens, le livre propose une réflexion poétique et accessible sur la vulnérabilité, sans jamais la réduire à un problème à résoudre. Il rappelle que certaines journées ne demandent pas de solutions spectaculaires, mais seulement la possibilité d’exister autrement, hors de la pression constante de la réussite. Petites douceurs s’inscrit ainsi parmi ces récits rares où la douceur n’est pas une faiblesse, mais une forme de résistance discrète, indispensable.
Dans Petites douceurs, une narratrice adolescente se sert d’un cahier et de crayons afin d’extérioriser ce qu’elle ressent face à la pression du quotidien. Cette narratrice, qui ressent un mal de vivre lié à de l’anxiété causée par le regard des autres, le désir d’obtenir de bonnes notes ou le manque de confiance en soi, en vient à se pincer afin de ressentir une douleur et la contrôler. Comme le dit le titre, notre narratrice répondra à la douleur qu’on s’inflige par de la douceur.
Petites douceurs est un recueil qui parlera à beaucoup d’adolescentes, car il décrit une réalité très présentes (et gênante pour plusieurs). Après Colle-moi, qui abordait le sujet de la séparation des parents, cette deuxième incursion de Véronique Grenier sur le terrain de la poésie pour adolescents et adolescentes est très réussie.
Un recueil de poésie classé jeunesse. L’histoire de cette adolescente qui traverse une journée de marde alors que ses règles commencent peut faire écho chez bien des femmes. Les montagnes russes sont si joliement et douloureusement présentées. Les images sont fortes. C’est très beau! Il donne le goût de s’accorder plus de douceurs. Et cette phrase va m’habiter un moment… « j’aimerais qu’on ait droit à des jours de prendre soin, un genre de congé pour se recroqueviller, un genre de congé pour se flatter le cœur ».
Si j'enseignais au secondaire, ce livre serait sans aucun doute dans ma planification. J'entendais parfois la jeune ado en moi me lire certain passage. J'ai été touchée!
Gros coup de coeur pour celui-ci: J'aimerais qu'on ait droit À des jours de prendre soin Un genre de congé Pour se recroqueviller Un genre de congé Pour se flatter le coeur
Même si ce recueil s'adresse majoritairement aux plus jeunes que moi, aux ados, je me suis tellement reconnue dans quelques trucs exposés par l'autrice. J'ai bien aimé et j'aimerais que tous les jeunes le lisent!
Ce livre m'aurait fait du bien au secondaire. La moi adolescente se serait identifiée à bien des passages. Cette poésie est parfaite pour les jeunes, surtout que j'en écrivais beaucoup à leur âge.