Et bien, encore une fois c'est un coup de coeur.
C'est confirmé j'adore la plume de Guillaume Chamanadjian ! 🧡
Il m'avait complètement bluffée avec sa trilogie Capitale du Sud, partie du Cycle de la Tour de Garde écrit à quatre mais avec Claire Duvivier.
C'était donc avec beaucoup d'envie que je me suis lancée dans ma lecture d'Une Valse pour les grotesques !
Bien sûr, avec aussi l'appréhension d'être un peu (beaucoup, des fois) déçue par la nouvelle parution d'un(e) auteur(rice) que j'apprécie.
Mais pas d'inquiétude, Guillaume Chamanadjian nous livre un récit tout aussi prenant que sa trilogie ! 😌
Ici, il construit l'histoire en trois temps sur le rythme d'une valse qui résonne tout au long de notre lecture, avec les points de vues des trois (quatre ? Cinq ?) personnages principaux.
On suit, tout d'abord, Johann Von Capriccio jeune homme universitaire en obstétrique de la ville de
Schattengau.
Talentueux, il est reconnu dans sa spécialité de ciroplaste, ce qui va attiré l'attention de l'une des personnalités les plus haut placées du gouvernement.
Catherine Von Grunewald va mettre tous ses espoirs dans les compétences et connaissances de Johann afin qu'il l'aide à comprendre le grand mystère autour de la naissance de son fils: cornes, queue, sabots... l'enfant est un faune.
Commence donc, pour Johann, le questionnement sur le monde qui l'entoure ainsi que la place de la connaissance, des sciences, des croyances et des mythes dans son fondement et son fonctionnement.
Il fera, la rencontre (physiquement) douloureuse de Sophia avec qui il va devoir démêler le vrai du faux dans l'Histoire de Schattengau.
À ce duo s'ajoutera Renata qui détient une partie de la vérité sur la ville et son fondateur.
On fera aussi la connaissance des mystérieux Lukas et Ombeline, frère et soeur pas comme les autres.
C'est dans une course effrénée, au rythme de la Valse qui anime la ville, que nos trois protagonistes vont se lancer et ils n'auront pas d'autres choix que de (danser ?) se battre s'ils veulent entendre la fin du morceau en vie.
Ce sont des personnages auxquels on s'attache rapidement et naturellement. On s'identifie à eux, on ressent leurs émotions. On doute avec eux et on essaye de comprendre ce qui se passe.
Chacun à une personnalité, bien marquée, qui les rend uniques et possède une humanité qui touche.
Guillaume Chamanadjian fait partir de ces auteurs (à mon avis) qui savent nous montrer, nous faire ressentir et pas seulement nous "dire" ce qui se passe. On sent les odeurs, on entend la musique, on voit et on ressent cette ville pleine de personnes, de statues et de couleurs.
Une des choses que j'ai adoré dans ses livres précédents et que je retrouve avec joie ici, c'est d'être perdue dans ma lecture. Mais attention pas perdue "je n'y comprends rien, mais enfin ça n'a pas de sens !" mais perdue comme dans un labyrinthe. On fait des tours, des détours, on se retrouve face à un mur...
Nous avançons dans un labyrinthe oui, mais en suivant, sans le voir, le fils d'Arianne que Chamanadjian déroule devant nous.
En effet un des grands atouts de l'auteur c'est de nous mener du début à la fin de l'histoire exactement là où il le souhaite, en même temps que les personnages sans que ça soit prévisible ou trop guidé. On pense avoir tout compris, et bien non, ce n'est pas si simple !
Bref, si vous avez aimé le Cycle de la Tour de Garde, vous pouvez vous lancer dans cette lecture les yeux fermés.
Toujours entre fantaisie et réalité, le nouveau roman de l'auteur nous ramène à ce qu'on a aimé dans Capitale du Sud: une ville vivante, des mythes et des destins entremêlés, de la musique, des personnages avec leurs défauts et leur humanité... Mais quand même avec une impression de nouveau, de première fois qui en fait une histoire unique.
Et pour ceux qui ne connaissent pas encore sa trilogie (ou qui ne veulent pas se lancer tout de suite dans une série) ce livre est une très bonne manière de découvrir l'univers et l'écriture de Guillaume Chamanadjian.