Ce livre rassemble des tas d'idées pour faire de la littérature. Plus que des idées, il s'agit même de contraintes qui, pour les auteurs, sont en elles-mêmes créatrices. C'est parce qu'il y a contrainte qu'il y a littérature. Ainsi s'opposent-ils à la conception subjectiviste, à l'inspiration romantique à l'origine d'un texte. Ils veulent tout mettre du côté de l'objectif. D'ailleurs, les mathématiques interviennent à de nombreuses reprises dans leurs contraintes : remplacer les mots d'un poème par le septième substantif qui les suit dans un dictionnaire, n'utiliser que le vocabulaire mathématique pour créer un texte, utiliser la puissance de l'analyse combinatoire (Les cent mille milliards de poèmes, Queneau)... Ils ne succombent en fait, qu'à la mode de l'époque. Le début de l'informatique, l'enthousiasme qui suit les premières explorations spatiales, l'humanité comprise comme masse à la suite du communisme etc... Ils en viennent à oublier, à négliger, le contenu d'un texte. Le message qu'il veut signifier. Non pas qu'ils soient surréalistes et fassent de l'écriture automatique, mais plutôt qu'ils dénient toute volonté de dire quelque chose, ou de comprendre ce qu'on veut dire.