Jacques Rancière (born Algiers, 1940) is a French philosopher and Emeritus Professor of Philosophy at the University of Paris (St. Denis) who came to prominence when he co-authored Reading Capital (1968), with the Marxist philosopher Louis Althusser.
Rancière contributed to the influential volume Reading "Capital" (though his contribution is not contained in the partial English translation) before publicly breaking with Althusser over his attitude toward the May 1968 student uprising in Paris. Since then, Rancière has departed from the path set by his teacher and published a series of works probing the concepts that make up our understanding of political discourse. What is ideology? What is the proletariat? Is there a working class? And how do these masses of workers that thinkers like Althusser referred to continuously enter into a relationship with knowledge? We talk about them but what do we know? An example of this line of thinking is Rancière's book entitled Le philosophe et ses pauvres (The Philosopher and His Poor, 1983), a book about the role of the poor in the intellectual lives of philosophers.
Most recently Rancière has written on the topic of human rights and specifically the role of international human rights organizations in asserting the authority to determine which groups of people — again the problem of masses — justify human rights interventions, and even war.
In 2006, it was reported that Rancière's aesthetic theory had become a point of reference in the visual arts, and Rancière has lectured at such art world events as the Freize Art Fair. Former French presidential candidate Ségolène Royal has cited Rancière as her favourite philosopher.
Dans "La mésentente", Jacques Rancière s'oppose à l'idée que la démocratie consensuelle post-soviétique marquerait un retour du politique, y voyant bien plutôt sa liquidation. Il définit la véritable politique comme l'intervention paradoxale des "sans-part", c'est-à-dire de ceux qui ne possèdent aucun titre traditionnel (naissance, richesse ou savoir) à exercer le pouvoir. Le "consensus" moderne neutralise précisément cette part, en réduisant la politique à la simple gestion de la domination économique. Le livre démontre comment cette gestion en apparence pacifique engendre au contraire de nouvelles formes d'exclusion, de haine et de violence, ce qui prouve l'actualité intacte de son analyse. Rancière opère ici une distinction centrale entre "la politique", en tant que moment du litige, et la "philosophie politique", qui vise historiquement à clore ce litige (par exemple comme archi-politique, para-politique ou méta-politique). Pour lui, la politique est la "mésentente", le moment où les "incomptés" défient l'ordre "policier" établi de la répartition des parts et revendiquent l'égalité. La démocratie n'est pas un état idéal, mais la simple condition de possibilité de la politique – c'est-à-dire non pas une forme de gouvernement stable, mais le moment disruptif de la revendication d'égalité elle-même – le moment où les exclus peuvent précisément prendre la parole. Le paradoxe de la "post-démocratie" consensuelle réside dans le fait que la fin du litige politique engendre une nouvelle xénophobie ou discrimination, les conflits étant désormais renvoyés à des causes "réelles" telles que l'origine ethnique. Pour conclure, il faut cependant souligner avec force le paradoxe qui réside dans la diminution (apparente) de la "part des sans-part" : Lorsque l'ordre post-démocratique prétend résoudre tous les conflits par le consensus et gérer intégralement chaque "part", il ôte à la politique son fondement même. La politique, au sens de Rancière, n'existe que par l'insurrection de ceux qui ne sont pas comptés. Une ère où la "part des sans-part" semble constamment diminuer est donc une ère où la subjectivité politique elle-même s'éteint, et où la mésentente fondamentale cède la place à la pure gestion de l'ordre "policier". C'est le silence qui s'installe après la fin de la politique.