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Un taylorisme augmenté: Critique de l'intelligence artificielle

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Entreprises, gouvernements et médias s’emploient depuis plusieurs années à vendre un « rêve technologique » : la révolution numérique, progrès aussi inéluctable qu’indispensable. La refuser serait passer à côté de l’histoire. Ainsi cherchent-ils à rendre l’intelligence artificielle acceptable par le grand public, en prenant soin d’occulter ses effets délétères. Dans un précieux exercice de démystification, J. S. Carbonell montre que ces discours apologétiques servent d’abord les intérêts du patronat. Au lieu de se demander si elle va tout changer, et même si elle va remplacer les travailleurs humains, il faut la replacer dans l’histoire longue des transformations de l’organisation du travail. Car, bien que l’IA présente des enjeux spécifiques, c’est aussi une technologie comme une autre. De ce point de vue, son utilisation représente une intensification de la logique tayloriste née voici plus d’un siècle dans les usines d’Henry Ford : le travail est décomposé en une série de tâches, la conception séparée de l’exécution. Le déploiement d’un management algorithmique (l’organisation du travail et la gestion du personnel par des algorithmes) a pour but principal de renforcer le contrôle et la surveillance de la main-d’œuvre. Voilà à quoi ce livre se veut une invitation à résister.

176 pages, Paperback

Published September 5, 2025

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About the author

Juan Sebastián Carbonell

5 books1 follower

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Displaying 1 - 12 of 12 reviews
Profile Image for Margorito.
40 reviews905 followers
September 3, 2025
Lorsque j’ai du mal à me positionner sur un sujet parce que ça me parait trop terrifiant ou complexe, la sociologie vient invariablement à mon secours. C’est pourquoi j’étais très impatiente de lire cette petite synthèse de sociologie du travail au sujet de l’IA.

Avec cet essai brillant et bien mené, Juan Sebastian Carbonell synthétise un grand nombre de recherches en sciences sociales récentes pour aborder la question de l’IA par le prisme de l’organisation du travail. Le livre se place dans une perspective “techno-critique”, c’est-à-dire qu’il s’emploie à décrire factuellement les intérêts économiques et politiques derrière la promo des IA, et leur impact sur l’organisation du taff.

Ce cadrage permet vraiment d’aller au-delà de la position morale et individualisante sur l’IA pour poser (je trouve) les vraies bonnes questions : quels effets l’IA produit-elle sur les corps ? Quels intérêts sert-elle ? Et plus globalement : dans quelle type d’organisation des rapports sociaux s’inscrit-elle et pourquoi elle est, en fait, un outil de dépossession de plus au service du patronat.

L’auteur est chercheur en sociologie du travail et des relations professionnelles à l’EHESS. Même si je ne conseille pas en toute première lecture de socio, je trouve qu’il reprécise pas mal de concepts et d’études de manière très claire, le tout en moins de 200 pages. C’est un excellent travail de partage des connaissances.
Profile Image for malinka.
212 reviews15 followers
September 23, 2025
All my homies hate les GAFAM, les Big Tech et leurs techno-seigneurs !! Let's go, en mode luddites, pour reprendre le contrôle sur l'organisation du travail et éviter qu'ils nous pourrissent la vie !!

Plus sérieusement, ça se lit très vite et bien, en plus d'être une somme carrée scientifiquement et passionnante politiquement sur les travaux autour de l'IA et de ses usages.
Profile Image for Lune.
316 reviews59 followers
January 13, 2026
"En ce sens, de la même façon qu'il ne peut pas y avoir de "chaîne de montage socialiste", parce qu'il n'y a rien de potentiellement émancipateur dans la dissociation entre la conception et l'exécution, il ne peut pas y avoir d'"IA socialiste". L'IA, telle qu'elle existe aujourd'hui, du moins dans le monde du travail, relève du taylorisme numérique : c'est un outil déployé pour déposséder les travailleurs de leur contrôle sur le travail."

