Le chagrin conduit le cœur vers la littérature et la philosophie dans l’espoir d’y trouver une consolation, comme un enfant se réfugie dans les bras de sa mère. Mais les mots des autres ne consolent pas. Regarder la mort en face, n’est-ce pas constater notre condition d’êtres résolument inconsolables ?
Qu’est-ce que ça change, vraiment, de perdre son père ? Sans croyance en un au-delà, que signifie l’ultime disparition de ce qui est ? Rien ne change, et pourtant le monde n’est plus le même. Il faut s’habituer à vivre dans un monde sans lui. La vie continue, les matins se succèdent, les enfants grandissent, un nouveau chat rejoint la maison, et après la grande tristesse c’est la peur de l’oubli qui survient.
Et si tout redevenait comme avant ? La vie, même dans l’impossible face-à-face avec la mort, se trouve dans cette alternative : quand le temps s’étire, on s’ennuie ; quand le temps s’arrête, on gémit. Le drame n’est-il qu’une suspension provisoire de nos soucis ? Mais alors, nous autres, êtres inconsolables, avons-nous la possibilité de jouir de l’existence en connaissance de cause ?
Adèle Van Reeth lit son propre texte pour mieux nous faire ressentir les multiples émotions qui l’ont traversées lorsqu’elle a été confrontée à la mort de son père.
Sectionné par les saisons, de l'hiver jusqu'à l'hiver suivant, la narratrice rend hommage à son père malade et hospitalisé. Tandis qu'il agonise jusqu'au printemps, celle-ci tombe enceinte. La fin se mêle intimement à la naissance et au renouveau. Si la tristesse et le sentiment d'injustice envahissent la première partie de l'œuvre, il n'en reste pas moins qu'Adèle Van Reeth transcende la mort d'un être aimé pour proposer une exhortation à la vie.
J'ai adoré ce roman. Le genre de livre qu'on lit au bon moment de sa vie. Le passage sur la cigarette, que l'auteure décrit comme un bras d'honneur à l'existence est caustique. La littérature est omniprésente dans ses pages, au sein desquelles elle offre une réflexion sur la lecture et sur l'écriture. Est-ce une trahison d'écrire nos émotions ? Faut-il concrétiser nos idées et nos ressentis ? Faut-il se réfugier dans la littérature et la philosophie pour affronter les épreuves de la vie ?
L'écriture est fluide, les phrases -sans être proustiennes-, ne s'arrêtent pas : les virgules sont nombreuses. Comme si la fin d'une phrase marquait l'achèvement d'un "je ne sais quoi" (la mort de son père, la fin d'une idée, etc.) que l'auteure elle-même ne veut pas terminer.
Enfin, elle invite à goûter à l'existence, à goûter sincèrement à l'existence. Il faut d'abord goûter à la vie, avant de la théoriser. "L'expérience d'abord, la théorie ensuite, jamais l'inverse."
L’autrice nous partage son ressenti suite à la perte de son père. Problématique me touchant particulièrement, j’ai adoré ce livre. Le texte poignant est poignant mais parfois trop réfléchi et long à mon goût…
Un récit tellement personnel, tellement universel qui m’a bouleversée, touchée en plein cœur. Brut, poétique, philosophique et athée, écrit au rythme des saisons, ce livre thérapeutique m’a happée en 48h.
Une très belle lecture, qui panse l’âme des endeuillés. De ceux qui ont connu la mort d’un être aimé et pour qui tout a depuis changé… Paradoxalement, ce livre s’apprécie comme une forme de consolation, de ne pas se trouver seul face à notre douleur. De nombreuses pages ont été écornées. J’y ai retrouvé beaucoup de mes émotions les plus déroutantes : la sensation de vortex dans le cœur suite à la mort d’un parent, le sentiment de solitude immense face à une épreuve de vie tellement personnelle, la peur de l’oubli ou le devoir de mémoire qui fait la tristesse infinie… Et le manège de la vie qui continue malgré tout.
Avant même d’ouvrir Inconsolable, je savais que je ne cherchais pas des réponses. J’avais seulement besoin d’un livre capable d’apaiser un peu cette douleur muette, de panser l’âme des endeuillés, de mettre des mots là où je n’en trouvais plus. Je me suis retrouvée dans tant de passages, dans ces instants où l’on croit être seul à ressentir si fort. Je l’ai lu en 48 heures, les yeux souvent brouillés de larmes. C’est exactement le livre dont j’avais besoin en ce moment, après la perte de mon papa. Inconsolable m’a profondément touchée.
Une ode à la mort. Un récit que chacun de nous aurait pu écrire. Un récit qui nous réconcilie avec la mort, qui nous aide à comprendre ce qu’un proche en deuil est en train de vivre si nous l’avons pas vécu nous même. Un récit poétique, poignant, j’ai adoré !
"Il ne me consolera plus. Et certainement pas de sa propre mort. Je crois que j'ai commencé à comprendre ce que signifiait la mort de mon père à ce moment-là."
Un livre inégal, dont certains chapitres parleront davantage que d'autres à ceux qui traversent ou ont traversé ce genre d'épreuve.
Un livre que j’ai eu du mal à finir parce que je relate un peu trop là-dessus. Mais très touchant et poignant quand on se reconnais à travers ces pensées.
Parce que la mort et le deuil nous touchent tous, poser des mots sur ça semble facile mais est finalement complexe. Très bonne lecture avec beaucoup de réflexions. La douleur de la perte d’un être cher est très bien décrite et complètement réaliste