Le mathématicien A. Square est un carré résidant à Flatland, monde bidimensionnel. Après avoir décrit au lecteur son univers, Square visite Lineland (monde réduit à une seule ligne) et Pointland (avec un seul habitant, très égocentrique, un point !) avant de rencontrer un habitant de Spaceland : une sphère. Ses convictions en seront changées à jamais... Un pays à quatre dimensions existerait-il ?
C'est une lecture très déconcertante, je ne suis pas habituée à cela mais je trouve intéressant de sortir des sentiers battus. Il faut savoir qu'il s'agit d'une adaptation d'un essai d'Abbott à la fin du XIXe siècle. Je pense qu'il est difficile de retranscrire cet essai résolument moderne en bande dessinée mais cela reste un parti pris intéressant. Ce n'est pas un coup de cœur mais de la curiosité que j'ai ressenti pour ce livre. Évoquons tout d'abord les dessins, la couleur, l'esthétisme pour résumer. Je trouve le dessin très avant-gardiste, très conceptuel. En effet, on n'a que des formes géométriques, c'est cubiste, c'est très rond. J'avoue que cela change clairement de ce que je lis comme bande dessinée. C'est un parti pris osé surtout qu'il y a en réalité peu de détails si ce n'est une multitude de lignes, de ronds, de formes géométriques. Il est vrai que j'ai un peu galéré par moments avec l'esthétisme parfois peu clair par rapport au contenu. Il faut de la patience, du temps et un minimum de savoirs pour comprendre l'esthétisme avec les propos. J'aime en tout cas l'originalité du dessin, c'est à la fois simple de première abord mais complexe en interprétation. Entre nous, je pense qu'il est bien que nous ayons du dessin pour mieux illustrer l'essai. Quant aux couleurs, c'est aussi osé que l'esthétisme. En effet, on jongle entre le bleu, le rouge, le blanc, le noir et le gris. Je dois dire que les dessins en rouge étaient un peu déroutants. Il est vrai que j'ai eu mal aux yeux par moments par ce changement radical de couleurs. C'est surprenant mais je trouve intéressant et cohérent avec le dessin. C'est - si on peut dire - avant-gardiste. Concernant la structure du livre, la bande dessinée est bien structurée en plusieurs chapitres. On peut même dire que lesdits chapitres sont scandés en 2 parties : Flatland et les autres "mondes". Chaque chapitre présente un aspect de la société soit "flatlandienne", soit celle des autres. J'ai trouvé intéressant de montrer les différents aspects pour mieux comprendre et en quelque visualiser le monde fictif de Flatland. Pour conclure, l'esthétisme est très original et surprenant. C'est un choix osé de mettre des couleurs "détonnantes" pouvant perturber l'oeil. C'est avant-gardiste avec beaucoup de formes géométriques. En tout cas, c'est très conceptuel ; on adhère ou pas mais il faut reconnaître son originalité.
Poursuivons la chronique en analysant cette BD en profondeur. Je dois dire que j'ai pris beaucoup de temps à lire cette bande dessinée. En effet, c'est une lecture déconcertante car je n'ai pas l'habitude de lire des livres voire jamais, mettant en scène des figures géométriques comme personnages. C'est original et surprenant, j'ai mené quelques recherches sur le livre dont est adaptée la bande dessinée. Je pense que Danicollaterale reprend fidèlement l'essai. C'est difficile de l'adapter vu l'histoire qui n'est autre qu'un essai. Est-ce un essai philosophique ou bien politique ? Je n'ai strictement aucune idée car j'ai eu beaucoup de difficultés à comprendre les intentions, les thèses, antithèses, etc. J'ai eu l'impression qu'il s'agissait d'une satire politique pour remettre en question la société du XIXe siècle dans sa perception à voir les choses. En effet, j'ai pu reconnaître une métaphore à l'allégorie de la caverne de Platon par le biais de A. Square. Ce dernier est un carré qui a compris qu'il existait 3 dimensions et non 2. Or, il essaye de convaincre les habitants de Flatland mais il ne réussit pas et se retrouve à découvrir d'autres pays avec des spécificités particulières, par exemple : Lineland avec sa seule ligne, Pointland avec son point... Il découvre de nouveaux horizons, il ouvre son esprit en se rendant compte que d'autres dimensions existent, est-ce qu'il existe un monde avec 4 dimensions ? Il est vrai que s'il compare à notre vision actuelle des choses, nous avons une vision tridimensionnelle mais n'existe-t-il une vision à 4 dimensions ? C'est une réflexion qui nous pousse à voir des recherches scientifiques, à nous questionner. C'est une lecture difficile car cela nécessite un intérêt pour le monde des mathématiques et le monde politique voire le monde philosophique. Il faut prendre le temps pour le lire et tenter de décrypter certaines interprétations. Nous avons donc un essai adapté en bande dessinée. Il est déjà farfelu avec cette vision très imaginaire dans laquelle des formes géométriques vivent dans différentes sociétés. Difficile à comprendre, on peut néanmoins noter son originalité et sa tentative de nous pousser à la réflexion tant d'un point de vue scientifique que politique et philosophique.
Pour conclure, j'ai été clairement perturbée par ma lecture. Elle est très originale, audacieuse dans son esthétisme qu'on adhère ou pas. J'ai trouvé cela très avant-gardiste dans une certaine mesure. Cependant, la tâche est difficile d'adapter un essai farfelu, avec une vision très science-fiction par son univers où les formes géométriques vivent dans des sociétés régies par des règles qu'on peut retrouver dans notre monde. Essai politique, essai scientifique, il est difficile de définir de façon claire et nette les intentions d'Abbott. Je reconnais néanmoins le parti pris et l'audace d'avoir fait cette bande dessinée.
