Arbres debout sur nos paupières plonge au cœur de notre relation au vivant et au monde végétal. Issu d’une collecte de témoignages et du rapport spirituel et physique que l’auteure gaspésienne entretient avec la nature, et plus particulièrement avec les arbres qui l’environnent, ce livre offre autant de petits récits au sein d’une grande trame qui n’est autre que celle, mystérieuse, qui nous unit à ces arbres qui se tenaient debout avant nous et seront encore là après nous. Dans Arbres debout sur nos paupières, les liens entre les êtres et la nature vont au-delà du dialogue. Une fusion s’opère entre la voix poétique, le paysage et les arbres. Un recueil méditatif, tout en douceur, dans lequel France Cayouette, à l’écoute du plus léger bruissement des feuilles, nous offre des pages empreintes de beauté, ancrées dans le territoire, la forêt, le silence.
4.5 ⭐️ Avec Arbres debout sur nos paupières, France Cayouette nous entraîne dans une forêt de mots où chaque poème respire comme une clairière. Lenteur et silence deviennent la matière première de sa poésie. L’arbre, ici, n’est pas qu’un motif : il est miroir de l’humain, gardien de nos mémoires, témoin de nos failles et de nos amours.
La force du recueil tient dans sa simplicité lumineuse : quelques vers suffisent à ouvrir un monde, à relier le tronc rugueux d’un peuplier à la voie lactée. On y retrouve la maîtrise du fragment, héritée du haïku, mais aussi une douceur grave qui invite à ralentir.
On pourra reprocher à l’ensemble une certaine uniformité de ton, mais c’est justement cette cohérence qui fait sa beauté : un recueil qui se lit comme une marche méditative. Pas de grands éclats, mais une profondeur tranquille, une invitation à fermer les yeux et à entendre le vent dans les branches.
Un livre qui nous rappelle que la poésie n’a pas besoin de crier pour bouleverser.