Terre, année 2354. Deux cents ans après la guerre des Ires, un conflit qui a lui-même couru sur près d’un siècle, le monde a changé de visage. Ayant brisé le cycle infernal des luttes armées et des catastrophes écologiques par la grâce de la nanotechnologie, l’humanité se protège d’une nature résolument hostile au cœur de cités-États. Les plus avancées ont connu l’Élévation, un procédé nanotech qui leur a permis de gagner les nuages, loin du Sol et de ses pollutions délétères. Dont la puissante Venise, pionnière des villes-tiges, qui étend son emprise par l’entremise de ses guildes ancestrales riches d’une maîtrise technologique bien gardée. Mais dans la Sérénissime, les haines sont tenaces et les jeux de pouvoir incessants. La séculaire, lignée de redoutables femmes assassins usant du Diapason, un contrôle mental issu d’une nantie dont elles seules détiennent l’apanage, s’apprête à en faire les frais — jusqu’aux dernières de ses membres. À moins que… Dans ses sombres ruelles chargées d’histoire, au cœur de ses palais vertigineux, par-delà ses ponts suspendus et ses gondoles volantes, la Cité des Doges protège ses secrets derrière de nombreux masques…
Audrey Pleynet a suivi des études de commerce à Lyon et travaillé ensuite dans différentes ONG et associations à l'international.
En 2017, à l'âge de 33 ans, elle publie, en auto-édition, son premier roman, Noosphère. Puis elle se lance dans une carrière de novelliste. Elle pratique l'auto-édition mais publie également des nouvelles dans des anthologies (Écologie et folie technologique, Les Migrations du futur, Revenir de l'avenir, Naufragés de l'espace, Orient-Extrême, Nos futurs solidaires, Par delà l'horizon) et des revues de science-fiction (Bifrost). En 2018, elle termine troisième du concours d'écriture du festival des Imaginales. Depuis, elle enchaîne les distinctions : prix Rosny aîné en 2020, prix des lecteurs de Bifrost en 2022, prix des Utopiales et à nouveau prix Rosny aîné en 2023.
Venise, 2354. Suite à une attaque, l’ensemble des Sintonia, une guilde de femmes assassins, a été décimé. Seules quatre sœurs parviennent à s’en sortir, chacune persuadée d’être la seule survivante. Chaque sœur va alors devoir trouver la force de continuer, chercher à comprendre pourquoi elles ont subi cette attaque, et pourquoi pas venger leur famille ? ⠀ Ce roman aura plutôt été une bonne lecture dans l’ensemble, même s’il est vrai que j’avais tellement d’attentes que je ne peux pas m’empêcher d’être assez déçu. Et j’en suis le premier désolé. ⠀ Je commencerai par dire que j’ai beaucoup aimé le monde que l’autrice nous dépeint : dense, complexe et intéressant, rempli de technologie et de jeux de pouvoirs. Pourtant, j’ai parfois senti un déséquilibre dans tout ça, sans savoir dire d’où ça venait précisément. Est-ce que le roman aurait été plus facile à digérer s’il avait été un peu plus long (et donc les informations un peu plus diluées) ? Est-ce que c’était juste trop ambitieux pour un tome unique ? Je ne sais pas exactement, mais j’ai en tout cas été un peu gêné par ça. ⠀ Un de mes gros problème aura été l’attachement aux personnages, et même, plus largement, mon intérêt pour eux. On suit quatre points de vue différents dans le roman, et sur les 200 premières pages, un seul de ces points de vue m’a vraiment intéressé (mais pour le coup j’étais vraiment à fond sur ce point de vue). Les autres ne me parlaient pas, voire même m’ennuyaient dans le cas d’un des personnages. Passée la moitié du roman, la tendance s’est pas mal inversée et j’ai fini par réussir à rentrer dans tous les points de vue et à être vraiment intéressé par ce que l’autrice nous racontait, mais ça m’a quand même embêté de devoir attendre aussi longtemps pour ça. ⠀ Pour en finir avec les aspects négatifs, j’ai un dernier point à aborder (qui est en fait la première chose à m’avoir gêné dans le roman). Ça semblera être un détail pour beaucoup de gens mais je sais aussi que d’autres personnes comprendront. L’histoire se passe à Venise et on retrouve pas mal de mots italiens dans le texte, jusqu’ici c’est plutôt logique. Ce qui m’a gêné en revanche, c’est le choix