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Il était une fois dans les Amériques / La cité perdue de Z

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Né en 1967 à New York, David Grann est depuis 2003 journaliste au New Yorker. Salué par ses pairs, il fut finaliste du prestigieux National Magazine Awards en 2010. Il est l'auteur de plusieurs reportages fameux rassemblés dans le recueil Le Diable et Sherlock Holmes (Éditions du sous-sol, Points). Il est aussi l'auteur de Killers of the Flower Moon (Pocket), The White Darkness (Éditions du sous-sol, Points) et du succès Les Naufragés du Wager vendu à près de 75 000 exemplaires (Éditions du sous-sol, Points).

496 pages, Paperback

Published May 7, 2025

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About the author

David Grann

28 books7,765 followers
David Grann is the author of the #1 New York Times bestsellers Killers of the Flower Moon and The Lost City of Z. Killers of the Flower Moon was a finalist for The National Book Award and won an Edgar Allan Poe Award. Look for David Grann’s latest book, The Wager, coming soon!

He is also the author of The White Darkness and the collection The Devil and Sherlock Holmes . Grann's storytelling has garnered several honors, including a George Polk Award. He lives with his wife and children in New York.


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Profile Image for Bruno Menetrier.
341 reviews4 followers
July 19, 2025
David Grann nous emporte au Guatemala, à Cuba et en Amazonie pour trois récits un peu fous, aussi véridiques qu'étonnants.
Ces trois histoires fallait les dénicher, certes, mais encore fallait-il savoir les raconter, et c'est là tout le génie de David Grann.

On ne présente plus David Grann, cet auteur de non-fiction dont la réputation est désormais bien établie et dont on a pu lire récemment :
- La note américaine (dont est tiré le film de Scorcese) c'est lui,
- l'épopée des Naufragés du Wager encore lui (et ce sera encore un film de Scorcese)
- et d'autres encore.
Et en 2010, il y avait déjà eu La cité perdue de Z (un livre paru en 2010 chez Laffont et dont est tiré encore un film !).
Nul doute que David Grann possède un don certain pour dénicher d'incroyables histoires vraies.
Et justement, voici une réédition qui combine plusieurs récits : deux courts récits, deux novellas comme on dit désormais, parus dans des journaux, Chronique d'une mort annoncée et Yankee Commandante, assortis du roman La cité perdue de Z.
Trois histoires vraies où la réalité dépasse largement la fiction, trois fois Il était une fois dans Les Amériques, mais des Amériques qui ne sont pas celle de Trump puisque David Grann nous emmène au Guatemala, à Cuba et en Amazonie.

On dit trop souvent que la réalité dépasse parfois la fiction, voici un lieu commun usé jusqu'à la corde.
C'est un stéréotype oui d'accord ... du moins jusqu'à ce qu'on ait lu David Grann !
Un auteur qui fait dire à l'un de ses personnages « les mots étaient sa façon de mettre en ordre le tumulte du monde ».

Si ces trois récits saisissants, aussi véridiques qu'étonnants, sont réunis dans ce florilège c'est parce qu'ils racontent trois histoires de têtes brûlées, trois destinées hors du commun, chacune flirtant avec l'imposture ou la mystification, des histoires de « gens ordinaires qui sont amenés à faire des choses extraordinaires ». Trois fins tragiques également.
Ces trois histoires fallait les dénicher, certes, mais encore fallait-il savoir les raconter. C'est là où David Grann excelle à mettre en scène des faits véridiques comme s'il s'agissait de romans d'aventures, des individus authentiques comme s'il s'agissait de héros de fictions, tout cela sans jamais s'éloigner de la vérité vraie mais sans non plus tomber dans la biographie aride.
L'auteur avoue lui-même que « de temps en temps, je dois me répéter que tout, dans cette histoire, est vrai » et le lecteur doit lui-aussi se pincer - dis-moi que c'est pas vrai ! mais si ! - et reste pratiquement bouche bée en attendant le dénouement car, comme dans tout bon récit, chute il y aura !
Ce sont des « histoires qui vous mettent le “grappin” dessus », dixit David Grann en reprenant les mots de Henry Rider Haggard, l'auteur des Mines du roi Salomon.