Flatland est l'adaptation en BD du roman du même nom de Edwin A. Abbott paru en 1884. On y suit Mr. Square, mathématicien de Flatland, univers en 2 dimensions, qui, guidé par un second personnage externe qui n'interagit qu'à travers du texte, va découvrir des mondes au-delà de ce qu'il pensait exister. Des mondes composés uniquement de lignes, de points ou encore de figures 3D.
La BD est composée de 2 parties, la première où Mr. Square échange avec le narrateur et l'introduit à son monde, à ses règles, et us et coutumes. Monde qui semble très différent (chaque habitant est une figure géométrique allant du triangle au cercle en passant par le carré, l'hexagone et encore bien d'autres) mais également très semblable au nôtre. L'auteur originel, Edwin A. Abbott, critique ici de manière détournée l'Angleterre du XIXe siècle, mais nombre de ces critiques sont encore valables aujourd'hui. De la condition des femmes, au rejet des différences ou du progrès.
La deuxième partie est centrée sur l'élévation intellectuelle de Mr. Square et son introduction aux dimensions inférieure et supérieure (1 dimension, 3 dimensions, 4, 5, et au-delà) guidée par le narrateur.
J'ai apprécié cette lecture, bien qu'un peu perchée et compliquée par moment. La première partie m'a fait penser à la découverte d'un peuple ou d'une culture qui nous est inconnue. Le dessin, comme vous vous en doutez, est très géométrique, en raison de la nature des habitants et de Flatland. J'ai aimé avoir un support visuel pour la narration, n'imaginant que globalement lorsque je lis des romans, la lecture du livre de base aurait sûrement été difficile. Le format BD se prête bien à ce roman.
Merci à NetGalley et à l’éditeur de m’avoir permis de lire ce livre en échange d’une critique honnête.
Merci à Netgalley et Groupe Delcourt Bande dessinée pour l'ARC.
Je ne connaissais pas le roman Flatland avant de tomber sur son adaptation en roman graphique, j'avoue donc que ce sont les illustrations et le concept qui m'ont attirés. C'est le genre de bande-dessinée qui accroche votre regard et qui se démarque des autres très facilement en rayon, et forcément, j'ai été intriguée ! Et wow, quelle claque graphique !
J'étais bluffée à chaque page. Je ne peux qu'imaginer la difficulté de concilier rigueur et créativité ; la rigueur pour faire honneur aux concepts géométriques et mathématiques du livre, écrit avant la découverte de la théorie de la relativité et de la mécanique quantique, et la créativité pour imager tout cela de manière simplifiée. Non, en fait, je dis que je peux imaginer, mais j'en suis incapable. Le travail réalisé pour dessiner un tel roman est titanesque, et j'ai apprécié chaque page. Je me suis arrêtée sur chaque détail, j'ai apprécié chaque trait, chaque choix créatif, des fois jusqu'à en oublier un peu le texte. Sur ce plan, la réalisation technique est parfaite, et sublime incroyablement bien le roman.
Le texte en lui-même mêle plusieurs concepts mathématiques, réflexions sur la condition humaine (ou, disons, condition des êtres conscients... ?) et critiques de la société. Il est très intéressant mais compliqué par moment dans son abstrait. Malgré tout, il reste facile de comparer notre société en 2025 à celle de 1880, et cela propose une autre contemplation au lecteur suite à la lecture du livre : qu'est-ce qui a vraiment changé depuis ?
De manière générale, Flatland nécessite un esprit ouvert pour en voir le bout, mais c'est une très belle lecture et le roman graphique est un réel bijou à avoir chez soi.
J’avais lu il y a quelques années Flatland d’Edwin Abbott, qui m’avait beaucoup plu. J’étais donc curieux de découvrir son adaptation en bd. On retrouve ici les mêmes concepts: sur la base d’un monde en 2 dimensions, l’auteur réalise une critique sociale, initialement portant sur la société victorienne, cela reste malheureusement d’actualité (place de la femme, pouvoir des classes sociales dominantes, difficulté de s’extraire de sa condition…). Puis le livre prend une tournure plus ésotérique menant le lecteur à imaginer le concept de dimensions au-delà de notre approche en 3d du monde. La BD enrichit le livre initiale de notre connaissance actuelle de l’espace-temps. Il en ressort une bd bavarde qui pourra rebuter certains, mais ce serait dommage car le jeu de l’esprit est amusant et la critique sociale réussie. Ceux qui ne connaissent pas le livre d’origine trouveront ici une façon de l’aborder avec une aide visuelle. Ceux qui le connaissent trouveront comme moi une bonne façon de faire un retour à Flatland
Cette version en bande dessinée de Flatland est une réussite même si le média dessiné a quelques failles dans le rythme lent de la découverte du monde et dans la nécessaire abstraction que l’histoire nous impose en final. Il n’empêche que cette BD permet de découvrir cette œuvre majeure qui explore les possibilités des autres dimensions par une formidable allégorie mathématique. Le tout avec la satire qui critique la société de l’époque en toile de fond et qui n’a, malheureusement, pas trop vieilli sur certains aspects…
Une BD très dense au concept assez innovant ! Cette adaptation du livre d'Edwin Abbott Abbott de 1884 se prête très bien, je pense, au support graphique. Ce n'est pas un coup de cœur, j'ai même eu parfois du mal à avancer, mais j'ai bien aimé l'échange entre Mr. Square et le narrateur, toute la politique et la conception d'univers à partir de forme géométrique (en miroir avec nos sociétés) ainsi que les différentes strates sociales et conséquences que ça peut avoir (qui m'ont fait penser d'une certaine façon à l'habitus en sociologie).