En 1945, à la libération du camp de Buchenwald, plus d’un millier de jeunes Juifs âgés de 4 à 18 ans attendent que l’on statue sur leur sort. S’ils sont vivants, c’est par miracle. Les enfants sont gazés dès leur arrivée. Tous sont démunis : ils sont épuisés, désorientés. Certains tentent de retrouver leur famille avec l’espoir qu’ils soient vivants, d’autres essaient de se rappeler les noms de leurs oncles, cousins, qui sont partis aux États-Unis, en France ou en Palestine. La plupart ont tout perdu et sont seuls. Alors que l’OSE, « L’oeuvre de secours aux enfants » organise leur accueil et tente de les aider, la ville d’Ecouis (Eure) accueillera une partie des orphelins le temps d’un été, de juin à septembre 1945. Un été qui sera une rencontre entre ces enfants et les moniteurs de l’OSE. Un été où chacun se battra furieusement pour avoir le droit de vivre dignement.
Quel plaisir de lire une bande dessinée aussi bien construite ! Trop peu d'ouvrages traitent des dégâts que les camps ont pu avoir sur les enfants, comme si ils n'avaient pas existé. Il était très pertinent de montrer les conséquences psychologiques que cela a pu avoir sur ces jeunes, comment ils sont parvenus à se reconstruire ensemble. Au-delà de l'aspect éducatif (d'ailleurs j'adore le fait qu'il y ait à la fin un carnet documentaire), cette bande dessinée nous fait ressentir de nombreuses émotions. On passe aussi bien de la colère à la tristesse ou même parfois à la joie. Je pense que le sentiment qui m'a le plus gagné durant cette lecture fut la douleur. On se demande comment des personnes ont pu être aussi monstrueuse pour infliger de tels sévices aux enfants... Un récit qu'il serait intéressant de mettre entre les mains des jeunes dans les établissements scolaires !
Buchenwald.Un nom qui fait encore frissonner de peur et monter la colère chez certains d'entre-nous. Une des vitrines atroces de l'empire Nazi, un camp de concentration des plus terrifiants de la WWII.Ce roman graphique, très beau et très délicat, nous relate l'histoire de personnages rarement cités dans les documentaires sur la Seconde Guerre: les enfants rescapés des camps.L'auteure met en récit les débuts d'une nouvelle vie après une telle incarcération pour des jeunes garçons juifs. On suivra, entre juin et août 1945, le parcours de résilience et de retour vers l'humanité de Chaïm, Lev, Aron et Zeev. Réapprendre à vivre "normalement" après de telles horreurs vécues ou aperçues, retrouver des proches encore vivants, regoûter les choses simples de la vie comme manger, rire ou jouer...Telles sont les étapes que Dominique Missika a voulu nous faire comprendre par le biais de cette histoire dans l'Histoire. Et aussi mettre en lumière le travail colossal qu'ont eu les services sociaux de l'époque.Tout ceci mis en valeur par les très beaux et tendres dessins et les couleurs apposées par Anaïs Depommier et Alessandra Alexakis. Ce rendu graphique donne énormément d'humanité et de douceur à cet épisode si terrible du siècle dernier. LES ENFANTS DE BUCHENWALD se clôture avec un supplément - documentaire décrivant l'exactitude des faits transposés en dessins par les auteurs. Un roman graphique donc à la fois humain, pédagogique, beau de par ses illustrations, mais aussi par la qualité du travail des auteurs qui ont fait de ce récit une propagande pour un monde meilleur sans tomber dans le pathos ou dans le larmoyant excessif.J'avoue avoir eu des difficultés à m'y plonger mais je pense que cela est dû aux trop grands nombres de livres ou BD que je viens de lire sur la WWII. Et j'aurais été stupide de ne pas lire celle-ci finalement !
🗞️ Lecture terminée : Les enfants de Buchenwald de D. Missika, A. Depommier et A. Alexakis (@steinkiseditions, SP via @netgalleyfrance)
🗞️ Comment reconstruire une vie quand on a connu l’enfer si jeune ? Avril 1945 : la guerre touche à sa fin, mais que faire de ces centaines d’enfants rescapés du camp de Buchenwald ?