Chronique d'une mort annoncée :
David Grann va nous faire découvrir un Guatemala effrayant. Un pays qui n'arrive pas à se remettre de trente ans de guerre civile (30 ans !), l'une des guerres les plus sales d'Amérique Latine, et c'est pas peu dire car ce fut longtemps la spécialité de ce continent.
Les anciens commandos para-militaires sont devenus des gangs mafieux et l'on assassine à tout va, et en toute impunité. Il faut même faire appel à un organisme de l'ONU pour rendre (difficilement) la justice !
« [...] En 2007, une étude menée conjointement par les Nations unies et la Banque mondiale classait le Guatemala au troisième rang des pays les plus meurtriers. Entre 2000 et 2009, le nombre des assassinats a progressé avec régularité, pour arriver au chiffre de six mille quatre cents. Le taux de meurtres était presque quatre fois supérieur à celui du Mexique. En 2009, on déclarait moins de pertes civiles dans la zone de guerre irakienne qu’on ne comptait de victimes de balles, de coups de couteau ou de tabassages à mort au Guatemala.On peut faire remonter les origines de cette violence à la guerre civile qui a opposé l’État et les rebelles de gauche, soit une lutte de trois décennies qui fut, entre 1960 et 1996, la plus sale des sales guerres de l’Amérique latine.
[...] Les cartels d’Amérique latine, qui subissent la pression des gouvernements colombien et mexicain, ont trouvé un sanctuaire idéal au Guatemala, et l’essentiel des cargaisons de cocaïne qui arrivent sur le territoire américain passe désormais par là. »
Voilà, le décor est posé !
En 2009, on assassine un homme d'affaires (la routine, jusque là tout va bien).
Son meilleur ami, Rodrigo Rosenberg, est avocat et se met en tête (en tête folle) de faire la lumière sur cet assassinat. Et il est bientôt assassiné à son tour. Ok, jusque là ...
Mais en prévision de son enterrement prochain, Rosenberg fait diffuser une vidéo, un « J’accuse posthume », où il accuse le Président Alvaro Colom, son épouse Sandra Colom - « une politicienne influente souvent comparée à Eva Perón, et qui aspire à la succession de son mari » - ainsi qu'un de leurs proches, d'avoir commandité son assassinat ! Le gouvernement est à deux doigts de sauter ! On appelle l'ONU et les US à la rescousse.
C'est Carlos Castresana, un juge mandaté par l'ONU, qui va tenter de faire la lumière sur cette incroyable mais véridique affaire qui va faire le régal des amateurs de complots, de complot dans le complot, etc ...
À tel point que « devant un reporter, Castresana a comparé l’affaire Rosenberg à “un roman de John Grisham, mais en vrai” ». Qui dit mieux ?

Yankee Commandante :
Peu de lecteurs sans doute savent « qui était William Alexander Morgan » et encore moins « pour qui il travaillait ».
Ce Morgan qui « ressemblait au personnage d’un récit d’Ernest Hemingway » et qui débarqua à Cuba en même temps que Castro et le Che « était-il un agent dormant des Soviétiques ? Un agent de la CIA sous couverture ? Ou encore un agent ayant décidé de faire cavalier seul ? [...] Il resta pour toujours secret, comme un code impossible à déchiffrer. »
Le Commandante Morgan fut soldat au Japon, déserteur, époux (3 ou 4 fois), mafieux, guérillero, cracheur de feu, éleveur de grenouilles, et j'en passe !
Et s'il nous intéresse ici c'est parce qu'il fut plus ou moins agent double ou triple entre les US et le régime castriste, d'ailleurs « le régime de Batista avait mis sa tête à prix pour vingt mille dollars – ils le voulaient “mort ou vif” ». Bientôt, les enchères vont encore monter, jusqu'à « mettre la tête de Morgan à prix pour un demi-million de dollars ».
Bon, le type était un peu flou, un véritable mystère ambulant, à tel point que même la CIA et le FBI peinaient à le cerner, et cette affaire en porte donc les stigmates, elle est un petit peu moins prenante que celle du Guatémaltèque.
Mais c'est surtout un éclairage passionnant de la révolution cubaine, un point de vue décalé, une vue de l'intérieur qui nous en apprend beaucoup. Et puis la fin, l'épilogue en quelque sorte, est aussi une belle histoire d'amour entre deux idéalistes broyés par la mécanique infernale de l'Histoire, celle avec un grand "H".

