Le chômage, la précarité, les dettes à rembourser, les retraites à payer, les soins à assurer, c'est l'héritage que les baby-boomers transmettent à leurs enfants. Après avoir reçu en partage une France prospère et championne de la croissance, notre génération laisse une France défaite. Comment en est-on arrivé là ? Vingt-cinq ans après l'extraordinaire succès de Toujours plus !, l'enquête qui avait révélé à une France stupéfaite l'ampleur des inégalités générées par notre modèle social, François de Closets a refait l'enquête. En explorant les privilégiatures de la France protégée, et la misère de la France exposée. L'écart est devenu effarant entre les gagnants et les perdants. Les premiers ont prospéré à l'abri de la crise, les seconds sont pris dans la tourmente de l'insécurité mondiale. Plus grave : les privilèges des uns ne sont maintenus qu'au détriment de la sécurité des autres. Et d'abord celle de la jeunesse, ce nouveau prolétariat.
Cette analyse implacable, nourrie d'informations foisonnantes, fera grincer bien des dents, et notamment du côté des grands patrons salariés, premiers bénéficiaires des nouvelles privilégiatures. Mais elle apportera aussi un souffle d'espoir à tous ceux qui, au-delà des guerres idéologiques, veulent se mettre au travail pour rendre à nos enfants l'avenir qu'on leur a volé.
Je ne connais pas très bien la France et pas du tout François de Closets. Plus encore n'était sans doute pas un bon choix de lecture pour moi.
Vingt ans après sa parution, plusieurs constats de l’auteur restent pertinents. Certains problèmes se sont même aggravés depuis. Mais le texte est difficile à digérer. L'auteur est contre tout et son contraire. Il faut lui reconnaître une certaine cohérence dans la critique à tout-va. Par contre, il n'a pas toujours réussi à me convaincre qu'il avait une connaissance fine des situations qu'il dénonce.
L'opus n'a pas non plus particulièrement bien vieilli. Voici l’un des rares passages qui évoque, en repoussoir, la crise environnementale : « L'avenir de nos enfants n'est (…) pas moins inscrit dans l'état de nos finances publiques que dans celui de l'environnement et le devoir de préservation-transmission n'est pas moins impératif dans un cas que dans l'autre. » Sans vouloir minimiser l'importance des finances publiques, j'aurais tendance à penser que « nos enfants », à choisir, préfèreraient une planète vivable.