Je sais que, un jour, ce sera mon tour d’aller à la rencontre de la Coiffeuse, elle qui jamais n’oublie un rendez-vous, même improvisé, elle qui détient la patience et la sagesse des échassiers. Elle s’installera derrière moi sans que je n’entende remuer l’eau autour de ses mollets. Posera la cape sur mes épaules, l’ajustera autour de mon cou tandis que je repenserai à la ceinture, à la poignée de la porte, à la bête enlisée et à ses vertèbres. Elle demandera alors : quelle coupe? Et je répondrai sans hésiter : celle du porc-épic. Celle qui, devrai-je ajouter, fait oublier pour un moment la chair vulnérable du ventre et ce qui toujours y tremble..
J’ai trouvé ce livre vraiment intéressant. J’y ai perçu l’histoire d’un enfant placé en famille d’accueil, qui parvient à traverser les épreuves de la vie grâce à ses amis imaginaires — ou peut-être d’autres enfants vivant des situations similaires ?
Certains passages sont d’une grande beauté, empreints de sensibilité. Ce n’est pas, à mon avis, une poésie accessible à tous, mais l’exercice d’analyse en vaut réellement la peine : il en ressort quelque chose de profondément humain et touchant.
Un peu moins personnel et plus cérébrale que son précédant et j’aurais peut-être cousu plus fermement les dernières suites qui me semblent un peu répétitive de l’ensemble, mais j’ai bien aimé,
Ce n’est ni un recueil, ni un roman, mais plutôt comme si un adulte un peu fatigué par le capitalisme de sa corporation décidait de faire une présentation powerpoint sur les ami-es imaginaires de son enfance au lieu du dernier bilan.
Je serais curieux de voir une discussion avec Baron Marc-Andrée Lévesque.
Rosettes c'est de la poésie qui se lit comme un récit. C'est la vision de l'enfant avec des mots d'adulte. Quand tout est trop petit et trop grand à la fois. Je me suis sentie comme si j'avançais dans un univers de conte. Comme si l'auteur nous invitait à jouer avec ses amis imaginaires. Une lecture enveloppante et éclatée.
"Je demande à Demi-Heure où vont les histoires lorsque les livres et les coeurs se referment. Elle dit qu'elles s'imprègnent de toutes les odeurs du territoire et que, dans le meilleur des cas, elles retournent au-dedans de nous pour nous garder en vie."
4,5 - Quelle belle et mystérieuse lecture qui brouille les frontières entre le réel et l’imaginaire. Je m’y suis plongé en douceur et j’ai passé un très bon moment.
Œuvre la plus onirique de l’auteur jusqu’ici, les fragments se complètent créant un univers narratif étonnant. Une maison ouverte où les oiseaux et les enfants-légumes-fées coexistent, entrent et sortent en toute liberté, autour du narrateur qui se glisse dans les creux des passants et des histoires.