Animatrice du podcast Philomène la danse, l'autrice nous propose de remettre la philosophie au cœur de nos vies dans ce texte enthousiasmant qui questionne l'effacement des femmes et des minorités de l'histoire de la pensée. La philosophie, une affaire de grands barbus en toges romaines ou d'universitaire en costume de tweed ? Et si au contraire les philosophes étaient partout autour de nous... Dans cet essai drôle et plein d'esprit, Léa Waterhouse raconte l'histoire d'une invisibilisation, celle des femmes philosophes et, avec elle, d'une cohorte de penseurs issus de minorités. Au fil d'exemples bien sentis, elle dévoile ce que cache cette mise à l'écart systématique et l'affirme haut et fort : l'absence de réflexion inclusive mène la philo dans l'ornière. À une époque où la complexité du monde requiert d'exercer au maximum nos capacités de réflexion, n'aurions-nous pas intérêt à nous réapproprier tout le pouvoir de la pensée, à ouvrir les yeux sur la diversité et de ses valeurs, à appréhender, en philosophe, notre quotidien. Philosophesse est un texte frais, vif, militant qui nous incite à réfléchir plus grand.
J'ai entendu parler de ce livre via les réseaux sociaux, étant abonnée au compte "Philomène la danse", et je dois dire qu'après avoir lu son résumé, j'ai tout de suite eu envie de le lire. Car faisant actuellement des études de philosophie et étant très attachée au fait d'en apprendre toujours plus sur des auteur.ices méconnu.es, avoir l'opportunité à travers cet essai découvrir des philosophesses et penseurs délaissés par la pensée occidentale m'a immédiatement attirée.
Cependant, je ne peux pas dire que j'ai adoré ce livre. J'en ai majoritairement apprécié la lecture, qui fut ailleurs rapide. J'ai eu le plaisir de découvrir des philosophes que je ne connaissais pas, et dont il me tarde de découvrir les œuvres. J'ai également appris de nombreuses choses que je ne savais pas sur Descartes, Voltaire et autres, qui sont bien trop souvent mis sur un piédestal lors de mes cours à l'université... Mais je pense que je m'attendais à un autre type d'ouvrage.
J'aurais préféré un essai plus long, plus complet, qui va plus loin dans la présentation des auteur.ices et de leur système de pensée. Évidement, cela relève d'une préférence personnelle, tout comme le fait que je n'ai pas particulièrement aimé le style d'écriture de Léa Waterhouse. Cependant, je reconnais volontiers que c'est un avis totalement subjectif, et que l'auteure a très bien réussi à mettre à l'honneur la pensée des philosophesses qu'elle a présenté dans son essai. C'est un très bon ouvrage en termes de vulgarisation à mon sens, qui transmet un message clair. Ce n'était peut-être juste pas ce à quoi je m'attendais, mais cela reste une lecture qui m'a été bénéfique.
À un moment dans son livre Léa Waterhouse admet ne pas avoir continué la philosophie après le lycée et ça se sent. Tout le livre se base sur une indignation que le mot philosophesse ait été oublié (des mots laids sont oubliés tous les jours, c’est la forme vivante de la langue), les propos sont très superficiellement abordés surtout pour des gens qui s’intéressent au préalable à la philosophie. Le style d’écriture aussi m’a vraiment rebutée, avec des punchlines en caractères gras dans le style commentaire Twitter pour démonter Descartes ou faire un statement sur le féminisme ou racisme des institutions. Ce livre s’adresse peut-être à des gens qui n’ont jamais entendu parler de philosophie, de féminisme, de racisme, pour lesquels ce livre pourrait être un genre de vulgarisation sous forme ludique si on est optimiste, infantilisante sinon. Si vous en savez un tant soit peu sur le sujet, passez votre chemin.
Si vous cherchez une introduction aux philosophes et philosophesses non blanc.hes, vous êtes sur la bonne voie. Ce livre nous invite à remettre en question nos certitudes et à voir la philosophie non pas comme une discipline réservée à une élite, mais comme une manière de repenser la vie et nos relations sociales sous un nouvel angle.
Merci à Mme Waterhouse pour ce beau bouquin, qui m’a permis de détester un peu moins la philosophie, et surtout de comprendre qu’elle va bien au-delà de ce que les programmes scolaires nous enseignent !