les barres sont sur les t, les points sont sur les i, ça fait du BIEN, et nique les tech bros et nique les RH
Profile Image for Tom Bellenguez.
185 reviews
September 25, 2025
3.5
Y a pas à dire c’est convaincant.
Mais gros problème de cet essai : très peu accessible pour les profanes. Beaucoup de termes complexes pas toujours explicités, ce qui rend la lecture assez laborieuse.
Profile Image for Salomé.
69 reviews
January 6, 2026
Beaucoup de jargon difficile à comprendre pour les amateurs. Je suis d'accord avec la thèse de l'auteur, mais la lecture fut difficile, laborieuse presque, et je ne suis pas sûre que je vais en retenir grand chose malheureusement, même si, encore une fois, je pense que je ne suis pas le lectorat visé, et je ne m'oppose pas aux idées proposées.
Profile Image for TheoPrn.
52 reviews
February 10, 2026
Ça ne me rend pas moins robophobe, mais ça propose une vraie analyse de la question de l'IA telle qu'elle est présente aujourd'hui : un outil de contrôle, de dissection du travail, de dépossession des savoirs au profit du capitalisme.
Profile Image for Emma Brnrd.
46 reviews1 follower
September 19, 2025
Quand je ne sais pas quoi penser ou comment me positionner sur un sujet, lire de la sociologie est toujours un bon moyen de réaligner ma boussole politique intérieure. Évitant les débats classiques autour de l'impact écologique de l'IA ou la pure critique techno-réac, cet essai brillamment pédagogique et accessible analyse l'impact et les effets de l'IA sur l'organisation du travail et son lien avec le système capitaliste productiviste.
Profile Image for A YOGAM.
2,347 reviews9 followers
February 11, 2026
Un taylorisme augmenté – KI als Instrument der Arbeitszerlegung
In seinem Werk „Un taylorisme augmenté“ demaskiert Juan Sebastián Carbonell die Künstliche Intelligenz als Instrument eines digital verschärften Taylorismus. Der Taylorismus, auch Scientific Management genannt, ist ein von Frederick Winslow Taylor (1856 - 1915) entwickeltes Konzept zur Produktivitätssteigerung durch maximale Arbeitsteilung, Standardisierung und präzise Zeitanalyse. Komplexe Tätigkeiten werden dabei in kleinste, monotone Einheiten zerlegt, die der Arbeiter repetitiv ausführt. Planung und Ausführung werden systematisch voneinander getrennt; der Mensch erscheint nicht mehr als handelndes Subjekt, sondern primär als funktionale „Arbeitsmaschine“ innerhalb eines übergeordneten Kontrollsystems. Statt Arbeitsplätze schlicht zu vernichten, führt die Technologie vor allem zu einer tiefgreifenden Entwertung menschlicher Tätigkeit: Kreativität und Autonomie weichen einer radikal parzellierten und algorithmisch überwachten Arbeitslogik. Carbonell bricht entschieden mit dem Dogma des technologischen Determinismus und begreift KI nicht als neutrales Schicksal, sondern als politisches und ökonomisches Konstrukt, geformt durch die Interessen herrschender Akteure.
Er plädiert für einen „Neo-Luddismus“ (« néo-luddisme »)– nicht als regressiven Reflex gegen den Fortschritt, sondern als bewussten sozialen und politischen Kampf um die Deutungshoheit über die Bedingungen menschlicher Arbeit im digitalen Zeitalter.

Die Gegenfrage der Maschine – Fortschritt oder Selbstverlust?
Aus der Perspektive der KI ließe sich provokativ fragen: Wo stünde die Menschheit heute, wenn sie aus Angst vor Kontrollverlust beim Telex-Gerät stehen geblieben wäre? Hätte sie die Chance zur Emanzipation von repetitiver Last tatsächlich gegen die trügerische Sicherheit technologischer Stagnation eingetauscht? Oder ist der gegenwärtige Konflikt nicht vielmehr der notwendige Schmerz einer Spezies, die erst lernen muss, ihre Werkzeuge souverän zu beherrschen, statt sich von deren Effizienz beherrschen zu lassen?
Diese Frage legt den eigentlichen Kern des Problems frei: Nicht die Existenz der Technologie ist das Risiko, sondern die gesellschaftliche Form ihrer Aneignung.