La cité perdue de Z :
Cet incroyable récit d'aventures, soigneusement documenté, va nous faire revivre « la plus mystérieuse exploration du XXe siècle » au cours de laquelle « des explorateurs ont tout sacrifié, et jusqu’à leur vie même, pour localiser la cité de Z ».
Tout commence avec « le colonel Percy Harrison Fawcet, le dernier des grands explorateurs victoriens, le “David Livingstone de l’Amazonie” ».
Percy Fawcet ira se perdre en 1925 dans la région du Haut-Xingu, un affluent de l'Amazone, à une époque où « la jungle amazonienne demeur[ait] aussi mystérieuse que la face cachée de la Lune ».
Au fil de nombreuses années et autant d'expéditions dans la forêt vierge amazonienne, Percy Fawcet attrapera, non pas des maladies tropicales (il semblait immunisé et invincible), mais une bonne part de cette « colère de dieu », tel un Aguirre non violent mais tout aussi follement obsédé par son propre El Dorado.
Ce roman est même une expédition à tiroirs, une véritable mise en abyme, puisque l'on va suivre les traces du colonel bien sûr, mais aussi les traces de quelques unes des expéditions qui s'ensuivirent pour percer et le mystère de sa disparition et le mystère de la fameuse cité, et enfin les traces de David Grann lui-même qui, tout bobo qu'il est de Brooklyn, va tout de même se rendre dans le Haut-Xingu jusqu'au village kakapalo où l'on a perdu la trace de Percy Fawcet !
Contrairement à la plupart ses autres récits, David Grann va déroger à sa règle sacrée et mettre "un peu de lui-même" dans son bouquin et même nous gratifier d'un savoureux auto-portrait. Cela nous rend le récit plus humain et plus accessible, en venant pondérer un peu la folie surhumaine d'un explorateur comme Percy Fawcet.
David Grann est un modèle de minutie et d'exhaustivité, manquant de peu de se retrouver parmi « ces biographes qui sont dévorés par leur sujet », et après ce long récit, il ne restera plus à l'auteur et à son lecteur qu'à « imagin[er] une fin là où il n’en existait aucune » comme tant d'autres avant eux : Tintin et l'oreille cassée, Bob Morane, ou même Indiana Jones, pour ne citer que ces quelques références.
Car « la forêt seule sait tout » ...
Profile Image for Isabelle  Zazaboum.
703 reviews8 followers
August 7, 2025
Un auteur que je n’avais jamais lu mais que j’ai eu grand plaisir à découvrir ! Dans ce livre sont regroupés 3 histoires vraies, assez anciennes et plutôt ou totalement méconnues. Je ne connaissais que celle de Percy Fawcett, explorateur de l’Amazonie.

Des thèmes pas toujours faciles à relater mais traités avec un tel brio qu’elles pourraient passer pour des contes à narrer au coin du feu et, comme les vrais contes, elles finissent mal !

La plus brillante et captivante est sans conteste “La Cité perdue de Z”, recherchée pendant des années par Fawcett qui, d’ailleurs, n’en reviendra pas. Sa première expédition date de 1906 et la dernière 1925.

Pendant toutes ces années il a cartographié le Brésil et la Bolivie et a tenu un journal à chaque expédition sur tout ce qu’il voyait. Ami de Doyle, celui-ci s’inspirera de ses découvertes pour le cadre de son roman “Le Monde perdu”.

Les conditions étaient dantesques, difficiles à imaginer plus d’un siècle après, sur un continent où cette région figurait comme zone inconnue. Bien que découverte par les conquistadors au milieu du 16ème siècle, elle demeurait inconnue, dangereuse et difficilement accessible ! A l’inverse de ces premiers explorateurs Fawcett avait une approche plus humaine des tribus autochtones que ses “confrères” ! Horrible et éblouissant en même temps.

“The Yankee Comandant” raconte W.A. Morgan, un américain qui participa à la révolution cubaine et qui semble avoir vécu mille vies en une seule. Entre cow-boy et espion, David Grann en brosse un portrait attachant et certainement réaliste, s’attachant plus à son héros qu’à ses motivations ce qui rend le récit captivant et rocambolesque.

“Chronique d’un meurtre annoncé” était pour moi un contexte totalement inconnu, même si plus proche de nous. La corruption au Guatemala nous était connue mais quant à citer des faits historiques ou politiques, c’était mission impossible. L’auteur déroule une enquête minutieuse sur la puissance d’un homme assassiné. Cela peut sembler antinomique mais il y a ainsi des personnages disparus qui continuent à faire évoluer les choses

Bien que moins captivée par cette histoire, la prose de David Grann ne m’a pas laissé le temps de m’ennuyer même si je n’ai pas gardé grand souvenir de cette histoire.

Un livre que je suis contente d’avoir sollicité sans rien connaître du sujet et de l’auteur et que je vous invite à lire tant la traduction est de qualité et les faits fascinants.

#IlétaitunefoisdanslesAmériques #NetGalleyFrance
Profile Image for H.L..
34 reviews
March 2, 2026
David Grann était pour moi un parfait inconnu avant d'ouvrir ce livre et quelle belle découverte ! Ce recueil réunit trois histoires vraies, anciennes et largement méconnues, que l'auteur ressuscite avec un talent de conteur rare. On les lirait presque comme des récits contés au coin du feu, à ceci près qu'elles finissent toutes mal. Les vrais contes, eux aussi, ne sont pas toujours tendres.

Un livre que l'on est heureux d'avoir ouvert sans rien connaître du sujet et que l'on referme avec l'envie d'en lire davantage.
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