🗞️ "Au premier regard, on croirait se trouver dans une colonie de vacances comme les autres." Et pourtant...
🗞️ J’ai trouvé cette BD passionnante, car elle s’intéresse à un aspect rarement abordé : l’après. Soigner, retrouver les familles, gérer les traumatismes, affronter l’incompréhension des adultes… Rien n’était simple.
Le choix de suivre cinq enfants permet d’explorer différents vécus. On s’attache à eux, à leurs espoirs, à leurs silences, à leur résilience. Mais la BD montre aussi à quel point les adultes chargés de les accompagner ont été confrontés à d’immenses défis : encadrer, soigner, retrouver les familles, tout en gérant l’administration, les tensions politiques, et leurs propres limites émotionnelles.
Le dessin, quant à lui, m’a beaucoup plu. Il mêle une certaine douceur à la gravité du propos, ce qui rend la lecture accessible sans édulcorer la réalité. Les visages sont expressifs, les émotions bien rendues, et les décors, bien que simples, suffisent à poser le contexte historique. Certaines planches, comme celle du "procès" ou celle de la photo de groupe, sont particulièrement fortes en symboles et en humanité.
Le dossier final est un vrai plus : il éclaire le contexte historique et met en perspective les choix narratifs de l’album, ce qui permet de mieux faire le lien entre réalité et fiction.
🗞️ Un récit fort, que je partagerai avec mes troisièmes pour nourrir leur réflexion sur l’Histoire, l’humanité… et la résilience.
Il y a des lectures qui bouleversent en silence, sans besoin d’éclat. Les Enfants de Buchenwald est de celles-là. Ce roman graphique retrace, à partir de faits réels et de témoignages, le parcours d’enfants libérés des camps de concentration en 1945. Pas seulement la libération, mais l’après. Le vide, la faim, l’attente, le corps à reconstruire, et l’âme, surtout. Ces enfants ne sont pas présentés comme des héros. Ils sont en colère, violents parfois, parce que la brutalité a été leur seule école. L’ouvrage évite toute idéalisation : il montre la dureté du retour à la vie, les gestes maladroits des adultes pour les accueillir, les lenteurs bureaucratiques, les tensions. On y parle de vengeance, de soif de justice, de fraternité aussi. Le style graphique d’Anaïs Depommier, presque anguleux, heurte parfois, mais épouse à mon sens la maturité forcée de ces visages d’enfants déjà trop vieux. Chaque planche semble porter le poids d’un silence que les mots ne peuvent combler. Ce récit est un travail de mémoire, mais aussi un acte de transmission. Il faut le lire, pas pour être édifié, mais pour comprendre. Et le faire lire, dans les écoles notamment. Parce que ces enfants existent encore, dans d'autres guerres, d'autres camps. Le cahier final, sobre et poignant, prolonge la lecture avec les véritables visages et destins de ces rescapés. L’émotion reste longtemps après la dernière page.
C'est l'histoire d 'un groupe d'amis qui ne veut pas se séparer à la libération de leur camp. C'est l'histoire de tous ces enfants qui se sont retrouvés bien seuls, sans faire confiance.
C'est un roman graphique très beau, qui touche, qui nous rappelle qu'il y avait aussi des enfants dans cette humanité perdue des camps de concentration. Des enfants qui ont tout perdu, qui en sont conscients, qui ont du grandir très vite et qui doivent de nouveau faire confiance aux adultes pour les aider. 🗓 On évolue ici à travers la libération du camp, la vie au camp en attendant leur départ, les différents transports jusqu'à un lieu de vie temporaire. On vit avec eux leurs peurs, leurs désillusions en cherchant leurs familles restantes. Ce long travail de recherche aboutit peu et des solutions doivent être trouvées. Ils se soutiennent entre eux afin que le temps leur paraisse moins long.
On ressent beaucoup de peur, d'angoisse, d'incertitudes. On ressent aussi le désarroi des adultes, l'incertitude mais l'envie de faire au mieux pour ces enfants et adolescents. 💦 En bref, c'était une belle découverte que je vais mettre dans ma bibliothèque de classe. C'est un très beau récit de vie, de force et d'espoir.