Journaliste parisien, Alex Delcourt abandonne son confort bourgeois. Il veut échapper au flux sans fin de l'information qui a trop longtemps été au centre de sa vie. En partant sur les routes, Alex tente de réinventer son lien au temps, aux êtres, aux histoires qu'il raconte. Au fil des rencontres et des paysages, il voit sa vision du monde ébranlée par les lépreux de l'âge technologique, les gens qui ont suivi les indications d'un GPS jusqu'à la mort, les malades électrosensibles et les enfants frappés du syndrome de résignation. Les yeux clos donne à lire une introspection sur fond de tragédie d'une Amérique hantée par ses excès.
Né en France, à Crépy-en-Valois, en 1973, de parents d’origine coréenne, Philippe Yong vit à Montréal où il enseigne la littérature au Collège Stanislas. En 2022, il publie un premier roman chez Mémoire d'encrier, Hors-Sol, finaliste pour de nombreux prix un peu partout à travers le monde. Les yeux clos est son deuxième roman.
J’ai beaucoup aimé le rythme et l’écriture de l’auteur. Les histoires m’ont permis d’amorcer des réflexions sur le regard qu’on porte ou non sur les situations parfois troublantes du quotidien.
L'aspect des histoires inconnues, du mystère et de la découverte m'a beaucoup plu, mais j'ai été un peu déçue de la fin. C'était facile d'ajouter une histoire avec une femme à mon avis.
Le titre de ce roman fait référence à une œuvre d’Odilon Redon, au musée d’Orsay. C’est le portrait mystérieux d’une femme aux paupières baissées suggérant soit la mort ou le sommeil. (J’ai été attirée par ce roman à cause de cette référence à Redon, un artiste que je ne me lasse jamais de visiter lorsque j’ai la chance d’aller à Orsay). Le roman suit un journaliste qui décide de retourner à la source de faits divers qu’il avait lus sur un fil de presse. C’est ainsi que de Paris, il se retrouve aux États-Unis où il rencontre une dame qui a perdu son mari dans le désert. Il s’était fié à son GPS qui le mena sur des routes qui n’existaient plus. La dame a survécu et a été sauvée de justesse. Le journaliste en tire un blogue publié dans Le Monde. Ensuite, il va à la rencontre d’une communauté qui vit autour d’un radar conçu pour envoyer des ondes dans l’univers et où il est interdit d’utiliser tout autre type d’ondes qui pourraient interférer avec celles du radar. Des gens hypersensibles aux ondes en tout genre s’y sont réfugiés. Là, le journaliste rompt son code d’éthique et tombe amoureux d’une jeune femme, l’un de ses sujets d’investigation. Avouant son manque d’éthique, il en tire un autre blogue que le comité éditorial du Monde acceptera de publier. Une publication qui lui vaudra un divorce. Et pour finir, il va à la rencontre de familles de réfugiés au Danemark, où certains de leurs enfants se sont coupés du monde en tombant dans un mutisme qui a toutes les caractéristiques d’un coma. Le fait est documenté. On comprendra que l’image peinte de Redon prend tout son sens avec ce dernier exemple.
La première partie était vraiment intéressante! Cette histoire de mort par GPS m’a captivée. Puis la deuxième partie était prometteuse, mais au final m’a laissée dans l’ennui (au point où j’avais arrêté de lire le roman il y a quelques mois pour le recommencer il y a quelques jours). En fait, je suis déçue de la tournure de l’histoire. Mon intérêt étant moindre, j’ai lu rapidement la troisième et dernière partie.
Les réflexions entourant l’utilisation des technologies sont pertinentes. L’éthique du journalisme, abordée dans la deuxième partie, aussi. Mais ça m’a laissée sur ma faim.
3.5 J’ai adoré la plume de l’auteur, le rythme de l’histoire et la prémisse de celle-ci : un journaliste qui ressent le besoin de reprendre les rennes d’un récit plus humain, au long cours, après avoir été bouleversé par une oeuvre d’art.
Mais je dois avouer que la fin m’a déçue. Cette histoire d’adultère m’a semblée lâche, une porte de sortie facile.
Tout était bon, sauf la fin. J’aurais pu abandonner ma lecture à partir d’un moment bien précis de l’histoire mais j’ai tenu bon, en espérant que une tournure différente… Bien écrit, bien ficelé malgré tout mais grosse déception en ce qui concerne la « fuite » (je vais le dire comme ça pour ne rien divulgâcher) du personnage principal…