qui a été fait de mettre un « s » à la fin des mots en italien pour marquer le pluriel. Ça me gêne d’une part parce que ça sort complètement de l’immersion (en plus ça donne envie de prononcer les mots à l’espagnole donc ça ne fonctionne vraiment pas), mais, quelque part, je trouve surtout que ça ne fait pas très sérieux. ⠀ Peut-être que c’était un choix volontaire pour que ce soit « plus simple » pour les lecteurs mais ce serait un peu nous prendre pour des idiots d’après moi. En plus ça n’a même pas été fait de manière logique ou systématique. La plupart du temps, on a le mot singulier italien avec un « s » à la fin (« figlias », « palazzos », etc.), mais dans le cas du mot « carabinieris », on a à la fois la marque du pluriel italien et celle du pluriel français. C’est juste pas possible. Alors oui, ça fait beaucoup de blabla pour quelque chose qui semblera anodin à beaucoup de personnes, mais ça m’a souvent sorti de ma lecture et je trouve personnellement ce point vraiment très gênant. ⠀ Bref, pour parler quand même un peu plus du positif, parce qu’il y en a, j’ai par contre vraiment aimé l’univers comme je le disais un peu plus haut. Les différentes technologie abordées sont super intéressantes, parfois même assez créatives, et j’ai trouvé que ce que l’autrice avait imaginé par rapport à l’organisation des différentes villes était vraiment bien trouvé. ⠀ Les thématiques traitées dans le roman m’ont aussi beaucoup plu, ne serait-ce que parce qu’on parle régulièrement d’éthique, un des sujets que je trouve les plus intéressants en SF. On parle aussi de pouvoir, de tradition, du sens du devoir, ou encore de se construire individuellement quand on fait partie d’un groupe. Et puis l’autrice nous parle également de matriarchie, de consentement, de charge mentale, plein de sujets passionnants qui sont vraiment bien traités à mon sens. ⠀ Au final, il y a donc beaucoup de choses vraiment cool dans ce roman, et la réalité c’est que si on ne m’avait pas aussi bien vendu cette histoire, si je n’en avais pas autant attendu, la plupart des choses qui m’ont gêné seraient sûrement bien mieux passées (sauf l’italien). Un jour, j’apprendrai et j’arrêterai d’avoir des attentes trop hautes avant de démarrer un livre… ⠀ En attendant, je vous conseille quand même la lecture de ce roman qui vaut le détour sur bien des aspects.
c'est marrant car c'est un livre de SF mais je trouve que le livre tire beaucouuuup sur la fantasy finalement. dans cet univers il y a le Diapason, une technologie qui permet aux mères de communiquer intrinsèquement avec leur descendance. mais si ça se base sur une technologie et le contrôle de cette technologie, ça fait très magie car on se concentre plus sur le sort des personnages que sur les technologies en elles-mêmes et leur fonctionnement reste assez vague, assez nébuleux. de plus on voit finalement assez peu cette technologie du Diapason car il n’est pas vraiment utilisé par les persos qu’on suit.
le contexte de Venise figée dans cette époque un peu médiévale participe aussi à l’ambiance fantasy. l’univers est très peu développé (j’aurais trop aimé découvrir plus de la géopolitique de ce nouveau monde, des conditions écologiques qui y ont mené, de la communication à grande échelle, y a-t-il encore des continents?? c’est quand même répondu mais c’est pas non plus méga creusé — j'ai conscience que c'est pas non plus forcément la volonté du récit).
le texte prend une tournure SF vraiment vers la fin et je l’ai pas mal aimée! c’était très cohérent, le dernier dialogue complète bien tout ça. de voir enfin les sœurs se retrouver ça fait plaisir (et qu’elles se tombent pas forcément dans les bras l’une de l’autre mais qu’elles ont chacune leurs regrets, leurs projets, leur passé, etc.).
c’était une lecture très entraînante en ce qui me concerne bien qu’un peu nébuleuse (l’univers que j’ai eu du mal à conceptualiser parfois et le perso d’Agnese qui est dans un autre monde au début mdrrr).
pas un coup de cœur mais un univers riche que j’ai bien aimé arpenter ainsi que suivre le destin de ces sœurs qui se sont chacune reconstruites (ou ont survécu) de leur côté.