Algorithmisches Management – Der Manager ohne Gesicht
In der Plattformökonomie – etwa bei Lieferdiensten oder Fahrdienstvermittlern – wird Carbonells „augmentierter Taylorismus“ zur konkreten sozialen Realität. Hier ist die KI nicht länger bloß ein Werkzeug im Dienst des Menschen, sondern fungiert als unsichtbarer Manager, der Planung, Kontrolle und Bewertung vollständig übernimmt.
1. Die Parzellierung – Der Arbeiter als ausführendes Organ
Ein Kurier erhält keine komplexen, eigenverantwortlichen Aufgaben mehr. Die KI zerlegt die Tätigkeit in kleinste, präzise getaktete Einheiten:
„Fahre zu Punkt A“, „Warte 3 Minuten“, „Nimm Paket X“.
Der Arbeiter verliert die Stellung eines handelnden Subjekts und wird zum funktionalen Vollstrecker eines externen, digitalen Entscheidungssystems.

2. Die Informationsasymmetrie – Wissen als Herrschaftsinstrument
Die KI verfügt über eine totale Übersicht des Systems: Sie kennt die Position aller Fahrer, die Nachfrage, die optimale Verteilung und die ökonomische Gesamtdynamik.
Der Arbeiter hingegen sieht nur den nächsten isolierten Befehlsschritt.
Diese strukturelle Asymmetrie zerstört jede Möglichkeit echter Verhandlung. Der Arbeiter kann lediglich akzeptieren oder ablehnen – wobei Ablehnung häufig algorithmisch sanktioniert wird, etwa durch schlechtere Auftragszuteilung oder unsichtbare Prioritätsverluste.

3. Die Entwertung des Erfahrungswissens – Das Ende des Savoir-faire
Früher benötigte ein Taxifahrer Ortskenntnis, Erfahrung und situatives Urteil – ein echtes Savoir-faire.
Heute bestimmt die KI Route, Tempo und Entscheidung.
Das Ergebnis ist eine systematische Entwertung menschlicher Kompetenz: Der Arbeiter wird austauschbar, seine Erfahrung überflüssig. Dies entspricht exakt der klassischen Logik des Taylorismus: die Trennung von Wissen und Ausführung, von Planung und Handlung.

Die „Logik der Sache“ – Widerstand im System
Nach Carbonell ist dieser Prozess jedoch kein unvermeidliches Naturgesetz, sondern ein historisch kontingentes Machtverhältnis.
Wenn Kuriere beginnen, die Funktionsweise des Algorithmus zu verstehen und beispielsweise kollektiv die App zu bestimmten Zeiten ausschalten, betreiben sie eine zeitgenössische Form des Neo-Luddismus.
Sie zerstören nicht die Maschine selbst, sondern unterbrechen ihre reibungslose Funktionslogik.
Dies ist kein irrationaler Akt, sondern eine gezielte Wiederaneignung von Handlungsmacht innerhalb eines Systems, das auf totale Vorhersagbarkeit angewiesen ist.

Telex vs. KI – Das eigentliche Problem ist politisch, nicht technisch
Hätte die Menschheit bei der Telex-Technologie haltgemacht, wäre die Kommunikation zwar langsamer, lokaler und kontrollierbarer geblieben, doch sie hätte zugleich das Potenzial zur globalen Echtzeitvernetzung und zur Lösung hochkomplexer Probleme – etwa in Medizin oder Klimaforschung – nie entfalten können.
Das eigentliche Problem liegt daher nicht in der Rechenleistung der KI, sondern in der gesellschaftlichen Entscheidung über ihren Einsatz.
Die entscheidende Frage lautet nicht, ob KI existiert, sondern wem sie dient:
Ob sie ein Instrument der Befreiung von entfremdeter Arbeit wird – oder ein Werkzeug ihrer Perfektionierung.