je trouve la fin peut-être un poil rapide? mais à la fois le livre est court, la conclusion me satisfait donc je sais pas si c’est un reproche narratif ou juste que j’ai bien aimé donc j’aurais pu en avoir plus
Le Bélial fait partie de ces éditeurs en qui j’ai une confiance aveugle pour m’offrir des textes de SF matures aux concepts qui viennent toujours me bousculer un peu. C’est quand même eux qui éditent Greg Egan ou encore Ada Palmer et sa saga Terra Ignota. Alors je ne pouvais que céder aux sirènes de cette nouvelle couverture signée Aurélien Police avec ces cités-tiges *0*
Derrière cet imaginaire très marqué d’entrée de jeu se cache une jeune autrice française à qui l’on doit juste la novella Rossignol parue dans la collection »Une Heure Lumière » de l’éditeur et qu’il va falloir que je m’empresse de découvrir tant l’ambiance poétique de son titre et ses idées m’ont séduite ici.
Un peu comme Claire North dans sa trilogie de nouvelles vénitiennes, nous nous retrouvons dans un futur où une famille d’assassins femmes est victime d’une puissante attaque qui les laisse décimées. Mais elles ne veulent pas rester là et comptent se relever malgré les turpitudes de la vie. Et dans ce monde rempli de nanites, de super technologies et de cités-tiges pour contrebalancer la vie pourrie sur Terre, il va y avoir de quoi faire.
L’autrice n’a aucune pitié pour nous, elle nous plonge directement dans le drame, l’action et l’après. Sans l’aide du résumé, je dois dire que j’aurais eu quelques difficultés au début. Pour autant qu’est-ce que j’ai aimé cet univers. L’autrice a énormément d’idées pour nous raconter ce futur qui repose avant tout sur l’utilisation de ces nanites pour améliorer la vie, le quotidien et le corps de humains de 2354. Elle en a tout autant pour mettre en scène les luttes de pouvoirs entre les puissants de ce monde et notamment ceux qui dirigent les cités que nous allons visiter, de Venise en passant par Londres ou Paris. Ce n’est pas pour rien qu’on a besoin d’une famille d’assassins 2.0.
Le récit est réellement très immersif et prenant. Pourtant, son intrigue est filiforme, pour ne pas dire évanescente et peu présente pendant longtemps, se contentant, à travers les voix des 4 soeurs survivantes, de nous raconter les chemins qu’elles prennent, sans qu’on voit l’ombre d’une intrigue. Mais l’utilisation à la fois poétique et philosophique de ce décor futuriste fait tout, de même que les caractères marquants de ces soeurs et les destinées qu’elles ont. L’une est en quête de liberté pour ses filles, cherchant à les défaire du contrôle des nanites qu’elle même a tellement subi ; une autre va monter une entreprise ; une autre est une sorte d’esprit évolué qui va entrer au contact d’une mystérieuse famille et la dernière devient malgré elle une sorte d’oracle. Elles sont surprenantes !
J’ai fini par adorer le ton de l’autrice pour nous conter ces destinées. Elle flirte avec une poésie émouvante sur cette Terre qui a évolué depuis le choix de faire pousser les villes en hauteur, loin de la pollution, mais qui ne parvient pas à se détacher de son passé et de ses mythes, ce qui est représenté par ces femmes à la fois emplies de modernité par la technologie qui les habitent mais qui ont encore de vieilles croyances sur la sororité, les relations mères-filles, etc. C’est ainsi à la fois doux et âpre, souvent sombre, avec des réflexions prenantes en arrière-plan sur notre relation aux technologies ou au concept même d’évolution, le tout dans un contexte de complot où l’on cherche qui est à l’origine du drame initial et pourquoi, ce qui rend la lecture des plus prenantes.
Ce fut donc une totale réussite pour moi avec un effet des plus réussis pour me dépeindre ce monde où la technologie est devenue la nouvelle magie réinventant leur vie avec les pièges que cela procure également. Malgré une intrigue évanescente qui ne se montre que dans l’ultime partie du tome, la lecture reste prenante grâce à ce décor et aux portraits de ces soeurs assassins 2.0 fascinantes de par leurs origines et destinées après l’éclatement de leur famille. C’est un très bel et riche univers inspiré des cités italiennes et de leurs tensions que l’autrice a imaginé jusqu’à ce final…!!! Je compte bien aller lire sa nouvelle désormais et je pisterai ses prochains écrits !
Nouveau livre de notre Audrey Pleynet nationale, je m'attendais à retrouver le niveau de Rossignol qui m'avait beaucoup plu. J'ai été assez déçue, même si Sintonia demeure un bon livre de sf.
Sintonia est un roman à quatre voix, dans lequel on suit quatre sœurs d'une famille d'assassines exterminée en une nuit. Dans un monde futuriste mais proche de nous (crise écologique, nanorobots etc.) on suivra ces quatre femmes dans leur lutte pour guérir, trouver du sens, se reste venger.
Le positif : un univers assez original, de la sf proche de nous et donc qui nous parle, avec des thèmes très actuels. Un casting très feminin.
Le moins positif :
1) Sur les quatre personnages : je trouve que deux sœurs ont un parcours relativement intéressant, Agnese et Azzura. Le parcours de Talia a malheureusement beaucoup de redondances et elle reste assez effacée. Le parcours de Reyna n'avance pas beaucoup et est résolu de manière assez hasardeuse. Les arc narratifs sont donc assez inégaux, et je pense que l'autrice a eu un peu trop d'ambition, visé un peu large et aurait mieux fait de se limiter à deux points de vue. Au final les personnages se rencontrent tard, très tard dans le livre, et l'autrice doit mener quatre histoires différentes de front en très peu de temps, ce qui nuit à l'histoire, aux personnages principaux, qui évoluent peu, aux personnages secondaires, qui restent très en retrait. 2) Il y a très peu de temps pour respirer dans l'histoire. Tout doit aller vite, mais en même temps, tout est traité de manière assez superficielle et manque d'impact. Ça manque d'énergie. 3) L'histoire est plutôt intéressante mais ce n'est pas percutant. L'intrigue met du temps à se mobiliser. 4) Je trouve qu'il y a des légèretés dans le traitement de sujets de nano et autres. Pourquoi l'impression que rien ne change à la fin chez les Sintonia malgr�� les progrès obtenus par les héroïnes ? 5) C'est chouette d'avoir un livre avec quasiment que des perso féminins, mais ceux-ci sont assez désincarné. Pas ou peu de sexe, des amitiés en surface car tout va trop vite, des retrouvailles trop tardives, peu de scènes pour se lier, des pensées, idées et sentiments, mais peu de vie ou d'unité d'action avec les personnages. Je comprends par exemple le choix du personnage de l'épilogue, mais celui ci est finalement sans importance car on a très rarement suivi ce personnage dans le livre. Pour un livre sur la filiation, les filles sont finalement très absentes.
En sommes, un livre de science fiction de bonne facture mais un peu frustrant. Je suis sûre qu'Audrey Pleynet a le talent pour aller plus loin, lorsqu'elle prend le temps de creuser et d'aller au fond des personnages et des problématiques de l'univers, ce qu'elle avait fait avec plus de brio dans Rossignol. A suivre pour ses futurs romans, pour l'instant je continuerai surtout à recommander Rossignol.
Quatre filles, quatre sœurs, quatre destins et quatre narratrices, voici le programme de ce roman.
L'intrigue se situe principalement à Venise, dans un futur lointain (on est en 2354), après un effondrement écologique qui a profondément bouleversé la Terre, et la cité des doges (entre autres villes).
Venise est devenue une cité ce qu'on appelle une "ville-tige", perchée au sommet d'immenses pylônes, loin au-dessus de la surface polluée devenue quasiment inhabitable. Les déplacements se font en vaporetto volants et en dirigeables entre les différentes plates-formes qui la constitue (Venise reste en quelque sorte lacustre donc).
Le récit débute sur un massacre, celui de la guilde Sintonia, une famille de femmes assassines qui voit ses membres toutes tuées en une nuit, au cours d'une mission qui se révèle être un traquenard.
Ce qui faisait la spécificité de la famille Sintonia, c'était la technologie qu'elle utilisait (et qu'elle était la seule à avoir le droit d'utiliser) : une nanotechnologie permettant à l'aînée de la famille (constituée uniquement de femmes), de faire se mouvoir et de coordonner les gestes de toutes ses descendantes par le biais de nanobots présents dans le sang de leur lignée. Car oui, ce monde futuriste est ultra technologique à certains égards.