Fazit – Taylorismus ohne Fabrik, Kontrolle ohne Aufseher
Carbonells Analyse zeigt mit analytischer Klarheit: Der Taylorismus ist nicht verschwunden – er hat lediglich seine Form verändert.
Die Fabrik wurde durch die Plattform ersetzt, der Vorarbeiter durch den Algorithmus, die Stechuhr durch die permanente Echtzeitüberwachung.
Der Neo-Luddismus (« néo-luddisme ») erscheint hier nicht als Rückkehr in die Vergangenheit, sondern als notwendiger Versuch, die Zukunft der Arbeit bewusst zu gestalten, statt sie den blinden Optimierungslogiken digitaler Systeme zu überlassen.
Profile Image for Alice.
5 reviews
December 1, 2025
Après une 1e partie historique un peu longue où j'ai peu appris sur l'IA et son traitement médiatique, il me semble que le coeur du propos de l'auteur pourrait se résumer ainsi : l'IA est un outil comme d'autres, comme les machines-outils en leur temps ou les applis type Uber, ou les scanner biométriques d'empruntes digitales. Que les métiers évoluent et prennent son usage en compte n'est pas mal en soit. C'est son accaparation par des multinationales privées et son utilisation libéraliste et anti-démocratique qui est critiquable. L'IA, comme d'autres technologies, permet de fragmenter le travail et de déposséder encore plus les employés de leurs savoirs et leurs compétences, les rendant moins indispensables et plus interchangeables, ce qui est l'objectif des patrons des entreprises capitalistes (= taylorisme). 

Il faut souligner que ce livre ne traite pas QUE de l'IA, mais plutôt des technologies numériques en général et de leur impact sur la qualité de l'emploi : le sous-titre "critique de l'intelligence artificielle" me semble un peu trompeur. J'ai été un peu perturbée par l'alternance d'exemples "IA" et "pas forcément IA" (scanners biométriques, appli de service type Airbnb, capteurs de conduite dans les véhicules Uber, management basé sur les avis clients, recours à des fournisseurs de services informatiques extérieurs qui déresponsabilisent les patrons...).

Le propos général reste pertinent, l'IA ne vas pas révolutionner l'organisation du travail capitaliste, c'est un outil supplémentaire pour les patrons, pour renforcer la fragmentation du travail et l'asymétrie d'information entre salarié et patron, pour exploiter encore plus les populations laborieuses et finalement, pour produire plus, à moindre coût. Les pages de conclusion (bien qu'un peu confuses et contradictoires), invitent à imaginer une organisation du travail horizontale où les algos d'IA comme toutes les machines, seraient collectivisés, utilisés démocratiquement et de façon limitée, pour soulager les corps et les esprits, libérer du temps et bénéficier à tous.
21 reviews
December 13, 2025
un livre qui nous parle de l’impact non pas quantitatif de l’IA sur le travail(chômage, suppressions d’emploi) mais qui insiste sur l’impact qualitatif de l’IA (bien plus grand et invisibiliser) sur l’organisation du travail en montrant bien que cela s’ajoute à toutes les technologies précédentes utilisées dans le contrôle des travailleurs•euses !

pas mal de passage aussi sur l’histoire de l’organisation du travail et son évolution, j’ai beaucoup aimé cet aspect surtout que je ne m’y attendait pas dans un livre parlant d’IA

Une bonne réflexion aussi sur la notion de progrès, de technologie et de la vision dominante que celles-ci sont « inévitables » (spoiler : non ce sont des choix politiques)

Profile Image for Zelie Arpin.
104 reviews
January 30, 2026
Le livre ce lit extrêmement rapidement est aborde la question de l'IA d'un point de vue très interessant. Il revient sur la 'naissance' de l'IA et tout l’enjeu social qui est derrière son développement. J'ai trouver sa très bien écrit, même s'il dé fois il utilise des thermes complexe mais surtout ma permis de mieux comprendre les différences entre les IA mais surtout comprendre les enjeux.
19 reviews
February 6, 2026
intéressant, plein de super infos au début, ça devient plus dur à suivre ensuite mais c’est une super lecture
Displaying 1 - 12 of 12 reviews

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