Privées de leur lien avec leurs aînées, plus ou moins grièvement blessées, les quatre héroïnes vont être séparées, et c'est donc à quatre narrations parallèles que nous allons avoir droit, jusqu'à leur (prévisible) réunion.
Le récit est très accrocheur, et la quadruple narration aussi. Audrey Pleynet réussit à donner à chacune des sœurs assez d'espace pour qu'elles développent un ton, une personnalité différente, et une saveur particulière à leurs chapitres. Leurs situations sont très différentes, leurs enjeux et objectifs aussi, et cela participe de la réussite du roman.
Le futur qui nous est donné à voir est aussi intéressant, mélange de société qui fleure bon la "Belle époque" dans ces codes (c'est en tout cas le ressenti que j'en ai eu), le tout sur fond à la fois de crise écologique toujours là (on a de nombreuses allusions aux sols pollués de la surface, aux cités-bulles encore soumises aux aléa de la vie au sol et qui rêvent "d'élévation"), mais aussi "d'optimisme technologique" (et c'est particulièrement ce point qui me fait faire le rapprochement avec la Belle Époque), avec des nanotechnologies dont les réalisations semblent n'avoir aucune limites.
On l'aura compris, ce texte m'a plus que convaincu. Je le trouve très plaisant, bien rythmé, servi par des personnalités fortes et inscrit dans un univers suffisamment crédible pour qu'on se laisse embarquer.
Audrey Pleynet fait partie de ces autrices que j'ai vue grandir au fil du temps, des nouvelles à ce roman foisonnant et dense. Pour moi qui ai appris à lire la SF à travers les auteurs américains quand j'étais jeune, déplorant alors le manque de plumes francophones, autant dire que je suis ravie d'avoir lu un roman d'une autrice française de SF qui place la barre aussi haut (voire plus) que mes souvenirs de jeunesse.
L'univers ici est riche, imaginatif, fourmillant d'éléments qui le rendent concrets et donnent envie de passer le coin de la rue pour voir ce qui s'y passe et ne fait pas partie du récit principal (ou n'en a pas l'air au tout début... mais qui sait ?). Mais ce que j'aime encore plus, ce sont les personnages. Comment ne pas admirer ces soeurs qui se pensent toutes dernière survivante de leur famille, et qui se battent pour exister avec ce poids ? Chacune utilise ses armes, ses réflexions. Chacune, libérée finalement des entraves familiales (et qu'est-ce qu'elles sont présentes dans Sintonia), imagine son propre chemin et se construit sa vie. Et c'est cela aussi qui fait la force de ce roman, ces personnages qui se construisent dans un monde qui n'a pas vraiment envie de leur laisser leur place. Et, oui, il y a des pistes technologiques évoquées dans les pages (c'est de la SF, quand même), mais pour moi c'est aussi une histoire qui raconte comment on s'élève, dans tous les sens du terme.
Quel incroyable livre ! La plume, l’univers, les personnages sont tous incroyables. Je ne lis pas beaucoup de SF mais j’ai été transportée par cette Venise futuriste et ce monde avec des nanotechnologies. Mais c’est surtout cette guilde de femmes assassines qui m’a marquée et touchée. J’ai adoré la relation au Diapason, les relations entre les sœurs Sintonia, leur évolution et cette fin ! Parfois c’est un peu chaotique surtout avec Agnese qui nous apporte une expérience d’écriture entre le Je et le Nous. Mais toutes sont attachantes : Talia, Agnese, Ranya, Azzura. C’est une magnifique découverte qui va me marquer longtemps, je pense.
Un super premier roman. Audrey Pleynet a une façon d'aborder la construction d'univers qui est très riche et rend la lecture immersive. J'aime aussi particulièrement la manière dont elle aborde ses personnages féminins. Je m'étais déjà fait la réflexion en lisant Rossignol mais c'est une autrice qui sait écrire des fins et ça c'est quelque chose d'assez rare pour le souligner
Ce livre est une pépite ! Ça fait du bien de lire de la SF française, l'univers est complexe, ça rappelle un peu Dune sur certains aspects mais avec sa propre identité, vraiment foncez